‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 197 sur 271 · NEURASTHÉNIE LOCALE · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE LOCALE

depuis, a souvent des battements de cœur, cinq à six fois par jour, chaque fois pendant dix minutes. Il accuse une certaine oppression quand il fait des efforts; a craché du sang pendant quinze jours en décembre dernier. En janvier, a eu des bourdonnements d'oreilles fréquents, parfois un sentiment de défaillance avec vertige. N'a jamais eu de rhumatisme articulaire.

Etat actuel. — Constitution primitive bonne ; tempérament lymphatique, face pâle, elle l'aurait toujours été; liséré saturnin. Température normale. Pouls bondissant et dépressible de 80 à 100. Voussure précordiale. Pointe du cœur sur la ligne mamillaire au sixième espace; choc limité à la pointe. Souffle diastolique aortique au deuxième espace intercostal à gauche du sternum,. Sonorité pulmonaire et respiration normales. — Urines 600 centimètres cubes en vingt-quatre heures, densité 1,026, non albumineuses. — Souffle double carotidien et crural. Fonctions digestives normales. — Insuffisance aortique.

22 février. — Le malade accuse depuis quinze mois une sensation de feu, dit-il, allant du milieu du sternum jusqu’au larynx, sensation de feu qui revient plusieurs fois par jour, durant chaque fois une demi-heure ; elle reparait le soir et dure régulièrement au

moins trois heures, l’'empêchant de dormir. — Suggestion le 22 février : sommeil profond.

23. — La sensation de feu ne s’est pas manifestée le jour, mais vers six heures du soir ; elle a duré une partie de la nuit et l’a obligé de rester assis dans son lit. Urines 1,400. — Densité, 1018. Suggestion.

24. — La sensation n’est pas revenue : pas d’oppression. À bien reposé la nuit sans avoir cependant beaucoup dormi. — Suggestion.

25. — N'a plus la sensation de feu. À dormi quatre heures la nuit; chez lui n'avait plus dormi depuis six semaines. N’accuse de l'oppression que quand il monte un escalier. — Suggestion.

26. — Le malade, qui est resté levé hier plus longtemps que d'ordinaire, a eu la sensation de feu pendant vingt minutes. A dormi 5 heures et demie la nuit. — Suggestion.

27. — N'a pas eu la sensation de feu ; hier matin et ce matin, quelques vertiges. À dormi pendant cinq heures.

28. — À eu de nouveau la sensation de feu hier soir jusqu’à 10 heures. S’est endormi jusqu’à 1 heure : s’est rendormi à 3 heures et demie et a de nouveau dormi pendant trois heures. — Suggestion.

1 mars. La sensation de feu l’a pris dans la nuit de 4 heure à

3 heures et demie. Avait dormi de 8 heures à 4 heure, ets’est rendormi de # à 7 heures. Je prescris de plus une potion suggestive, (potion avec À gramme d’eau de laurier-cerise). Je l’endors et je lui suggère qu'au réveil, il aura la sensation de feu. Au réveil en effet, il accuse cette sensation avec de l'oppression. Je le rendors et je le lui suggère que tout se calmera par l’ingestion de deux cuillerées à café de la potion. Au réveil, il va bien.

2, — À dormi six heures sans sensation de feu. — Suggestion.

3. — À dormi de 9 heures et demie jusqu’à 5 heures du matin, sans prendre de sa potion et sans avoir aucune sensation. L’oppression diminue; l’appétit est bon. — Suggestion.

&. — À dormi de 8 heures à 2 heures et demie. La sensation de feu ne revient plus depuis le 4° mars.

5. — N'accuse plus de feu, ni d’oppression. A dormi presque toute la nuit, sans potion; cette sensation ne l’avait pas quittée depuis quinze mois; il n'avait pas fermé l'œil, dit-il, pendant six semaines avant son entrée à l'hôpital. N’accuse plus qu'un peu de faiblesse, et demande sa sortie,

Il s’agit d’un ancien saturnin, ‘atteint d’insuffisance aortique compensée, qui accuse depuis quinze mois une sensation de feu dans la région sternale et laryngée. Cette sensation qui produisait l’insomnie est rapidement réprimée par la suggestion et définitivement enlevée en six jours.

OBSERVATION LIIT. — Sensations douloureuses laryngées. Quintes de toux. — Insomnie. — Guérison en quelques jours par suggestion.

V... (Joseph), âgé de cinquante-neuf ans, journalier, entre une première fois au service le 22 décembre 1889. Il a une insuffisance aortique sans hypertrophie du cœur, avec troubles nerveux variables. Il y a une dizaine d'années, à la suite d’un effort fait en dressant une échelle à laquelle il dut se cramponner pour ne pas la laisser tomber, il ressentit une douleur dans l’hypocondre droit. Au bout de cinq à six mois, il fut pris de crampes dans les mollets, quelquefois dans la région du pectoral gauche, crampes persistant pendant dix minutes; quelquefois aussi dans les deux mains, mais jamais en même temps que celle des mollets. Pendant la nuit, la douleur le réveillait parfois et l’obligeait à se lever. Les crampes le prenaient aussi pendant son travail, elles étaient plus fortes en été. Au bout de trois ans, elles devinrent plus rares, il n'en a plus que de temps en temps aujourd'hui.

Page 1