OBSERVATIONS DE NERVO-ARTHRITISME
OBSERVATION LXIII.— Symptômes de coæalgie gauche pendant le cours d’une fièvre typhoïde. Hyperesthésie douloureuse de la cuisse pendant six mois. Impotence fonctionnelle du membre. Guérison par suggestion hypnotique en sept jours avec persistance d’un certain degré d’ankylose.
C: N..., âgée de dix-sept ans, rempailleuse de chaises, entre dans mon service le 7 mars 1890; elle m'est adressée par mon collègue Gross qui l’avait eue pendant trois mois dans son service. Elle était entrée à l'hôpital le 6 septembre au service de M. Spillmann pour une fièvre typhoïde. En même temps que sa fièvre elle ressentait des douleurs dans la cuisse gauche allant de la hanche au genou. La fièvre guérie, elle ne put marcher qu'en
s'appuyant sur une canne. On songea à une coxalgie et elle entra chez M. Gross qui lui mit un appareil à traction continue, des pointes de feu, la chloroforma.
Bien réglée d'habitude, pendant six à huit jours, elle est sujette aux maux de tête et aux crampes d’éstomac; les premiers reviennent environ trois fois par semaine, les autres une fois. — Père bien portant, mère et frère atteints de bronchite; un frère paralysé des deux jambes.
Etat actuel. — Constitution délicate; tempérament lymphaticonerveux. Accuse une douleur dans toute la cuisse jusqu’à la crète iliaque ; cette douleur vive et aiguë à la pression n’est pas spécialement localisée; partout où l’on touche on détermine un point douloureux. Couchée au lit, elle lève bien la jambe, fléchit et étend les orteils, le cou de pied, le genou; mais ces mouvements s’accompagnent d'une sensation douloureuse à la fesse et à l’aine. Elle plie la cuisse sur le bassin, mais ne peut dépasser l'angle droit; plus loin le bassin suit; la cuisse s’élend et se met facilement en adduction; mais l’abduction est très limitée et ce mouvement entraîne le bassin. La malade se tient debout, le corps fortement incliné en avant, et marche très difficilement, en inclinant fortement le corps sur le côté gauche, se tenant aux chaises et boitant considérablement de la jambe gauche.
Elle est d’ailleurs suggestible; par la pression on crée facilement une douleur très vive au-dessous de l’appendice xiphoïde et une douleur correspondante à la région rachidienne ; on crée aussi une ovarialsie. La malade dit avoir eu souvent perdant son enfance des doulcurs dans les bras et les jambes durant cinq minutes environ. Elle n’a pas de troubles de sensibilité et les fonctions organiques s’accomplissent normalement.
Je la mets facilement en sommeil profond. Pendant le sommeil, je la fais marcher, ce qu’elle fait bien mieux, et je lui suggère que les douleurs se calment. Au réveil, elle se trouve bien.
8 mars.— La malade dit avoir eu encore mal dans la journée; les douleurs étaient moins fortes et elle a pu dormir mieux que de coutume.— Continuation de la suggestion tous les jours.
9.— À eu des élancements douloureux, comme d'habitude, dans la hanche et la cuisse; et de la céphalalgie; elle attend son époque mensuelle demain.
11.— L'époque est venue hier. Elle a encore eu mal à la jambe, mais trouve qu'il y à beaucoup de mieux; elle à parfaitement dormi Ja nuit.
La douleur diminue graduellement. À partir du 13 mars, elle
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