HYPERESTHÉSIE GREFFÉE SUR COXALGIE
n’a plus eu de douleur; elle marche bien, sans incliner le corps, sans réveiller la douleur, et ne conserve qu’une légère claudication.
La malade est reste au service jusqu’à ce jour (20 mai); elle a eu une amygdalite passagère; elle n’a plus eu que quelques élancements passagers dans la cuisse et la jambe. Elle à toujours pu marcher très bien: elle va et vient, travaille à l'hôpital, sort en ville; elle n’a plus de maux de tête, ni de crampes d'estomac, ni d'ovarialgie. :
Il ne lui reste qu’une petite claudication; la cuisse ne peut être complètement pliée sur le bassin, ni mise en abduction. Ce symptôme n’a pu être dissipé par la suggestion; il est dû à un certain degré d’ankylose osseuse ou fibreuse de l'articulation coxofémorale. Le 13 mai, je l’ai chloroformée en résolution complète et j'ai constaté que, malgré la résolution musculaire, cette ankylose persistait; on n'arrive pas à produire l’abduction ni la flexion complète de la cuisse.
La suggestion a donc produit tout ce qu’elle pouvait produire. Une coxalgie s’est produite pendant une fièvre typhoïde. Sur cette coxalgie qui a guéri en laissant une certaine ankylose articulaire s’est greffée une hyperesthésie douloureuse de la cuisse rendant la marche impossible. Les maux de tête fréquents, les crampes d’estomac, la facilité avec laquelle on crée chez la malade un point douloureux épigastrique et une pseudo-ovarialgie accusent d’ailleurs l’impressionnabilité nerveuse en même temps que la suggestibilité. En quelques jours, la suggestion supprime les douleurs et restaure la fonction du membre; elle ne peut rien contre une ankylose constituée qui détermine un certain degré de claudication persistante.
OBSERVATION LXIV. — Douleurs arthritiques datant de trois jours ; scapulalgie avec impotence fonctionnelle du bras quuche. — Amélioration immédiate par suggestion. Guérison complète en sept jours.
Raymond L... âgé de trente-cinq ans, employé de commerce, entre à l'hôpital le 26 février 1890 pour des douleurs rhumatismales. Déjà il y a deux ans et demi, le malade a été au service pen-
dant trois mois pour un rhumatisme articulaire aigu; il a eu toujours depuis quelques douleurs dans les genoux qui ne l’ont pas empêché de travailler.
Il ya trois jours, étant couché, il a senti une douleur doré la nuque. Depuis cette douleur reviendrait tous les soirs à 9 heures, aussitôt qu’il se met au lit, comme une sensation de torticolis qu'il attribue à la fraîcheur du lit. Le 24 au matin, il ne put remuer le bras gauche, à cause d’une douleur dans l'épaule, douleur partant de l'articulation acromio-claviculaire et se propageant jusqu’au poignet, sans fourmillements ni engourdissements. Il resta couché ce jour; dans la journée il ressentit en outre des élancements dans l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil gauche ; sensation de coup decouteau. De plus, sensation de piqûre dans le cou de pied, revenant deux à trois fois par jour, durant une heure chaque fois.
Depuis deux jours, il accuse en outre des points douloureux à l'épaule et au coude droits et des fourmillements dans la main droite.
Le malade estresté couché, mais peut marcher. A eu l en il y a deux mois, caractérisé seulement par une faiblesse générale. . Elat actuel. — Constitution bonne; le malade est assez gros, Joufflu ; tempérament lymphatico-nerveux. Température normale, pouls régulier égal. Expectoration séro-spumeuse avec quelques crachats visqueux. — L’avant-bras gauche est libre; mais le malade ne peut lever le bras; il dit avoir la sensation d’une courroie qui retiendrait le membre, et accuse une douleur assez vive vers l’em- . preinte deltoïdienne. A la pression point douloureux fixe en dedans de la tête humérale et douleur diffuse mal délimitée autour de l’articulation. Si on cherche à éloigner le bras du corps, le malade accuse une douleur vive qui s’irradie dans tout le membre. Les autres membres et articulations sont indemnes actuellement. Il accuse une sensation de froid aux pieds et aux genoux.
À l'examen de la poitrine, quelques ronchus et sibilances disséminés, quelques râles sous-crépitants fins dans les bases. Le cœur est normal. Urines très chargées, densité 1,030 (nervo-arthritisme, diathèse urique).
27 février. — Suggestion : sommeil au second degré. Je le laisse dormir 1 heure.
38. — Ce matin, le malade peut soulever son bras et mettre la main sur la tête; 1l accuse encore une douleur dans le bras. — Suggestion.
1% mars. — Il a ressenti encore un peu d’engourdissement
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dans le bras et un point douloureux vers la tête humérale, mais il lève le bras plus facilement. Suggestion tous les jours. Le sommeil devient plus profond avec amnésie au réveil.
3. — La douleur dans lépaule a complètement disparu immédiatement après la suggestion d'hier et n’a pas reparu. La pression ne développe plus de point douloureux à la tête humérale, mais un peu de sensibilité au niveau du triceps. Le malade lève le bras comme l’autre; il accuse encore une sensation de froid dans les genoux. — Suggestion.
4. — Légère sensibilité encore vers l'épaule; la sensation du froid dans les genoux a disparu. — Suggestion.
5. — Le malade est guéri; n’a plus aucune douleur. La sensation de froid dans les genoux n’a pas reparu; il ne reste qu'une certaine gêne qu’il ne peut bien définir. Sort guéri.
Le 14 avril il vient à ma consultation. S’est bien porté jusqu'il y a quatre jours. Depuis, il accuse des sensations douloureuses dans les épaules et les bras qui ne l’empêchent pas de remuer les membres et de travailler; de plus, un certain malaise général. Après une nouvelle suggestion, il ne ressent plus de douleur. Je lui prescris un régime sévère avec des alcalins pour combattre la diathèse urique.
Le malade est revenu depuis à la consultation à plusieurs reprises pour des douleurs diverses locales ou diffuses. Une ou deux séances de suggestion suffisent invariablement à l’en débarrasser.
En résumé, un nervo-arthritique, qui a déjà eu un rhumatisme articulaire, présente une douleur dans l’épaule gauche se propageant au poignet, l’empêchant de se servir de son bras. Cette douleur, accompagnée de quelques autres manifestations de sensibilité, telle que sensation de froid dans les genoux, disparait rapidement par suggestion hypnotique.
OBSERvATION LXV. — Rhumatisme articulaire. — Nervo-arthrilisme. — Myélite diffuse. — Contracture et analgésie. — Guérison après
trois ans par suggestion à l’état de veille.
Adèle Marchal, domestique âgée de vingt-neuf ans, entre à la clinique le 27 octobre 1887, affectée de rhumatisme articulaire. La maladie a commencé en janvier par un point de côté avec frisson . pendant deux heures, suivi de chaleur et de sueurs. En même
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temps toux, crachats striés de sang, deux ou trois épistaxis abondants ; la toux et l’expectoration persistèrent huit jours.
Une semaine plus tard, la malade ressentit subitement des douleurs articulaires, avec rougeur et gonflement dans le genou, le pied et les orteils droits, avec fièvre intense ; ces douleurs articulaires persistèrent pendant trois semaines, puis disparurent. Trois semaines environ plus tard nouvelles douleurs très vives de l'épaule et du coude droits, suivies de douleurs successives dans les épaules, les coudes, les poignets, les articulations métacarpo-phalangiennes, le tout on environ un mois.
Trois mois après ces douleurs articulaires, la malade resséntil des fourmillements dans les jambes et pouvait difficilement les soulever, elle pouvait encore marcher en s'appuyant sur une chaise, mais en trainant ses jambes, particulièrement la gauche. A ce moment, elle remuait très bien ses deux bras. Au bout de deux mois, la marche devint complètement impossible; la malade fut obligée de s’aliter. En même temps, inappétence complète avec nausées et vomissements; la malade restait plusieurs jours sans aller à la selle. Vers cette époque, elle resta cinq Jours sans pouvoir urinér; on dut la sonder.
Depuis deux mois, toux; expectoration peu abondante; il y a trois semaines, elle a eu un point de côté à l’aisselle gauche qui dura deux heures et elle aurait eu quelques crachats hémoptoïques. Depuis un mois, sueurs nocturnes assez abondantes et frissonnements le soir. Amaigrissement notable depuis trois mois.
À son entrée, on constate : constitution primitivement bonne, mais détériorée, tempérament lymphatique, face pâle. Température 32, 3 le matin; pouls 136. La pointe du cœur bat sur la ligne mamillaire au cinquième espace, battements forts et fréquents: respiration nette et sonorité normale en avant. Sonorité faible dans les deux fosses sus-épineuses : respiration rude dans la région interscapulaire, surtout à gauche. Pas de ràles. Douleurs vives à la pression des espaces intercostaux gauches.
On constate une certaine raideur dans le coude et l'épaule du côté droit. La malade ne peut fermer la main qu’à demi de ce côté; elle accuse de la douleur à la face dorsale de la main. Les mouvements de pronation et de supination se font très lentement et péniblement; lesarticulations ne sont pas gonflées ; elle n'arrive pas à élever le bras jusqu’à l'horizontale et accuse des douleurs très vives, lorsqu'on cherche à dépasser cette limite. La malade soulève lentement et péniblement les pieds ; elle ne peut remuer les orteils ; tendance à la raideur dans les deux jambes, plus marquée à gau-
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