‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 21 sur 271 · RÉVEIL DE SENSATION PAR IDÉE · texte numérisé non relu

RÉVEIL DE SENSATION PAR IDÉE

nait être un lombric remontant de l’ombilic jusque vers le:

milieu du sternum. La suggestion n'ayant pu après deux jours triompher de cette sensation, nous avons administré de la santonine en disant à la malade que c'était un contre-

vers qui tuerait le lombric. La santonine ne fit pas expulser:

de vers, mais déracina l’idée qui créait la sensation; et celle-ci disparut.

Nous avons dit plus haut : « Quand une idée s’est trouvée:

associée à unesensation quelconque, la même sensation se reproduisant fortuitement peut réveiller la même idée.

« Réciproquement, si une idée quise présente actuellement à l'esprit s’y est déjà présentée antérieurement en même temps que l’impression d’une sensation particulière, le

retour de cette idée fait éprouver de nouveau la même sen-

sation, à moins que cette dernière n’ait pas été assez forte pour rester solidement attachée à l’idée en question. »

A l’appui de cette loi formulée par Hack-Tuke, cetauteur

rapporte le fait suivant :

« Gratiolet raconte que lorsqu'il était enfant, sa vue s'était affaiblie et qu'il avaitété obligé de porter des lunettes. La pression que ces lunettes exerçaient sur son nez lui fut si insupportable qu’il dut cesser d’en faire usage. Vingt ans plus tard, il ne pouvait voir une personne porter des lunettes sans éprouver immédiatement la sensation désagréable qui lui avait été si pénible dans sa jeunesse. »

Voici un fait du même genre rapporté par Bennett d’Edimbourg : « Une femme est soupconnée d’avoir empoisonné son nouveau-né. Au moment où on exhuma le cercueil, lofficier ministériel présent se mit à dire qu’il sentait déjà l’odeur de la putréfaction et qu'il allait se trouver mal. Il s’en alla donc; on ouvritle cercueil : il était vide. »

La vue du cercueil avait suggéré l’idée du cadavre, et l'idée associée dans l’esprit au souvenir d’une odeur de putrélaction avait réveillé cette sensation.

20 L'idée devient image ou sensation visuelle.

C’est une véritable hallucination d’origine psychique. « Je connais des personnes, dit sainte Thérèse, dont l'esprit est si faible qu’elles s’imaginent voir tout ce qu’elles pensent et cet état est dangereux. »

Voici deux exemples empruntés à Hack-Tuke :

Une dame allait un jour de Penryn à Falmouth. Comme à ce moment elle avait ou venait d’avoir l'esprit plein de l’idée des fontaines où l’on boit, ellecrut voir sur la route une fontaine récemment érigée et y distingua même cette inscription : « 1f any man thirst. let him come into me and drink. » Quelque temps après, elle parla de ce fait aux filles de celui qu’elle supposait avoir érigé la fontaine. Celles-ci furent très surprises de son récit et lui affirmèrent qu’elle avait fait erreur. Cette dame retourna au même endroit et constata qu'il n’y avait aucune fontaine. Il y avait seulement quelques pierres éparses, sur lesquelles sans doute les suggestions d’une imagination préoccupée lui avaient fait élever le monument.

Le second fait est arrivé au D° Wigan qui se trouvait en soirée à Paris peu de temps après un événement qui avait fortement ému l'opinion publique, l'exécution du maréchal Ney. À l’arrivée d’un invité, M. Maréchal aîné, l'huissier annonça Maréchal Ney. Le D' Wigan dit qu’un frisson électrique parcourut l’assistance, et que pendant un instant, il eut lui-même devant les yeux l’image du prince aussi parfaite que s’il l’eût été en réalité.

Le fait que nous avons emprunté à M. Yung constitue un exemple de ce genre.

3° L'idée devient sensation viscérale. Cette sensation ellemême peut déterminer des actes organiques.

Le D' Durand (de Gros) rapporte que dans un hôpital on avait administré à un certain nombre de malades de l’eau sucrée. On simula une grande inquiétude, on prétendit qu’on s’était trompé par inadvertance, et qu’on avait donné

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