NEURASTHÉNIE APRÈS TUBERCULOSE GUÉRIE
Ces symptômes neurasthéniques ne sont pas toujours
. chez lui consécutifs à la diarrhée; nous avons vu les éblouissements et la faiblesse ouvrir brusquement la scène, la colique et la diarrhée être consécutives. La sug-
gestion met fin rapidement à cet ensemble symptoma-
| tique dont l'habitude serait sans doute déracinée par une éducation suggestive prolongée.
OBsERVATION LXIX. — Bronchite spécifique gquérie. — Persistance depuis un an d'une douleur intercostale, d'oppression, d'anorexie, d'insomnie, de tristesse. — Guérison en trois jours par suggestion hypnotique.
Nicolas KF..., âgé de vingt-trois ans, entre à l'hôpital le 13 juin 1890, se plaignant d’oppression et de douleurs thoraciques depuis un an.
La maladie acommencé, alors qu'il était au régiment, par de la toux avec expectoration, qui dura un mois. Il fut réformé en décembre du service militaire pour bronchite spécifique. Depuis il a fait un mois de séjour à l'hôpital qu'il a quitté le 10 février. Iln’a pu reprendre son métier de galochier. Il n’a plus eu de bronchite, mais de l'oppression qui a augmenté depuis quinze jours ; de plus, quand il marche, 1l accuse une douleur à la partie inférieure de l’aisselle droite.
Constitution délicate ; tempérament lymphatico-nerveux. Facies concentré, triste. Température normale. Pouls 64, régulier, égal. Respiration, 56 par minute, costale ; le thorax se soulève en masse. Il est bien conformé ; son clair et ample. La pointe du cœur bat normalement. Respiration nette en avant. En arrière, le son paraît plus ample dans la fosse sus-épineuse droite que dans la gauche ; il est moins ample dans les fosses sous-épineuses, normal au-dessous. La respiration est nette partout. Au sixième espace intercostal droit dans l’aisselle, la pression détermine une douleur très vive, et la marche un point douloureux. Depuis un an, le malade n’a pas d’appétit et a de l’insomnie sans cause.
En touchant l’épigastre au-dessous de l’appendice xiphoïde et disant au malade : « Ici vous avez mal », il accuse en effet une douleur circonscrite très vive. Je dis alors : « Il doit y avoir une douleur vis-à-vis à la même hauteur au milieu du dos. » Explorant alors les apophyses épineuses, lorsque j'arrive sur le point correspondant, 1l accuse une sensibilité très vive.
Le 18 juin, j'endors facilement le malade en sommeil profond avec amnésie rétroactive au réveil et je suggère la disparition de la douleur, l'appétit, le sommeil, le respiration facile. Au réveil, la la sensibilité du sixième espace intercostal a disparu.
19. — Le malade s’est trouvé un peu mieux; il a dormi trois heures la nuit. Repiration #4. Plus de douleur intercostale. Nouvelle suggestion : au réveil dit aller un peu mieux, mais ïl n’a pas encore d’appétit. Je l’endors de nouveau. Au réveil, il dit aller bien mieux et avoir de l'appétit. Je lui prescris une potion suggestive (1 gramme eau de laurier-cerise) et lui affirme que la moitié de la potion l’endormira; s’il se réveille dans la nuit, il prendra l'autre moitié qui le rendormira jusqu’au matin.
20. — Le malade s’est endormi à 10 heures après avoir pris la moitié de la potion, s’est réveillé à 4 heure du matin; apris l'autre moitié et s’est rendormi jusqu'à quatre heures et demie. L’appétit revient peu à peu, dit-il. La respiration est à 24 par minute. — Suggestion.
21. — Va assez bien ; l'appétit est bon. S’est endormi de onze heures du soir à cinq heures du matin sans se réveiller. L’oreille gauche suppure un peu, le tympan est perforé. Depuis huit ans, l'oreille coule de temps en temps. La respiration est bonne; plus de sensibilité à l'aisselle droite. — Suggestion.
Le malade continue à bien aller, sans nouvelle suggestion. Le 26, il se sentait assez bien, l’appétit et le sommeil étant revenus, pour demander sa sortie.
En résumé, voici un jeune homme qui, il y a deux ans, a eu quelques symptômes thoraciques. On a diagnostiqué une tuberculose qui Fa fait réformer du service militaire. Cette tuberculose paraît avoir été une simple poussée qui a guéri sans laisser de traces notables à l’auscultation ; il n’y a plus ni toux, ni expectoration. Mais le malade, frappé sans doute de l’idée qu’il était tuberculeux, a continué à sentir une douleur au sixième espace intercostal droit ; il a continué à sentir une oppression purement subjective : il n’a pu reprendre son travail ; l’appétit et le sommeil l’ont quitté. Sa face a pris une expression de concentration triste. .
L’impressionnabiliténerveuse est démontrée d’ailleurs par la facilité avec laquelle j'ai produit les points xiphoïdien et
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rachidien, par la facilité avec laquelle j'ai provoqué le sommeil de la nuit par une simple potion suggestive.
La suggestion à en deux ou trois séances enlevé le point douloureux, restauré lappétit et le sommeil, rétabli la santé morale et physique.
Si de nouvelles impressions spontanées ou provoquées devaient ramener les troubles fonctionnels, la suggestion continuée ou répétée les enlèverait certes rapidement.
OBSERVATION LXX,. — Salurnisme. — Douleurs vives duns Pabdomen, dans les deux pieds et les jambes, douleurs de tête, depuis trois semaines. — Guérison en huit jours par suggestion hypnotique.
B... (Charles), âgé de quarante-cinq ans, peintre en bâtiment, entre à l'hôpital le 13 juin 4889, pour des accidents saturnins. Il est malade depuis trois semaines et couché depuis quinze jours. L'affection aurait commencé par des sensations de brûlure dans les deux pieds, comme si on les lui brülait sur un réchaud ardent, douleur continue qui l’obligeait, au bout de deux ou trois Jours, à interrompre son travail. Dès la première journée, la douleur se propagea aux jambes, toujours plus vive, l’'empêchant de travailler et de dormir. Il y a trois jours, douleur dans les aines, s’irradiant dans les flancs et l’épigastre, s'ajoutant à des sensations de coliques existant depuis trois jours. Ces douleurs ne ‘sont pas continues, mais provoquées par les mouvements; elles disparaissent par le repos; quand il se retourne dans son lit, elles le prennent et durent quelques minutes. Il n’a eu que trois selles depuis le début de la maladie. Le 7 juin, à 2 heures du matin, attaque épileptiforme avec contracture, convulsions, écume à la bouche et coma pendant trois quarts d'heure. Le 9 juin, deux autres attaques épileptiformes à 3 heures et à 5 heures du soir; il n’en avait jamais eu auparavant. Depuis il ne sent qu’une certaine fatigue, non douloureuse dans les jointures.
Depuis cinq ou six ans, il avait une céphalalgie frontale et syncipitale pas très intense, l'empêchant cependant de dormir, céphalalgie s'exaspérant tous les trois mois environ cinq ou six jours.
Actuellement, elle est plus forte depuis trois à quatre jours, s’ir-
radiant vers les tempes. — Le malade, depuis le début, a peu d’appétit; pas de renvois ni de nausées; pas de battements de
cœur ni d’oppression. — Il a déjà eu, il y a deux ans et demi, des coliques de plomb avec constipation, très fortes pendant cinq semaines ; depuis il n'avait plus eu d'accidents. Depuis le 26 avril, il travaillait plus que d'habitude, de 4 heures du matin à 7 heures du soir.
Etat actuel. — Constitution primitive bonne. Tempérament mixte. Apyrexie. Langue peu chargée; liséré saturnin net. Aucun trouble dans les membres supérieurs. Hyperesthésie dans le quart inférieur des deux jambes et des pieds; sensation de picotement douloureux sans fourmillements ; attouchement douloureux ; mouvements libres. — Coliques intenses, sans constipation notable. Sensibilité douloureuse sur la partie inférieure du thorax à partir du huitième espace et dans toute la région abdominale; la pression profonde de cette région est douloureuse. Douleurs intenses frontale et temporale. Anorexie. Gonflement des parotides. Fonctions respiratoire et cardiaque normales.
Suggestion le 44 juin : sommeil profond.
15. — Après la suggestion, la douleur de tête avait disparu, de 41 heures du matin jusqu'à 3 heures. Elle est revenue moins intense de 3 heures à 7 heures ; puis le malade s’est endormi avec 40 grammes de sirop de chloral. Dans la journée, les coliques ont été moindres ; ce matin, elles sont continues. Le malade a voulu se lever hier matin, mais était comme ivre. Depuis la suggestion d'hier, aussitôt après son réveil, l'hyperesthésie des membres inférieurs uvec les picotements douloureux avait disparu. On peut aujourd’hui les presser sans déterminer aucune douleur, tandis qu'avant la suggestion, on ne pouvait les toucher; il n’accuse plus que de la lourdeur. — Suggestion.
17. — A été tranquille hier dans la journée après la suggestion. Vers 6 heures du soir, il a eu de nouveau une sensation de brûlure dans les pieds ; il ne s’est endormi, malgré le chloral, qu’à 4 heures du matin. Dans la journée, il n'a pas eu de douleur de ventre, mais dans la nuit, il a eu de fortes coliques; il à eu une selle avant-hier. Il accuse aussi des maux de tête depuis hier soir. — Suggestion.
Le chloral est supprimé et remplacé par une potion suggestive (dix gouttes d’aconit). |
18. — Les douleurs ne sont pas revenues, elles ont disparu depuis la suggestion de hier. Il n’a dormi que vers trois heures du matin, malgré la potion. Quand il marche, il accuse des vertiges et de la lourdeur dans les jambes.
19. — Il n’a plus de douleurs. Après la suggestion, il marche
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