Les phénomènes du pied ont beaucoup diminué des deux
côtés; on n'obtient plus dans les deux pieds que trois à quatre secousses. L’oreille entend de nouveau à 10 centimètres de distance la montre.
29. — Les phénomènes des pieds ont totalément disparu. L’enfant marche et court comme avant. A l'examen de la poitrine on ne constate plus la moindre trace de la pneumonie. L'enfant est tout à fait guéri et rentre chez lui, très gai, ayant très bonne mine, engraissé, le 30 mai.
Il s’agit d’une myélite infectieuse greffée sur une fièvre pneumonique. La myélite eût pu passer inaperçue, si nous n’avions pas examiné l’enfant avec soin; on aurait pu attribuer à de l’amyosthénie simple, la difficulté de l'enfant à se lever et à se tenir debout. On l'aurait traité par un régime reconstituant et l’enfant eût sans doute guéri spontanément. Car si la suggestion a réussi, c’est qu’il s'agissait d’une
myélite curable, d’une localisation passagère du processus :
pneumonique qui n'avait pas réalisé heureusement de lésion irrémédiable. Il est certain toutefois que la psychothérapie a affirmé son efficacité en opérant une amélioration immédiate. En quelques minutes l’enfant qui ne
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MONOPLÉGIE, SUITE DE FIÈVRE TYPHOIDE 449
pouvait pas se tenir debout ni faire un pas est devenu capable de se tenir et d'accomplir les mouvements de la marche. La suggestion a accéléré la guérison.
OBsERvATION LXXXIX. — Paralysie douloureuse du membre inférieur droit, consécutive à une fièvre typhoide. — Guérison graduelle par suggéstion hypnotique.
Pierre Schendorf, plâtrier âgé de quinze ans, entre à l'hôpital le 24 octobre 1889, le dixième jour d'une fièvre typhoïde. C’est un garcon bien constitué, délicat de complexion, lymphatique. La maladie suit son cours régulier, assez bénigne: la défervescence est accomplie le 2 novembre, dix-neuvième jour. L’appétit est revenu, les selles moulées, le malade est levé et marche. Le 15 novembre trente-deuxième jour commence une rechute ; la température oscille entre 38 et 3995; diarrhée, taches rosées, céphalalgie, congestion du lobe inférieur droit du poumon; le 27 escarre à la fesse gauche intéressant la peau et le tissu cellulaire dans l’étendue d’une pièce de cinq francs. La température redevient normale le 26 au matin, quarante-neuvième jour de la maladie, mais remonte le soir même et reste fébrile le soir jusqu’au 3 décembre, cinquantième jour, étant à peu près normale le matin. Le 29 novembre, quarante-sixième jour, la langue est redevenue nette, les taches rosées pâlissent ; la respiration est redevenue presque normale, les selles sont moulées. Je constate ce jour que le malade ne peut pas encore s’asseoir dans son lit seul.
La convalescence continue; l'appétit recommence à se montrer ; il reste encore de la surdité. Le 2 décembre le malade ne peut encore s'asseoir dans son lit. Le 3, je l'examine ; sa jambe droite est étendue, il ne peut plus la remuer depuis quatre jours : il peut fléchir et étendre les orteils, il fléchit et étend légèrement le cou de pied, mais ne peut fléchir, ni le genou, ni la cuisse. La pression sur la rotule est douloureuse ; la pression en dehors du grand trochanter est aussi parfois douloureuse. Pas d’anesthésie. Je peux fléchir complètement son genou, mais ce mouvement détermine une certaine sensibilité.
Le malade est hypnotisable en sommeil profond avec amnésie au réveil, comme je m'en élais assuré, au début de sa maladie.
Sans l’endormir je lui suggère que les mouvements ne sont plus douloureux et qu’il peut fléchir et étendre le genou et la cuisse. Après cette suggestion il fait en effet tous les mouvements spontanément, mais avec lenteur; il ne peut s'asseoir dans son lit.
Alors je l’hypnotise et je lui suggère qu’il peut le faire; au réveil il peut s'asseoir seul dans son lit. — Les points douloureux ont disparu.
Le 4 décembre, le malade dit encore ne pas pouvoir soulever sa jambe.
En insistant par suggestion sans sommeil, on arrive à la lui faire lever. Il ya une certaine exagération des réflexes tendineux du membre.
Le 5 décembre, le malade peut soulever spontanément sa jambe. — Suggestion hypnotique.
Je laisse le malade couché les jours suivants; j'attends la cicatrisation des escarres qui est en bonne voie; il reprend des forces, et de l'appétit; la température devient normale matin et soir.
Le 13 décembre, je constate que la pression au niveau du cou de pied droit ‘détermine une douleur assez intense. De plus les muscles du mollet droit sont notablement atrophiés. La suggestion hypnotique enlève instantanément les douleurs du cou de pied qui ne reparaissent plus.
À partir du 17 le malade se lève un peu dans la chambre. Je constate le 19 qu’il ne peut pas se tenir debout seul ; il ne peut s'appuyer sur la jambe droite, il se tient le corps penché en avant soutenu par deux personnes. Après suggestion, il se tient mieux et a une certaine tendance à marcher. Les réflexes tendineux sont toujours accrus.
Le 21 décembre le malade se sent mieux debout; mais la jambe droite ne peut encore supporter le poids du corps. Après suggestion, il y a un peu de mieux. L’escarre se cicatrise, Le malade
reste couché jusqu’au 26. II ne marche que tenu par deux per-
sonnes.
Le 28 décembre, il se tient un peu mieux, mais a toujours besoin d’être soutenu. Après suggestion, il peut faire un pas seul.
La suggestion est continuée. Le 3 janvier 1890 le malade se lève et marche seul dans la salle avec une canne. L’escarre est presque guérie ; il continue à marcher bien les jours suivants.
Le 5 janvier, nouvelle complication, pleurésie gauche avec épanchement depuis l’angle del’omoplate. Elle suit son cours et arrive à la résolution complète le 23 janvier. Le malade continue à se servir de sa jambe droite.
Le 26 janvier, il fait un faux pas avec flexion exagérée du cou de pied droit : le 27,je constate une douleur à la partie externe de ce cou de pied. Le malade marche cependant seul, mais tient le
TS Méga. à