FN
Il marche droit et sans vertige; mais l’anesthésie plantaire gauche et la faiblesse du membre persistent ; il sent la plante peu assurée sur le sol, comme sur du caoutchouc, dit-il; l’anesthésie sensorielle persiste au même degré, ainsi que l’némianesthésie sensitive. L'œil gauche compte le nombre des doigts à 75 centimètres de distance. — Deuxième séance : application de l’aimant sur la jambe et la cuisse gauche à 10 heures du matin. A 3 heures, la sensibilité revenait par places, un peu partout, pas plus au pôle négatif qu'ailleurs.
Le 27, aimant resté vingt-quatre heures en place. Sensibilité et sens musculaire restaurés dans le membre; deux sensations distinctes à 6 centimètres à la face antérieure de la jambe gauche comme à droite ; à 7,5 à la cuisse gauche, 6,75 à droite; les mouvements des orteils sont plus faciles. Pas de changement au membre supérieur. Application de l’aimant sur le bras et l’avantbras. Dans la nuit, douleur occipitale vive quil’empêche de dormir.
Le 28, la douleur occipitale à cédé à une injection de morphine; la sensibilité tactile, mesurée à l'esthésiomètre, le 29, est presque
égale des deux côtés. Gauche : face dorsale de l’avant-bras, 6,5 ;:
droite 5 centimètres : gauche : paume de la main, 5 millimètres ; droite, 5 millimètres : gauche : plante du pied (transversalement), 4,2; droite, 3,5; face antérieure de la jambe gauche, 12 centimètres ; droite, 10. Le malade, qui ne pouvait pas fléchir la jambe au delà de l'angle droit, la fléchit complètement; ja flexion et l'extension des orteils sont plus faciles. — Quatrième séance : application de l’aimant en fer à cheval sur le côté gauche de la face, le pôle négatif vers l'œil, le positif vers l'oreille pendant vingt-quatre heures.
Le 30, le malade compte le nombre des doigts à 23 centimètres au lieu de 76; le goût est revenu à gauche; la coloquinte est perçue, moins bien qu'à droite; l'odorat est revenu aussi. II peut tourner la tête plus facilement, — Cinquième séance: application de l’aimant à la même région de 6 heures du soir à 9 heures du matin.
31. — Douleur sourde du synciput à la région frontale droite. depuis 2 heures du matin. l'œil gauche compte les doigts à 4,30. Force dynamométrique; main droite, ##; main gauche, 33. La. sensibilité restaurée se maintient. Le malade a pu descendre l’escalier hier sans se tenir à la rampe, ce qu’il ne pouvait faire depuis 1873.
Les jours suivants, la force musculaire continue à augmenter ;. le # février, le dynamomètre de Mathieu donne 45 à droite, #1 à
MAGNÉTOTHÉRAPIE 481
gauche {un nouveau dynamomètre de Colin donne 56 et 42, le 8 février, 59 et 46). L’acuité visuelle augmente aussi; mesurée le J'ivrer elle est de au lieu de . ; le malade distingue une clef à 76 centimètres ; le 26 janvier, il ne la distinguait qu’à 28 centimètres.
La force musculaire du membre inférieur gauche est accrue ; le 22 février, il soulève 7 kilogrammes avec le pied gauche jusqu'à la position horizontale de la jambe et la maintient pendant vingt secondes ; avec le pied droit il soulève le même poids et le maintient pendant vingt-quatre secondes. L'’ouïe reste telle qu’elle était. Les autres sens se maintiennent ; les mouvements des doigts et du cou-de-pied présentent encore un certain degré de raideur due peut-être à la démarche particulière que le malade a dû garder pendant huit ans, marchant avec précaution d’une pièce, ne sentant que peu le sol, évitant de fléchir et d'étendre les articulations du pied ; ces mouvements deviennent de jour en jour plus souples, grâce à l’électrisation induite faite tous les jours avec les électrodes humides.
Une douleur plus vive que celle existant d'habitude avait succédé à l'application de l’aimant dans la région occipitale; céphalalgie gravative s’irradiant à la région frontale droite, continue et ne cédant que passagèrement à la morphine. L’aimant en fer à cheval, même de très fort calibre, appliqué pendant plusieurs jours, du 1 au 4 février, loco dolenti, reste inefficace contre cette douleur. Le 26 février, applicalion d’un courant continu, pôle positif, à la protubérance occipitale, négatif à la région frontale, à 11 heures du matin; dans la nuit, la céphalalgie frontale a disparu et la douleur se localise à la protubérance.
Une nouvelle application du courant (huit éléments), pôle positif au synciput, négatif à la nuque, est suivie, au bout de quatre heures, de la cessation complète de la douleur; elle reparait encore légère le 11 février, mais cède de nouveau au courant continu et n’a plus reparu depuis. Ajoutons enfin que les érections, supprimées depuis plusieurs années, ont reparu depuis l'application des aimants. Quand le malade se réveille le matin dans son lit, le pénis est en érection, ce qu'il n’était plus depuis 4833. Il dit n'avoir pas eu de relations sexuelles depuis plusieurs années ; les désirs génésiques éteints n’ont d'ailleurs pas reparu.
En résumé, chez un homme de quarante-neuf ans, symptômes d'affection cérébelleuse datant de neuf ans, HYPNOTISME. 31
attaque apoplectiforme, céphalalgie occipitale, titubation, vertige au moindre mouvemement de la tête sur le rachis: hémianesthésie depuis deux ans, sensitivo-sensorielle. Un aimant sur la face dissipe d’abord le vertige; puis restaure la sensibilité sensitivo-sensorielle. Restauration graduelle de la sensibilité sur le tronc et les membres gauches par les aimants et augmentation de la force musculaire.
N'est-ce pas une chose étrange, et presque merveilleuse, de voir une affection aussi grave, des symptômes aussi complexes, de la titubation et un vertige datant de plus de sept ans, qui avaient résisté aux traitements les plus énergiques, céder en quelques heures à l'application d’un morceau de fer aimanté?
À quelle lésion avions-nous affaire? Dans l’état actuel de nos connaissances physiologiques, il est impossible de formuler un diagnostic précis, et les observations de ce genre sont propres à rendre modestes les physiologistes et à montrer que les progrès sérieux réalisés ces dernières années dans l’étude des centres nerveux sont peu de chose relativement à ce que nous ignorons encore. En attendant de nouveaux faits une lumière plus complète, nous pouvons admettre l’existence très probable d’une affection cérébelleuse. La céphalalgie occipitale, les vomissements du début, la titubation, le vertige, sont en effet les symptômes notés dans les lésions du cervelet. Reste l’hémianesthésie gauche sensitivo-sensorielle avec la faiblesse musculaire ou parésie, et une certaine rigidité des deux membres; ces symptômes de date plus récente ne peuvent plus s’expliquer par une lésion cérébelleuse; celle-ci laisse, en effet, la sensibilité intacte. La propagation de la lésion à la protubérance ou à un pédoncule cérébral ne suffit pas non plus à l'interprétation de ces faits; car l’hémianesthésie par lésion mésocéphalique ou du pédoncule ne paraît pas intéresser le domaine du nerf olfactif, qui l’est dans notre cas.
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SYMPTOMES CÉRÉBELLEUX 183
Faut-il admettre, outre le foyer cérébelleux ancien, um second foyer plus récent qui intéresserait particulièrement le tiers supérieur de la capsule blanche interne ?
Telle est, ce nous semble, la seule opinion conciliableavec les idées doctrinales généralement admises.
Signalons maintenant quelques faits intéressants relatifs. à l'influence thérapeutique.
1° Le premier effet de l’aimant fut de dissiper le vertige.
Après vingt-quatre heures d'application de l’aimant, le
malade tourne la tête et la meut dans tous les sens, Sans. vertige ni obnuhilation de la vue, ce qu’il ne pouvait faire: depuis sept ans.
Comment expliquer ce phénomène? Savons-nous seulement ce qu'est le vertige? Sensation spéciale qui se traduit
par une illusion sur notre position dans l’espace, vis-à-vis des objets qui nous environnent, elle paraît susceptible:
d’être réalisée par une perlurbation fonctionnelle du cervelet.
Dans notre observation, elle semble se rattacher, en: effet, à une affection cérébelleuse. Admettons cette origine. Comment l’aimant intervient-il? A la rigueur, on peut concevoir un mode d'action analogue à celui par lequel nous avons cherché à interpréter l'influence curative de: l’aimant sur le tremblement, la trépidation réflexe et læ contracture‘. Le cerveau corrigerait par son initiative per-
sonnelle les impressions erronées que lui transmet le:
cervelet; il rectifierait à l’aide des impressions qui lui aboutissent par les sens spéciaux. musculaire et tactile, les aberrations de la fonction cérébelleuse. Ainsi est-il admissible qu’en restaurant le sens visuel, auditif, tactile, musculaire, etc., et permettant au sensorium une appréeiation fondée des faits, l’aimant lui permette d'intervenir contre le mécanisme cérébelleux qui tend à produire la
1 Voir De La suggestion et de ses applications à la thérapeutique, 3° éd
tion, pages 329 et suivantes.