‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 27 sur 271 · SUGGESTION THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

SUGGESTION THÉRAPEUTIQUE

fuge; c’est l’extériorisation de l’idée. Le cerveau ayant reçu par les nerfs acoustiques l’idée d’une démangeaison sur le front, crée la sensation et l'envoie pour ainsi dire aux nerfs sensitifs de la peau frontale. Si au point de vue de la sugsestion, fait psychique, on peutdire : « Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu », au point de vue de l’acte réalisé par la suggestion, on peut dire : « Nihil est in sensu quod non prius fuerit in intellectu. »

Le médecin peut utiliser la susgestion dans un butthérapeutique. Etant donné que l’idée tend à devenir acte, que le cerveau actionné par l’idée actionne à son tour les nerfs qui doivent réaliser cette idée, étant démontré que Pidée peut ainsi devenir sensation, mouvement, image, il est naturel d'appliquer cette puissance psycho-physiologique «de l’organisme à créer des actes utiles à la guérison. Un malade à de l’anesthésie des membres ; on introduit dans son cerveau l’idée que les membres sont sensibles et le cerveau tend à réaliser l’acte (s’il est possible), c’est-à-dire à restaurer la sensibilité. Le malade à de la paralysie : le cerveau, convaincu que la motilité revient, envoie un influx moteur considérable aux nerfs moteurs inertes. Le malade a de la constipation: le cerveau agit sur les nerfs intestinaux et augmente le péristalisme intestinal; il agit sur les nerîfs secréteurs et vasomoteurs de la muqueuse intestinale qui font pleuvoir dans l’intestin les liquides destinés à faciliter l'évacuation. Un malade a une douleur ; le cerveau frappé par l’idée que la douleur s’apaise, produit une modalité particulière des cellules sensitives corticales telle que ces cellules ne perçoivent plus la douleur. Le cerveau, en un mot fait de l’inhibition et de la dynamogénie, commeditBrown-Séquard, sur les diverses fonctions, il les exalte, il les atténue, conformément à l’idée suggérée dans un but curateur.

Tous les organes, toutes les fonctions sont commandés

par les centres nerveux. Chaque point de l’organisme à pour ainsi dire son aboutissant dans une cellule cérébrale qui est son primum movens. Chaque mouvement est réalisé par un centre moteur Cortical; chaque sensation tactile, musculaire, viscérale sensorielle est perçue par une cellule sensorielle corticale. Les sécrétions, les excrétions, la nutrition, la respiration, la circulation sont sous la domination directe du centre encéphalique. Le cerveau en tant qu'organe psychique intervient partout. Les troubles psychiques retentissent sur les fonctions digestives; les préoccupations, les émotions morales, les frayeurs, colère, chagrin, joie agissent à chaque instant sur les actes de la digestion : l'appétit est exalté, diminué, perverti; l'estomac digère mal, se contracte douloureusement (crampes), sécrète mal (altérations du suc gastrique, gastrorrhée); le pneumogas-

trique excité par une lésion organique du cerveau, ou par | une perturbation dynamique émotive, engendre le vomissement. Les émotions font de la diarrhée, de la constipation, des vomissements, du ballonnement; — elles agissent sur le mécanisme de la sécrétion biliaire, font de la polychotie, de l’ictère. La nutrition actionnée par les nerîs trophiques, vasomoteurs, sécréteurs, par les nerfs des organes hématopoiétiques, est subordonnée à l’état psychique. Une tristesse prolongée réagit sur les fonctions nutritives; les processus d’assimilation sont pervertis, les aliments ingérés ne profitent pas; les globules sanguins subissent des altérations diverses ou nese renouvellent pas; la chlorose, l’anémie, le marasme, la glycosurie, le purpura, etc., succèdent aux émotions morales. La calorification est en rapport avec l'intégrité fonctionnelle et organique du cerveau. On à décrit dans ces derniers temps des centres thermiques corticaux. Eulenberg et Landois ont trouvé dans l’écorce cérébrale une région dont l’excitation produit un refroidissement des membres côté opposé, dont la destruction est suivie d’une augmen-

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