LECON III
De la suggestion thérapeutique. — De la subordination des divers organes et fonctions au système nerveux central. — Action de l'esprit sur le corps. Psycho-thérapeutique. — La crédivité et l'automatisme cérébral sont modérés par les facultés supérieures du cerveau. — Moyens qui engourdissent celles-ci et exaltent ceux-là. Sommeil naturel, — Foi : guérison par suggestions religieuses. — Suggestion par l'électricité, les aimants, les métaux, les moyens empiriques, les tracteurs de Perkins, la suspension.
Nous avons défini la suggestion : l’introduction d’une idée dans le cerveau qui est acceptée par lui.
On nous objectera que ce ne sont pas seulement des idées, mais aussi des sensations, des mouvements, des actes qui peuvent être suggérés. Ainsi des démangeaisons, la soif, l’anesthésie, l’éternuement, la marche, etc., sont des phénomènes actifs sensitifs ou moteurs que la suggestion peut réaliser. Mais ces phénomènes réalisés sont déjà des idées devenues actes; ils sont l'effet de la suggestion, c’està-dire de l’idée déposée dans le cerveau. Celui-ci ne réalise la démangeaison, la soif, la marche, etc., que si l’idée du phénomène, sa conception psychique, son imageest évoquée ou rémémorée dans l’entendement. L'acte lui-même, sensation, mouvement, n’est autre chose que la réalisation de la suggestion qui, elle, est un fait purement psychique. Elle n'en existe pas moins, quand le cerveau ne peut pas la réaliser. Je suggère à un paralytique qu'il peut marcher; il le croit, maïs essaie en vain. La suggestion existe, mais elle ne peut se transformer en acte, les organes qui doivent accomplir cet acte faisant défaut. La suggestion est un phénomène centripète, sa réalisation est un phénomène centri-