PROCÉDÉS DES MAGNÉTISEURS
jusqu’à ce que vous sentiez qu'il s’est établi une chaleur égale entre ses pouces et les vôtres. Cela fait, vous retirerez vos mains en les écartant à droite et à gauche, et les tournant de manière que la surface intérieure soit en dehors, vous les élèverez jusqu’à la hauteur de la tête ; alors vous les poserez sur les deux épaules, vous les y laisserez environ une minute, et vous les ramènerez le long des bras jusqu’à l'extrémité des doigts en touchant légèrement. Vous recommencerez cette passe cinq ou six fois, en détournant vos mains et les éloignant un peu du corps pour remonter. Vous placerez ensuite vos mains au-dessus de la tête, vous les y tiendrez un moment, et vous les descendrez en passant devant le visage à la distance d’un ou deux pouces jusqu’au creux de l’estomac, là vous vous arrêterez environ deux minutes en posant les pouces sur le creux de l’estomac et les autres doigts au-dessous des côtes. Puis vous descendrez lentement le long du corps jusqu'aux genoux, ou mieux, si vous le pouvez, sans vous déranger, jusqu’au bout des pieds. Vous répéterez les mêmes procédés pendant la plus grande partie de la séance. Vous vous rapprocherez aussi quelquefois du malade, de manière à poser vos mains derrière ses épaules pour descendre lentement le long de l’épine du dos et de là sur les hanches et le long des cuisses jusqu'aux genoux ou jusqu'aux pieds. Après les premières passes, vous pouvez vous dispenser de poser les mains sur la tête et faire les passes suivantes sur les bras, en commençant par les épaules, et sur le corps, en commençant par l’estomac. »
Teste a simplifié le procédé de la façon suivante t :
Il se tient debout devant la personne, à une certaine distance, se recueille quelques minutes, lève sa main droite à la hauteur de son front et dirige lentement ses passes de haut en bas au-devant du visage, de la ‘poitrine
‘ Teste. Le magnétisme animal appliqué, etc. Paris, 1845, et Manuel du magnétisme animal. Paris, 1855.
et du ventre ; seulement à chaque fois qu’il relève sa main il laisse tomber ses doigts, de manière que leur face dorsale regarde le magnétisé pendant son mouvement d’ascension et leur face palmaire pendant les passes.
Ce procédé, ajoute l’auteur, est simple, trop simple peutêtre : aussi ne conseillerai-je de l’employer que sur des sujets accoutumés déjà au magnétisme et susceptibles de s'endormir facilement. La méthode de Deleuze, avec de légères modifications que j'ai indiquées, est de beaucoup à préférer pour les premiers essais.
Il magnétise aussi par la tête. Pour cela il fait d’abord quelques longues passes de haut en bas, dans la direction des bras au-devant du visage et suivant l’axe du corps; puis il étend ses deux mains à quelques pouces du front et des régions pariétales, pendant quelques minutes. Il varie peu la position des mains, se contentant de les porter lentement à droite et à gauche, puis à l’occiput pour revenir ensuite au front où on les laisse jusqu’à ce que le sujet soit endormi. Alors il fait des passes sur les jambes et les genoux, pour attirer le fluide en bas, suivant l’expression des magnétiseurs.
Enfin, il magnétise au moyen du regard les somnambules déjà habitués, en engageant le sujet à le regarder le plus fixement qu’il pourra, tandis que de son côté, il fixe sans interruption les yeux sur les siens.
Teste entrevoyait la vraie formule, lorsqu'il ajoute « Mais en définitive, tous les procédés réussissent, lorsqu'ils inspirent la confiance à ceux qui les emploient, et lorsque ceux-ci sont bien pénétrés de leur pouvoir. » La vérité vraie eût été de dire « lorsque le sujet est pénétré de son pouvoir ».
Le général Noizet procédait aussi par des passest. Il touche les pouces du sujet avec les siens pendant quelque
1 Noizet. Mémoire sur lesomnambulisme. Paris, 1854.
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