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de penser au sommeil, de le regarder, il fixait lui-même de loin ses grands yeux sur lui, lui montrant le revers élevé de sa main, avançait de quelques pas, puis abaissait brusquement le bras devant lui en lui ordonnant avec autorité de dormir. Quelquefois, mais rarement, il marchait jusque vers lui, et lui appuyant le doigt sur le front, il répétait le commandement : « Dormez. » Trois fois au moins sur cinq, dit le général Noizet, « je l’ai vu réussir ainsien moins d’une minute ».
À Faria appartient incontestablement le mérite d’avoir le premier établi la doctrine et la méthode de l'hypnose par suggestion et de l’avoir nettement dégagée des pratiques singulières et inutiles qui cachaient la vérité. Cependant l’abbé Faria ne fit pas école; la vérité nue et simple ne pouvait s'imposer. De nos jours encore, on l’a bafoué du nom d’'imposteur. Voici ce que disent de lui en 1881 Bourneville et Regnard!'. « L’abbé Faria, qui mourut avec la plus belle réputation de charlatan qu'homme du monde ait jamais eue et surtout mieux méritée, pour augmenter le merveilleux de ses expériences et, partant, donner plus d'éclat à ses représentations, avait imaginé une méthode qui n’eut point d’imitateur et ne réussit guère qu'entre ses mains. »
Chose singulière! La méthode de Faria eut pour imitateurs MM. Bourneville et Regnard eux-mêmes. Voici les procédés qu’ils signalent :
1° On tient les pouces du sujet dans ses doigts et on maintient son regard fixe sur lui. Au bout de deux ou trois minutes ses yeux rougissent, les larmes baignent ses paupières, souvent il ferme les yeux et tombe.
Si cet effet ne se produit pas, on laisse alors les mains du sujet et on lui applique les pouces sur les globes ocu-
1 Progrès médical. 1881.