‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 5 sur 271 · THÉOSOPHIE ORIENTALE · texte numérisé non relu

THÉOSOPHIE ORIENTALE

La théosophie orientale, mélange de théologie, d’astrologie, de magie et de sciences occultes diverses, inspirée par les doctrines antiques des brames du Gange, fleurissait en Orient et surtout en Perse, dès le vrr* siècle avant l’ère chrétienne. Elle pénétra en Occident, après le règne d’Auguste. Zoroastre en fait la base de sa doctrine. Ormuzd et Ahriman représentent le bon et le mauvais principe, d’où émanent les bons et les mauvais démons.

C'est au théurge Mazdejesnan, vainqueur du mal, qu’appartient le pouvoir de guérir avec l’aide des démons et de paroles magiques: « Bien des cures, dit le livre de Zend, s’opèrent par le secours des arbres et des herbes, d’autres par le couteau et d’autres encore par la parole: car la parole divine est le plus sûr moyen pour guérir les maladies : c’est par elle qu’on obtient les cures les plus parfaites. »

Le séjour des Juifs en Perse pendant la captivité de Babylone servit puissamment à propager la doctrine de Zoroastre. Dépouillés de leur culte matériel, obligés de renoncer aux sacrifices, ils durent idéaliser leur foi au contact de Ia théosophie persane alliée avec leurs dogmes religieux. Les idées mystiques orientales, Ia magie chaldéenne, la lutte entre les bons et les mauvais esprits, la vie contemplative pour se mettre en rapport avec la Divinité, se retrouvent désormais chez le peuple juif ; et ces idées orientales furent propagées par lui chez les philosophes d'Alexandrie *.

Là se développa, un siècle et demi avant J.-C., la secte médico-théosophique des Esséniens ou Esséens, adorateurs mystiques de Dieu, qui se vouaient à la prière, à interprétation allégorique de la Bible, et au traitement des maladies par l'intervention surnaturelle de Dieu *.

La philosophie païenne des Grecs et des Romains s’im-

‘Joseph. Antiqg. Jud., lib. II.

* Joseph. De dell, Jud., lib. HI.

8 IYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCHOTHÉRAPIE

prégna aussi des doctrines de Zoroastre et des Juifs. Des magiciens Comme Apollonius de Tyrane et Simon, disciples de Pythagore, exploitèrent la crédulité par leurs sophismes et leurs miracles. Le premier fit des cures merveilleuses dans les temples d’Esculape. A Tarse, il guérit ane hydrophobie : le chien dans lequel était passée l’âme du Mysien Télèphe lécha, par son ordre, le malade et lui rendit la santé !. Il aurait inventé les talismans, amulettes sur lesquels on insecrivait des mots mystiques et qu’on attachait au cou des malades pour les guérir.

Un magicien, cité par Lucien, guérissait les maladies par un long poème arabe. Plotin fut un des fondateurs de la nouvelle philosophie d'Alexandrie, amalgame des doctrines grecques de Pythagore et de Platon dégénérés, avec la théosophie mystérieuse des Orientaux ; il guérit aussi au moyen de paroles magiques ?. Porphyre, guéri par lui, appritlui-même à conjurer les génies et à les chasser du corps des malades. Alexandre conjura une peste par une sentence divine ; il guérit les maladies par l’axonge accompagœnée de formules magiques *. Des mots éphésiens, trouvés sur une statue de Diane, avaient une vertu efficace pour : chasser les génies et guérir les maladies.

Le christianisme naissant, loin de détruire ces superstitions, s’allia, par la croyance aux miracles, avec les idées du paganisme et contribua à maintenir l'erreur. Les apôtres guérissaient par les onctions, les saintes huiles, l’apposition des mains et les prières ; les anciens de chaque communauté avaient le même pouvoir.

L'ombre de saint Pierre, les reliques, les martyrs comme saint Côme et saint Damien, les temples construits en leur honneur, opéraient des cures miraculeuses. Saint Martin

{Philostr. Vif. Apollon.

#Porphyr. Vif. Plot. in Fabric. bibl. græc., lib. IV. 8 Euseb. Præp. Evang.,lib. V.

# Lucian. Pseudomant., p. 161, 756, 768.

ni æ

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