‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 50 sur 271 · PROCÉDÉS PAR SUGGESTION VERBALE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS PAR SUGGESTION VERBALE

je lui insinue simplement que la suggestion lui serait utile, je lui montre des effets heureux et j'attends qu’elle me les demande elle-même. On trouve en ville beaucoup de personnes terrorisées par des médecins incompétents, sur les dangers de l’hypnotisme; dans les hôpitaux, on trouve des malades défiants qui se figurent qu'on veut en faire des sujets d'expérience. On se heurte alors à quelque résistance. La personne qu’on a l'intention d’hypnotiser doit être, si possible, dans un milieu dévoué et confiant en l’opérateur. Alors, en peu de temps, le terrain est préparé : le sujet se livre sans arrière-pensée.

L’hypnose est en général facile : le sujet est couché ou commodément assis sur un fauteuil, je le laisse se recueillir quelques instants, tout en disant que je vais l’endormir très facilement d’un sommeil doux, calme comme le sommeil naturel. J’approche une main doucement de ses yeux et je dis : « Dormez. » Quelques-uns ferment les yeux instantanément et sont pris. D’autres sans fermer les yeux, sont pris le regard fixe et avec tous les phénomènes de l'hypnose. D’autres présentent quelques clignements de paupières; les yeux s'ouvrent et se ferment alternativement. En général je ne les laisse pas longtemps ouverts. S'ils ne se ferment pas spontanément, je les maintiens clos quelque temps, et si je surprends quelque résistance, j’ajoute : « Laissez-vous aller ; vos paupières sont lourdes, vos membres s’engourdissent, le sommeil vient. Dormez. » Il est rare qu’une ou deux minutes se passent sans que l’hypnose soit arrivée. Quelques-uns restent d'emblée immobiles et inertes; d’autres cherchent à se ressaisir, rouvrent les yeux, se réveillent à chaque instant : j’insiste, je maintiens les paupières closes, je dis : « Continuez à dormir. »

Dans la pratique hospitalière où l’imitation joue un rôle considérable, où l’autorité du médecin est plus grande, où les sujets plus dociles, moins raffinés, sont plus aisés à être impressionnés, cela se passe le plus souvent ainsi.

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Les quatre cinquièmes au moins de nos sujets tombent ainsi dans un sommeil profond avec amnésie au réveil.

D’autres, moins bien préparés, moins dociles, surtout dans la clientèle de la ville, se laissent aller plus difficilement. L'hypnose étant moins profonde, ils n’ont pas conscience qu'ils sont influencés. L'opérateur surprend dans l'attitude du sujet une certaine inquiétude; quelquefois le sujet dit qu’il ne dort pas, qu’il ne peut dormir. J’insiste, Je lui dis : « Je sais que vous m’entendez. Vous devez m’entendre : vous pouvez être hypnotisé, tout en m’entendant. Le sommeil complet n’est pas nécessaire. Ne parlez pas. Tenez les yeux clos. Ecoutez bien, etc. » Je tâche ainsi de capter son esprit soit par insinuation douce, soit par autorité, suivant l’individualité psychique du sujet. Et je lève doucement le bras en l’air. J’obtiens souvent alors, même quand le sujet ne croit pas être influencé, une catalepsie suggestive plus ou moins irrésistible, parlois des mouvements automatiques, puis de la contracture. J'arrive à un degré plus ou moins avancé de l’hypnose, sans sommeil proprement dit, ou du moins sans que le sujet ait conscience du sommeil. Quelquelois, dans la même séance J'arrive graduellement chez lui à réaliser toute la série des phénomènes; Chez certains qui paraissaient récalcitrants, il m'est arrivé d'obtenir ainsi par suggestion l’amnésie au réveil. D'autres ne franchissent pas les premiers degrés dans la première séance ; dans les suivantes, ils peuvent arriver à l'hypnose complète, mais tous n’y arrivent pas.

L'opérateur doit avoir une assurance calme et froide. S’il hésite ou a l'air d’hésiter, le sujet peut suivre cette hésitation et en subir l'influence contre-suggestive; il ne s’endort pas ou se réveille. Si l’opérateur a l’air de se donner beaucoup de peine, s’il sue sang et eau pour endormir son sujet, celui-ci peut se pénétrer de l’idée qu'il est difficile à hypnotiser ; plus on s’acharne après lui, moins il se sent

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