‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 60 sur 271 · SUGGESTION DANS LE SOMMEIL NATUREL · texte numérisé non relu

SUGGESTION DANS LE SOMMEIL NATUREL

appels furent également inutiles. Il restait sourd, et j'allais partir désespéré, quand j'eus l'idée de l’atteindre dans sa passion dominante, autrement dit de l’éveiller en touchant à l’idée qui préoccupait le plus son esprit. Je mis donc la bouche tout près de son oreille et je dis à voix basse: « Wilde, j'ai dans l'œil un corps étranger : prenez votre instrument pour me l’ôter, je souffre cruellement. » L'effet fut instantané! Il sauta sur ses pieds, me prit le flambeau des mains, saisit l’instrument que je lui tendais, me fit

asseoir sur une chaise, écarta les paupières, découvrit le

grain de charbon et me l’enleva immédiatement, me rendant le plus heureux des hommes. Nous nous quittèämes fort satisfaits l’un de l’autre. Il me parut avoir opéré d’une façon automatique, quoique momentanément éveillé et il sembla se rendormir immédiatement.

Ces exemples prouvent que le dormeur naturel, comme le dormeur artificiel peut donner des signes de conscience et sortir de sa torpeur, sous l'influence de la suggestion.

L’apparence du sommeil n’existe pas chez tous les hypnotisés, même chez ceux qui ont l’amnésie au réveil. — J'en ai rencontré qui restent les yeux ouverts, fixes, étonnés ; il faut savoir qu'ils sont pris, pour ne pas s’exposer à méconnaître chez eux l’état hypnotique. On peut les cataleptiser, les halluciner sans souvenir au réveil. Ils ne peuvent quelquefois pas fermer les yeux spontanément et on les croirait volontiers rebelles à l'hypnose, si on attendait l’occlusion spontanée des paupières. D’autres, les yeux clos, conservent l’air éveillé; ils parlent, gesticulent, se grattent, toussent, prennent part aux conversations, rient et ne ressemblent à rien moins qu’à des dormeurs; et cela spontanément, sans qu’on ait fait appel à leur activité. [ls ne dorment peut-être pas, mais ils sont hypnotisés, suggestionnés, cataleptisables, hallucinables avec perte de souvétir aurévell. :

rh te

7 fn. & DE ve en RENE ve UT NN

Pre Se Cal

ÉkKLar DR ER Es at

AS a a

x à è e UE, y sis te, à >

vo.

da.

“ DOTE UT Let ÈS NN EE ARS po

sd D PET Te 7 TA

CEE

DO PPT Ne

10% IIYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCHOTHÉRAPIE

C’est parce que beaucoup de médecins non suffisamment expérimentés attendent les phénomènes dits somatiques de l'hypnose, la résolution, l’immobilité, l'aspect du sommeil parfait, c’est parce que le moindre signe de conscience ou d'initiative du sujet les déroute, leur faisant croire que le sujet n’est pas pris, alors qu’il peut l'être, qu’ils passent à côté de l'hypnose sans s’en douter; ils communiquent au sujet leurs doutes ou leur conviction qu’il n’est pas pris ; et le sujet, ne continuant plus à être suggestionné, ne continue plus à se laisser aller; J'ai trouvé ainsi d'excellents somnambules que d’autres opérateurs avaient méconnus ou jugés réfractaires à l'hypnose. On s’étonneparfois quand je dis que j’endors à peu près tous les malades de mon service : les exceptions sont excessivement rares ; et cepen-

dant cela est. Mes élèves et les nombreux médecins qui me

font l'honneur de visiter ma clinique le savent bien.

Voilà donc mon sujet en état d'hypnose, avec ou sans sommeil apparent. Je vais démontrer sur lui les diverses suggestions.

Commençons par celle de motilité, la plus facile àobtenir. Et d’abord la catalepsie. J'ai levé son bras, il est retombé. Chez d’autres, il reste d'emblée en l’air. Chez lui, il suffit que je le laisse quelques secondes en l’air pour qu'il y reste, figé dans l'attitude imprimée. Il en est qui ont besoin d’un ordre pour réaliser ce maintien du membre dans la position donnée, c’est-à-dire la catalepsie. J’obtiens la même attitude pour les jambes, mais pas d’une façon aussi constante. Cet état cataleptique ne dure pas indéfiniment ; on ne renverse pas les lois de la nature. Au bout d’un temps variable qui ne dépasse pas quinze à vingt minutes, la fatigue vient et les membres retombent graduellement ou rapidement, les jambes plus vite que les bras.

La catalepsie ne se réalise pas chez tous les sujets de la même façon ni avec la même facilité. En voici un qui est

peu influencé; le membre élevé en l'air reste passivement comme si le sujet oubliait de le baisser. Mais si je dis: « Vous ne pouvez pas le baisser, essayez de le faire, » alors il parvient à se ressaisir ; le défi que je lui ai adressé réveille son initiative intellectuelle, et 11 abaisse le membre. Cependant si je recommence l'expérience sans faire appel à son initiative, l'attitude cataleptiforme se maintient de nouveau.

Voici un sujet plus influencé. Je le mets au défi de chanser son bras de place. Je l'invite à essayer toutes ses forces. Il essaie et, en dépit de tous ses efforts, ne peut le déplacer. Cet autre le déplace un tant soit peu, mais ne peut aller plus loin et s’arrête. Entre la catalepsie que le sujet peut rompre et la catalepsie complètement irrésistible, on observe d’ailleurs tous les degrés, et ce degré est à mes yeux une des meilleures mesures pour juger la profondeur de l'influence suggestive, pour apprécier jusqu’à quel point la volonté est paralysée ou impuissante.

La catalepsie varie aussi, non seulement comme intensité, mais comme qualité. Chez les uns, elle est molle, flaccide. Le membre est étendu horizontalement. Je lui donne une légère impulsion; immédiatement il tombe en résolution, obéissant aux lois de la pesanteur. Chez les autres, elle est un peu plus rigide; elle est, comme on dit, cireuse, Le membre obéit à l'impulsion donnée, mais ne la dépasse pas; il s’abaisse un peu, puis reste stationnaire ; les doigts prennent et gardent les attitudes les plus bizarres. Chez d’autres enfin, elle est plus rigide encore, elle est lélanique. Le membre est contracturé; je suis obligé de déployer un certain effort pour l’abaisser, et aussitôt que je le lâche, il remonte comme un ressort et reprend l’attitude première, C’est chez ces sujets qu’on peut produire un véritable opisthotonos ou pleurosthotonos, appliquer la tête sur une chaise, les pieds sur une autré, tout le corps restant tétanisé entre ces deux surfaces d'appui.

Ne

Ir -

A ee + - > D Fret t Dit Si ue Fe: 5 rèaré Rs DE No ber Er D A Nér OURS AO, Le,

L'Ae *

OU Acte: “2 "2

Page 1