‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 101 sur 235 · RESISTANCE DE CERTAINS SUJETS · texte numérisé non relu

RESISTANCE DE CERTAINS SUJETS

votre injection de morphine ; vous vous réveillerez tout de même. » Et je ne m'occupe plus d'elle. Je croyais avoir échoué et je continuais à causer à son mari, quand au bout de cinq minutes brusquement la malade ouvrit les yeux, étonnée de voir quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Son mari me présente à elle ; elle ne m'avait jamais vu. Quelque temps après, elle vint en traitement à Nancy et en quelques séances fut guérie de son hystérie et de son goût pour la morphine, datant de huit ans ; l'asthme seul resta rebelle à la suggestion.

Voici, par exemple, deux cas où je ne pus enrayer la crise par suggestion. La première fois, c'était chez une jeune fille de Bruxelles, dont je relaterai l'observation et qui avait des crises hystériques singulières au nombre de trois par jour, survenant régulièrement, durant de une à deux heures chacuue. J'essayai en vain par suggestion de couper court à la crise; plus je lui suggérai d'ouvrir ses yeux, plus elle s'obstinait à les serrer opiniâtrement. Cette jeune fille avait un esprit de contradiction instinctif et involontaire ; elle n'était cependant pas rebelle à la suggestion ; elle était docile ; mais son premier mouvement de contre-suggestion dominait sa propre volonté. J'arrivai facilement par un mode spécial de suggestion à la guérir de ses crises d'hystérie, bien que je n'eusse pu les enrayer directement.

La seconde fois, ce fut chez la jeune femme d'un médecin qui avait depuis trois à quatre ans une douleur excessive à la région précordiale, sur laquelle venait se greffer des crises hystériformes durant trois à quatre heures, avec exacerbation douloureuse atroce, dyspnée épouvantable, accélération du cœur, idées délirantes. J'essayai en vain de faire avorter la crise par suggestion. Les sensations douloureuses et l'angoisse respiratoire l'obsédaient au point de la rendre rebelle à ma suggestion. Mais j'arrivai après quelques essais et tâtonnements infructueux à l'hypnotiser

en sommeil profond dans l'intervalle de ces crises, à prévenir leur retour, à annihiler la douleur fixe précordiale et à la guérir radicalement en quelques semaines.

On voit combien la suggestion joue un grand rôle dans les manifestations de l'hystérie et combien beaucoup d'elles sont éclairées à la lumière de la doctrine suggestive. L'ovarialgie, les zones hystérogènes, les phases classiques de la grande hystérie, l'enraiement des accès par la compression des ovaires, leur arrêt par la simple affirmation, tout s'explique, quand on connaît la suggestibilité des hystériques.

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