GUERISON PAR RESTAURATION FONCTIONNELLE
sa souplesse, aux capillaires sanguins de se dégorger. Nous avons suggéré à la malade de ne plus ressentir de douleur et de mouvoir l'articulation dans tous les sens. La douleur étant supprimée, les mouvements articulaires paralysés par elle se sont restaurés progressivement ; les ligaments fibreux par suite de ces mouvements ont repris leur souplesse, la synoviale, retrouvant ses alternatives de tension et de relâchement, a retrouvé son élasticité et sécrété une synovie normale ; les surfaces cartilagineuses, retrouvant leur frottement doux, ont repris leur aspect lisse et poli ; les stases capillaires et l'engorgement des tissus dus à l'immobilisation ont été balayés par le travail mécanique activant la circulation ; les muscles amaigris se sont reconstitués par le retour de la contraction ; et ainsi en quelques semaines la restauration fonctionnelle a eu pour conséquence la restauration de l'organe.
Voici une autre jeune fille qui marche bien et se porte bien. Il y a trois mois, elle était couchée percluse, dans son lit qu'elle n'avait pas quitté depuis trois ans. A la suite d'un rhumatisme articulaire aigu, étaient survenues de la contracture des membres douloureuse, de l'anesthésie, de la trépidation réflexe, si bien que nous pensions à une méningo-myélite rhumatismale. Le séjour au lit dans une salle d'hôpital, les douleurs persistantes, l'insomnie avaient ouvert la porte au bacille de la tuberculose ; cette jeune fille était devenue tuberculeuse ; elle avait de la fièvre, des sueurs nocturnes, de l'anorexie, des digestions mauvaises, de la toux, de l'expiration soufflée dans les sommets. La suggestion à l'état de veille et l'entraînement suggestif fait par la sœur ont guéri en quelques semaines cette contracture ; la malade a pu graduellement soulever ses bras jusqu'à la verticale, se tenir sur ses jambes; son corps courbé sur le bassin pendant la station debout, s'est redressé progressivement sous l'influence d'une suggestion patiente et prolongée. En quelques se-
maines, notre jeune fille a recouvré la souplesse parfaite de tous ses membres ; les douleurs ont disparu ; il faut croire que la myélite était guérie en tant que lésion organique, mais qu'elle avait laissé à sa suite des perturbations dynamiques, contracture douloureuse, anesthésie, etc., justiciables de la suggestion. La malade, pouvant marcher, cessant d'être internée et immobilisée, tonifiée physiquement et moralement, a retrouvé sa santé générale : la fièvre est tombée; l'appétit est revenu superbe, le sommeil est parfait la nuit ; c'est une résurrection, presque un miracle pour ceux qui l'ont vue! L'évolution tuberculeuse est arrêtée. La suggestion n'a pas guéri directement le tubercule; elle a guéri la malade, en supprimant les conditions de misère physiologique et psychologique qui lui avaient donné naissance. Les médicaments antithermiques, toniques, antispasmodiques étaient restés impuissants. Le traitement psychique seul a pu la guérir.
Voici un journalier âgé de trente-sept ans, qui, bien portant jusque-là, a été il y a deux ans, saisi à la ceinture par une courroie qui l'entraîna à six mètres de haut. On le dégagea ; il avait perdu connaissance. Revenu à lui, il n'avait aucune lésion ; mais depuis ce moment il accuse une sensation douloureuse à l'épigastre, qui persiste, qui l'empêche de travailler; il digère mal ; il a des régurgitations aqueuses; son estomac est dilaté, il n'a pu reprendre son travail; sa femme a dû l'entretenir, lui et ses trois enfants. La nutrition s'est altérée, le moral s'est déprimé, et sur ce terrain débilité est éclos aussi le germe de la tuberculose, s'annonçant par une toux quinteuse, des sueurs nocturnes, un mouvement fébrile, une expiration soufflée au sommet. Le traumatisme seul agissant sur une nature impressionnable a amené cette évolution. La douleur épigastrique, sans lésion, a été retenue par le système nerveux ; l'estomac gêné par la douleur, et par l'attention du malade concentrée sur la région épigastrique, a rempli