‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 121 sur 235 · ROLE DE L'ÉLÉMENT PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

ROLE DE L'ÉLÉMENT PSYCHIQUE

avec lenteur ses fonctions ; l'atonie de l'organe a créé ou augmenté la dilatation; la sensation de clapotement clans l'estomac, obsédant le sensorium du malade, est devenue douleur, par suite de Timpressionnabilité nerveuse. L'inaction, la concentration triste ont appelé la tuberculose. Un traitement suggestif psychique, dès le début eût sans doute prévenu ce résultat. Après deux ans de durée, nous avons vu la suggestion en quelques jours enlever à peu près les sensatious douloureuses épigastriques et rendre la digestion facile. L'évolution tuberculeuse est enrayée et le malade a essayé de reprendre son travail, notablement amélioré, sinon guéri.

Dans les observations que nous relatons, on verra combien l'élément nerveux, l'élément psychique, joue un rôle important dans la genèse et l'évolution des maladies diverses et combien la méconnaissance de ce fait expose le médecin à des erreurs thérapeutiques.

Après avoir, par les considérations qui précèdent, montré comment la suggestion peut être utile, non seulement dans les maladies sine materiâ, mais encore dans les maladies organiques diverses, nous allons jeter un coup d'œil rapide sur le cadre nosologique, et, faisant appel à notre expérience, dire quelles sont, parmi les affections, celles qui sont plus particulièrement justiciables de la psychothérapeutique.

Et d'abord les névroses. L'hystérie convulsive est le plus souvent suggestible dans la plupart de ses manifestations. La grande crise, la boule, la strangulation, les douleurs, l'anesthésie, les paralysies, les contractures, l'aphonie, l'amblyopie, les vomissements, toutes ces manifestations diverses cèdent souvent à la suggestion hypnotique. En général, si l'hystérie est récente, si elle est acquise à la suite d'une émotion morale, une seule ou un petit nombre de séances suffisent pour obtenir une guérison définitive.

D'autres fois, si l'hystérie est ancienne, profondément enracinée dans les habitudes nerveuses, surtout si elle est héréditaire, la guérison est plus longue à obtenir. Il faut plusieurs semaines, plusieurs mois de traitement; l'autosuggestion éveillée par des impressions diverses par des associations fortuites d'idées ou de sensations, tend à régénérer sans cesse les désordres fonctionnels; les rechutes sont fréquentes. En poursuivant avec opiniâtreté, avec patience, sans brusquerie la lutte, on arrive en général à modifier cette modalité pathologique, à dissiper toutes ou presque toutes les manifestations, sauf celles qui, associées à l'hystérie, ne sont pas de nature purement dynamique ou psychique.

La suggestion doit être adaptée à chaque individualité. L'injonction vigoureuse faite d'un ton de commandement, même avec menace, convient à quelques natures rebelles et rudes. On sait l'histoire des attaques d'hystérie réprimées par la peur du fer rouge déjà du temps de Boerhaave, ou. des épidémies de convulsionnaires arrêtées par la peur salutaire des gendarmes. J'ai mis fin à des vomissements hystériques par la menace du cathétérisme stomacal; j'ai réussi parfois, avec ou sans hypnose, par une admonestation énergique, avec intimidation, alors que l'affirmation calme ne suffit pas. Ce n'est pas la parole de l'opérateur qui fait la guérison ; c'est l'influence produite sur le cerveau de l'opéré. Si la parole ne suffit pas à impressionner, c'est-à-dire à modifier l'état psychique inconscient qui entretient le phénomène, contracture, convulsions ou autre, quelquefois l'émotion réussit à réaliser cette impression; elle engourdit l'être psychique qui résiste et laisse l'automatisme cérébral résoudre la contracture.

La brusquerie ne convient pas à la plupart des hystériques; l'insinuation douce réussit d'ordinaire mieux, La peur, l'intimidation, les émotions fortes peuvent agir comme contre-suggestions, et susciter des crises ou autres

Page 1