SUGGESTION DANS LA GIIOREE
expression, continue son évolution jusqu'à la fin de son cycle.
Il semble que dans les premières séances, quand la chorée est violente, quand la face et les globes oculaires sont agités de mouvements désordonnés incessants, et que l'esprit aussi agité que le corps ne peut s'attacher à à aucune idée fixe, les enfants soient peu suggestibles, parce qu'ils ne peuvent concentrer leur attention. Cependant, l'enfant s'habitue en quelques séances et devient plus docile. Souvent, quoi qu'il ne puisse tenir les yeux clos, ni le corps au repos, quoique la face reste grimaçante, il est cependant influencé ; le cerveau éminemment réceptif de l'enfant garde l'empreinte, alors que sur le moment même il paraisse rebelle ; le sommeil devient plus calme en quelques séances et l'agitation générale s'atténue. Le caractère se modifie soit rapidement, soit graduellement ; l'enfant redevient plus docile, obéit mieux, retrouve son équilibre moral, bien que, je le répète, la chorée continue son évolution.
Enfin les petites secousses nerveuses, les tics partiels, qui survivent souvent à la chorée, guérissent fréquemment et souvent complètement quand ils ne sont pas invétérés depuis des années. J'ai guéri des tics convulsifs datant de plusieurs mois et même d'une année. Quand l'affection est très ancienne et que le système nerveux en a contracté l'habitude invincible, alors la suggestion peut échouer.
Le tétanos au contraire résiste, commandé qu'il est, sans doute, par une lésion infectieuse, profonde et invincible des centres nerveux.
Les névralgies diverses obéissent souvent à la suggestion. Chez quelques sujets impressionnables, alors qu'elles sont liées plutôt à une diathèse nerveuse qu'à une névrite rhumatismale, la suggestion les enlève comme par enchantement. Il m'arrive souvent, devant les élèves, d'enlever en quelques minutes, voir en quelques secondes, des points
douloureux, ou même des névralgies bien caractérisées. La douleur peut revenir après un temps variable, de quelques minutes à quelques heures, pour céder à la suggestion; et en continuant quelques jours elle disparaît sans retour. Ce sont les névralgies sans lésions ou névroses. D'autres névralgies sont plus tenaces ; ce sont les névrites. Pendant l'accès, le sujetest souvent rebelle à la suggestion, son sensorium étant absorbé tout entier par l'impression douloureuse. Eu le suggestionnant d'abord pendant la rémission, on arrive parfois à l'influencer même pendant l'accès, s'il est très suggestible. Suivant la cause de la névralgie, névrite, rhumatisme, diathèse, lésion organique, suivant l'impressionnabilité spéciale des individus, il faut un temps variable de quelques jours à quelques semaines pour obtenir une guérison complète. 11 est des névrites chroniques incurables.
J'ai réussi dans quelques cas de crampe des écrivains, datant de plusieurs années chez l'un, de plusieurs mois chez l'autre, et qui avaient résisté à de nombreuses médications à obtenir en quelques semaines un succès complet et définitif.
Mais dans cette maladie, la suggestion verbale seule ne suffît pas : il faut faire écrire le malade en sa présence en suggérant l'inhibition des mouvementsou contractions involontaires. Ainsi en est-il aussi de toutes les crampes professionnelles.
Les troubles sympathiques douloureux, malaises, viscéralgies, vomissements, etc., liés aux affections utérines ou stomacales sont souvent promptement soulagés, quelquefois guéris, par la suggestion; toutefois il y a des rechutes; mais la suggestion répétée, prolongée avec patience et persévérance pendant des semaines et des mois, peut réussir à déraciner ces troubles. JTai obtenu des guérisons ou des