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SUGGESTION DANS L'ÉPILEPSIE

cérébro-spinal des neurasthéniques héréditaires, il y a dans le cerveau des aliénés quelque chose que nous ne connaissons pas, qui en trouble fatalement la modalité, chose contre laquelle tous nos moyens d'action restent impuissants.

L'épilepsie essentielle résiste à l'hypnose dans le plus grand nombre des cas. J'ai réussi à guérir un cas d'épilepsie par traumatisme du crâne, dans lequel les attaques étaient précédées de prodromes. Quand ces prodromes existent, on peut encore faire de l'inhibition et arrêter l'accès. Une jeune fille a des crises d'épilepsie souvent précédées d'un malaise précurseur : quand ce malaise dure assez longtemps et que je suis là, au moment où elle le sent, je l'hypnotise facilement, et dissipant les symptômes prodromaux, j'empêche souvent l'accès d'éclater, mais d'autres fois les prodromes sont très courts ou n'existent pas ; l'attaque vient brusquement, la malade frappée comme d'un coup de massue ne peut réagir. J'ai essayé l'hypnose chez un assez grand nombre d'épilepsie ou de simples vertiges épileptiques et je n'ai pas obtenu de résultats notables ou durables.

Cependant le fait suivant m'a laissé cette conviction que certaines formes d'épilepsie sont curables par le traitement psychique. Une jeune fille d'une vingtaine d'années avait des symptômes hystériformes liés à une métro-salpingite. Après quelques semaines de suggestion, ces troubles disparurent ; mais plusieurs mois après la jeune fille revint pour des crises d'épilepsie bien caractérisées, trois au moins par jour. Ces crises débutaient sans prodromes et offraient le tableau classique de l'épilepsie : inconscience absolue pendant l'accès ; seulement après la période clonique la malade revenait tout de suite à elle sans coma consécutif, ni torpeur intellectuelle.

Je ne pus déterminer de crise chez elle. J'essayai la sug-

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gestion, sans espoir; il n'y avait pas d'aura précurseur ni de symptômes prémonitoires pouvant servir d'appui à l'inhibition. Je suggérai le sommeil avec disparition des crises; la malade n'arrivait qu'en somnolence. Après quelques séances, je remarquai que pendant six heures après la suggestion, il n'y avait pas de crises. Cependant celles-ci continuaient tous les jours, au nombre de une à deux, au lieu de trois ou quatre. La malade obstinée et confiante m'obligea pour ainsi dire malgré mon scepticisme à la guérir. Je fis la suggestion deux fois par jour; elle resta deux ans à Nancy, à la fin elle vint se loger dans mon voisinage pour que je puisse faire la suggestion trois fois dans les vingt-quatre heures. Au bout de deux ans, alors que j'attaquai ces crises ainsi trois fois par jour, elles disparurent ; j'eus le bonheur d'obtenir une guérison radicale qui ne s'est pas démentie depuis plusieurs années.

La chorée, je parle de la vraie chorée, n'est pas curable par la suggestion, tandis que la fausse chorée, par imitation, lui obéit facilement. Cette résistance peut même servir au diagnostic différentiel; elle m'a donné la conviction que la chorée n'est pas une névrose, mais une évolution infectieuse dans certains centres nerveux, qui a une durée cyclique fatale de deux à trois mois, quel que soit le traitement qu'on lui oppose. Mais la suggestion, pas plus que les autres médications, ne peut faire avorter une danse de Saint-Guy à son début. Ce n'est pas qu'elle ne puisse être utile, en atténuant, comme nous l'avons vu, certains symptômes nerveux ou hystérif ormes ou même psychiques, que la chorée s'associe. Elle peut diminuer la folie musculaire lorsqu'elle est excessive, elle peut refréner l'agitation psychique, atténuer l'impulsivité, restaurer le sommeil, produire une amélioration notable de l'état général, physique ou moral ; mais la maladie, bien que dégagée en partie de son cortège symptomatique, modérée dans son

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