SUGGESTION DANS LES MALADIES ORGANIQUES
tremblement et la tilubation de la sclérose en plaques. MM. Fontan et Ségard ont publié aussi un cas remarquable de ce genre. Mais il faut bien le dire, les résultats obtenus sont passagers ; la suggestion peut restaurer la fonction, tant que la lésion ne Ta pas encore définitivement abolie, tant que le trouble de cette fonction n'est qu'un trouble dynamique dépassant le champ de la lésion ; la suggestion n'enraie pas révolution organique de la maladie : trop souvent elle ne produit qu'une amélioration transitoire ; les maladies de leur nature progressive et envahissante, telles que l'ataxie locomotrice, la sclérose en plaque, etc., continuent leur marche inexorable, et il arrive un moment où la suggestion ne peut plus rien.
Dans les maladies des voies digestives, elle trouve de fréquentes applications. On sait combien l'élément nerveux joue un rôle important comme cause ou résultat des troubles digestifs. Il existe une neurasthénie gastrique et gastrointestinale. Les émotions morales, la concentration de l'esprit retentissent sur la digestion et vice versa. L'atonie du tube digestif, les crampes, les douleurs, les vomissements, la pneumatose, le hoquet sont des symptômes nerveux qui sont parfois justiciables de la suggestion. Souvent elle restaure l'appétit, régularise les selles, enlève ou modère les douleurs, le ténesme, les coliques, etc., atténue les symptômes névropathiques et intervient comme adjuvant utile dans la thérapeutique.
Dans les affections des voies respiratoires et du cœur, la suggestion peut avoir des effets salutaires, diminuant les quintes de toux, calmant l'oppression, supprimant parfois les accès d'asthme liés à l'emphysème pulmonaire, rendant le sommeil et l'appétit aux tuberculeux, atténuant l'anxiété précordiale. La suggestion ne réussit pas à supprimer les accès d'asthme nerveux; elle ne guérit pas l'asystolie des maladies cardiaques, elle ne calme pas la fièvre, elle ne ralentit pas notablement le pouls, elle ne tarit pas
en général les sueurs des phtisiques ; Elle ne saurait, je le répète, à elle seule, remplir toutes les indications thérapeutiques; mais elle a son utilité réelle, incontestable. Une simple médication inerte, simplement suggestive, m'a souvent réussi contre l'insomnie rebelle combattue vainement par une médication plus active, mais non accompagnée de suggestion.
Les fonctions menstruelles aussi lui obéissent souvent. J ai relaté et d'autres observateurs aussi ont relaté des faits de menstruation diminuée comme abondance, comme durée, et rendue régulière, quelquefois même suggérée à jour fixe. Les douleurs de la dysménorrhée sont parfois heureusement combattues, ainsi que les troubles nerveux consécutifs.
Dans les pyrexies à évolution cyclique, sans doute la suggestion ne peut intervenir, ni comme abortive, ni comme abrégeant la durée. Mais elle intervient en enlevant la céphalalgie, diminuant l'angoisse et l'impressionna bilité nerveuse souvent liée à la fièvre, restaurant le sommeil, modérant les douleurs, et tonifiant l'organisme pour lui permettre de résister à l'influence morbifique.
Chez les sujets très suggestibles, elle peut calmer momentanément les douleurs du rhumatisme articulaire aigu; elle enlève parfois, en une ou plusieurs séances, les douleurs survivant à la fluxion inflammatoire, et met fin à une maladie qui se prolongeait par de simples troubles fonctionnels, troubles qui peuvent, par eux seuls, condamner l'articulation à l'immobilité, entretenir la raideur articulaire.
Je ne poursuivrai pas plus loin cet aperçu très sommaire sur les indications de futilité de la psycho-thérapeutique. Les observations déjà publiéeset celles que j'ajouterai à la suite de ce chapitre, montreront mieux que de simples assertions le parti que le médeciu peut tirer de cette médication.