SOMMEIL HYSTÉRIQUE
mère, et qu'elle étouffait. Elle ajoute : « Elle est partie maintenant. »
Si je presse sur le ventre, elle se renverse douloureusement en arrière. Je lui fais une suggestion vigoureuse à l'état de veille et lui affirme qu'elle n'aura pas sommeil pendant la journée.
7. — Va bien depuis avant-hier. A dormi une heure dans l'après-midi seulement. N'a plus le besoin continuel de sommeil. Les douleurs abdominales n'existent pas ce matin. Les règles ont apparu aujourd'hui.
8. — A dormi dans l'après-midi une demi-heure environ. Du reste va bien. Les règles continuent ; sensibilité dans le ventre. Accuse une légère douleur dans les yeux, et un point au-dessous du rebord axillaire gauche. Suggestion hypnotique. Au réveil n'a plus de sensations douloureuses.
10. — Va bien. N'a eu que quelques douleurs dans les tempes le soir. Suggestion.
11. — N'a plus de mal de tête. L'époque menstruelle est terminée.
15. — Se plaint d'une douleur au-dessous du rebord costal droit qui est enlevée par suggestion.
18. — Plus de crises, ni de sommeil nerveux. Présente seulement une certaine torpeur ; depuis quelques jours, petits mouvements choréiques dans les bras.
21. — Accuse encore des douleurs dans la tête. Par suggestion on fait disparaître les mouvements choréiques des bras. La sœur dit que la malade a voulu se lever hier ; mais elle a dû se recoucher, car elle est très pâle étant levée et tombe en torpeur. — Par affirmation, je détermine de nouveau en pressant au-dessous du rebord costal une douleur vive. La malade pleure, pousse des cris, ébauche une crise. Je touche le point symétrique de l'autre côté en disant que tout rentre dans l'ordre; les pleurs cessent et la malade redevient calme. Je touche le front en disant : « Elle s'endort », elle ferme les yeux et tombe en hypnose. Je suggère la guérison.
23. — A été calme hier, mais n'a pu rester levée à cause de la pâleur. La joue gauche est gonflée; la fluxion est due à l'évolution de la dent de sagesse et disparaît en deux jours. La fièvre se déclare; la température monte à 40°; la langue est blanche. 11 s'agit d'une fièvre continue qui évolue favorablement, sans aucun symptôme nerveux et se termine en dix jours, d'une façon abortive. Pendant le cours de cette fièvre,
il n'y a ni stupeur, ni somnambulisme, ni douleur abdominale. L'affection hystérique semble guérie.
L'hystérie chez cette jeune fille, coexistait avec l'incubation d'une fièvre typhoïde; mais elle a précédé le début de cette fièvre de près d'un mois, de trop longtemps pour qu'on puisse établir entre les deux maladies autre chose qu'une coïncidence ; le germe de la fièvre a sans doute été contracté à l'hôpital ; il y en avait dans la salle. L'hystérie revêtait la forme de sommeil. On a vu combien la malade était influencée, comme toutes les hystériques, par suggestion. On a pu la réveiller. On aurait aussi pu prolonger ce sommeil, faire de cette malade une de ces dormeuses prolongées dont les journaux nous entretiennent de temps en temps et qui prolongent leur sommeil d'autant plus longtemps que l'attention et la curiosité des assistants étudiant ce sommeil constituent pour elles une véritable suggestion à le continuer. Des crises convulsives ont succédé au sommeil. La suggestion avait mis fin à toutes ces manifestations quand la fièvre continue a débuté, et évolué sans aucun trouble nerveux.
Observation XXIV. — Grandes crises d'hystérie arrêtées par suggestion. — Vomissements incoercibles datant de quatorze mois. — Aphonie nerveuse datant de onze mois. — - Guérison en quelques jours par suggestion à Vélat de veille.
X..., âgée de vingt-six ans, travaillant à la campagne, entre dans mon service le 12 décembre 1901, envoyée par mon élève le docteur Voinot, de Haroué (M-et-M.) ; c'est une hystérique avec aphonie et vomissements.
Elle n'a pas d'antécédents héréditaires. Vers l'âge de treize ans, elle a eu pendant trois mois des abcès aux jambes. L'affection actuelle a commencé il y a seize à dix-sept mois, en juillet 1809. Elle se serait refroidie en courant après une vache; elle avait ses règles depuis deux jours ; ses règles se suspendirent pendant deux mois. Depuis ce moment, elle se sentit faible et ressentait des douleurs d'estomac après avoir mangé