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HYSTERIE INFANTILE

absolue; l'enfant refusait à peu près toute nourriture; l'habitus extérieur demeurait néanmoins satisfaisant; le caractère était très mélancolique.

Les crises avaient disparu vers le 20 février, pendant environ trois semaines; l'appétit était revenu; mais la malade, qui depuis la première crise se tenait difficilement debout, ne le put plus du tout. La paraplégie a persisté.

L'enfant dort assez bien la nuit. La maladie paraît donc ne reconnaître aucune cause apparente. Le père et la mère sont bien portants.

État actuel. — Constitution primitive bonne. L'enfant est intelligente, docile, et a fait de bonnes études. Apyrexie. Les mains présentent un petit tremblement irrégulier qui, au moindre bruit, se transforme en mouvements désordonnés; les bras se soulèvent, le corps est projeté en avant, les jambes s'agitent.

Ce tremblement est toujours latéral droit. Le malade écrit son nom d'une écriture tremblotante.

La sensibilité est normale, sauf réaction faible à la piqûre. Pas de douleurs actuellement. Le ventre n'est pas sensible; on peut le déprimer. La malade s'assied bien dans son lit. Les jambes sont immobiles, les cuisses et les jambes rapprochées, en extension ; le pied gauche est en extension dorsale (équin); toute la jambe est couchée sur sa face interne. La malade peut d'ailleurs plier les pieds, les orteils; elle arrive à soulever le pied gauche et à le tenir en l'air avec un certain tremblement ; idem pour le pied droit. Les réflexes tendineux ne sont pas exagérés. Le malade peut tourner la jambe gauche en dehors, mais a toujours de la tendance à la ramener en dedans, sur sa face interne. Quand on veut la mettre debout, les jambes, les cuisses fléchissent et elle tombe.

Ni urines, ni selles involontaires. La sensibilité à la douleur, à la température, est conservée. Cette enfant accuse des céphalées frontales gravatives, presque quotidiennes. Depuis plusieurs années, elle aurait parfois des fourmillements dans les membres inférieurs.

Au dynamomètre, les deux mains donnent 0.

Alice F... fut soumise à la suggestion d'une façon patiente et continue, ainsi qu'à une sorte d'entraînement et de gymnastique. A la première séance, elle tombe en hypnose profonde, avec catalepsie provoquée, hallucinabilité, automatisme réfectoire. On lui suggère de ne plus trembler. Au réveil le tremblement avait disparu.

J'alliai à l'hypnose la suggestion active. Je lui mis une plume dans la main et lui dis : « Allons, écris, mon enfant. Tu le peux, sans trembler. » Je répétai cette suggestion pendant le sommeil. Au réveil l'enfant écrit bien son nom. La différence est frappante entre deux spécimens d'écriture, avant et après la suggestion.

Je procédai de même pour restaurer la marche ; je l'endor- ■mis, lui suggérai de pouvoir se tenir debout, de marcher sans peur, sans tremblement, d'être solide sur ses jambes; en même temps, je lui frictionnai les jambes pour augmenter son assurance.

Après deux séances, elle pouvait se lever, se tenir droite sans tomber.

Le 29 mars, elle n'avait plus de douleurs, plus de secousses et pouvait marcher seule, avec lenteur et précaution.

Les exercices furent répétés. On lui fit dans le même ordre d'idées, tenir un verre rempli d'eau : « Tu peux le boire sans verser une goutte, tu ne trembles plus, ta main est forte et ferme. » Elle put ainsi porter le verre à sa bouche et le vider sans le laisser échapper.

De plus, elle retrouve son appétit et la gaieté de son âge.

Dès les premiers jours d'avril, elle descendit au jardin de î'hôpital. Le 6, elle put courir. Enfin le 9, elle sortit complètement guérie à la plus grande joie et à la plus grande surprise des siens qui croyaient à un miracle.

Il s'agit là d'une hystérie infantile avec impotence fonctionnelle et paraplégie psychique. Cette hystérie est-elle venue se greffer sur une névrose infectieuse infantile, telle que la croissance peut la créer? Notre attention quand j'observai cette malade, n'était pas encore appelée sur ce point. L'anorexie, la mélancolie notée dans l'observation peuvent éveiller cette idée.

Quand l'enfant vint à notre service, l'impotence fonctionnelle seule survivait aux autres symptômes. La guérison par enlèvement suggestif montra bien que cette impotence n'était plus déterminée ni par une lésion, ni par une infection des centres nerveux, mais retenue par auto-suggestion émotive dans l'esprit de la jeune malade.

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