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TIC FACIAL

de mes études, il y a un an, je me trouvais si malade et si épuisée que je dus plusieurs fois consulter le médecin. 11 trouva que je souffrais d'un ébranlement nerveux complet (neurasthénie) et me recommanda de laisser la musique et toute occupation intellectuelle. Cette prescription me rendit malheureuse et je serais sans doute devenue plus souffrante, si j'avais abandonné mes études. Je continuai donc jusqu'à la fin. Mais alors mes forces étaient à bout. J'avais le temps de me reposer, mais le repos me fuyait. J'étais en agitation perpétuelle, je ne pouvais ni manger, ni boire, je pleurais souvent des heures sans motifs sérieux. Quand je jouais du piano ou que je chantais, je sentais dans tout le corps une fièvre tantôt avec froid, tantôt avec chaleur. Je ne pouvais tenir en place. Quand je me promenais dans la forêt, par exemple, j'avais besoin de me remuer, d'arracher des herbes, etc. Le tic nerveux du front et les douleurs de tête devinrent plus intenses. Le séjour à la campagne, les bains, les bromures et autres médicaments dont je ne me faisais pas faute, n'apportèrent aucun soulagement. Après une grande douleur morale, je fus un jour brusquement prise d'un second tic autour de la bouche et dans les muscles du cou. Ce tic était caractérisé par de violentes contractions des muscles du front qui se plissait et se déplissait alternativement, et par des contorsions de la bouche dont les commissures étaient fortement tirées dans un sens ou dans l'autre. Il n'existait pas pendant la nuit, ni au repos complet; mais se manifestait aussitôt que je voulais parler, aussitôt que ma face voulait volontairement ou involontairement exprimer le moindre sentiment. Alors ce tic double était continu et ma face devenait grimaçante.

« Le tic de la bouche et du cou durait depuis trois à quatre mois, quand on me conseilla de m'adresser à vous, monsieur le Docteur, et vous savez, c'est pour moi une satisfaction de pouvoir le redire avec le sentiment de la plus profonde gratitude, que après huit jours de traitement, non seulement vous m'avez débarrassée de mes crampes nerveuses, mais de plus, vous avez eu l'influence la plus heureuse sur ma disposition d'esprit, au point que moi-même, de même que les personnes qui m'avaient connue avant votre traitement, j'en suis tout étonnée. »

Après la première séance, il y eut déjà une grande amélioration ; le tic du front avait presque disparu, celui de la

bouche ne disparut qu'après quatre ou cinq séances. Après la septième, ia guérison était parfaite.

Observation XXXII. — Symptômes de névrite cubitale hystérique avec impotence fonctionnelle de la main droite. — Guérison rapide et raccourcissement de la période menstruelle par suggestion.

Mme Camille G. . ., âgée de vingt-cinq ans, couturière, vient me consulter le 18 juillet 1890, pour des troubles nerveux dans l'avant-bras et la main droite. Veuve, mère d'un enfant de huit ans, elle a eu à l'âge de quinze ans un rhumatisme articulaire localisé au poignet et au coude droit qui a nécessité l'application d'un appareil plâtré pendant six semaines. Pendant trois ans ce rhumatisme a récidivé tous les ans à la même époque, durant chaque fois de six semaines à deux mois. Depuis son accouchement, elle n'en a plus eu. Après celui ci, elle eut des pertes pendant trois jours, devint anémique, put cependant nourrir son enfant; elle prit deux fois par semaine un grand verre de sang de bœuf.

Il y a cinq ans, elle alla habiter Paris ; là elle devint anémique et impressionnable, ayant des secousses musculaires au moindre bruit et des crises de sommeil hystérique avec contracture durant de dix minutes à deux heures, avec oppression> et strangulation. Ces crises furent très fréquentes pendant huit mois. Elle consulta Charcot, prit de la valériane, du bromure et des douches.

Elle revint habiter la campagne à Pont-Saint-Vincent; il ne lui resta depuis que de limpressionnabilité sans crises. Il y a un an, les règles devinrent très abondantes, durant quinze jours, pendant six mois. Depuis elles sont encore abondantes, mais ne durent que sept à huit jours.

11 y a trois mois, elle ressentit sans cause une sensation de faiblesse dans la moitié interne de la main droite. Depuis trois semaines, elle accuse de plus des douleurs comme rhumatismales limitées aux doigts annulaire et petit doigt, avec sensation de fatigue dans tout le bras.

Depuis trois mois, elle se fatiguait vite en travaillant. Depuis trois semaines, elle ne peut plus se servir de la main.

Constitution bonne, tempérament nerveux. On ne constate aucune altération organique. L'avant-bras ne peut s'étendre complètement sur le bras, il est resté un peu d'ankylose, à la

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suite de l'arthrite traitée par l'appareil inamovible. La main droite exécute tous les mouvements, mais au dynamomètre, elle ne peut serrer que jusqu'à 12. La moitié interne de l'avantbras et les deux doigts sont très sensibles à la pression ; c'est une sensation de fatigue douloureuse.

Je propose à la malade de l'hypnotiser. Elle dit qu'on a essayé plusieurs fois à Paris sans succès. J'arrive rapidement par suggestion à produire le sommeil avec catalepsie, contracture et anesthésie. Je suggère la disparition des douleurs et l'augmentation de la force musculaire. Au réveil, la main donne 14 au dynamomètre. Elle se souvient de tout et croit n'avoir pas dormi. Je l'endors une seconde fois, et cette fois-ci en sommeil profond avec hallucinabilité hypnotique et posthypnotique; amnésie au réveil. Le dynamomètre donne 19.

19. — La malade dit ne pas sentir les dernières phalanges de l'annulaire et du petit doigt; je constate, en effet, qu'il y a là de l'anesthésie avec analgésie. Par suggestion je restaure la sensibilité complètement, et la sensation de fourmillements que la malade accusait a disparu. — La force musculaire est à 24.

20. — Persistance de la sensibilité. La malade peut se servir de la main ; elle n'y ressent plus que de la fatigue. Une nouvelle suggestion élève la force dynamométrique à 30.

21. — Après suggestion, le dynamomètre donne 33 à droite, 43 à gauche.

22. — La malade a pu travailler hier l'après-midi sans fatigue. Elle a une certaine toux nerveuse. Après suggestion, le dynamomètre donne 36 à droite, 42 à gauche.

24. — A été très bien avant-hier et hier. Plus de toux nerveuse. Hier soir à 9 heures, elle a senti des fourmillements dans tout l'avant-bras, du coude jusqu'au bout des doigts, avec douleur lancinante; ces symptômes ont duré jusqu'à minuit.

Le dynamomètre donne 27 à droite avant la suggestion ; 36 après.

29. — La malade est revenue à la consultation le 24 et le 29, conformément à la suggestion faite pendant le sommeil. Elle va tout à fait bien, a pu coudre et travailler toute la journée sans aucune fatigue ni douleur. Le dynamomètre donne 40 à droite avant la suggestion, 48 après. Elle est tout à fait guérie.

Ajoutons que le 18, jour de son arrivée, la malade était au second jour de son époque qui durait d'habitude de sept à

huit jours : je lui suggérai que l'époque ne durerait que quatre jours et qu'elle serait très peu abondante. La suggestion a été efficace.

Le 21 au matin, la malade ne perdait presque plus rien.

Cette malade était très hypnotisable. A Paris on avait essayé de l'hypnotiser il y a quelques années sans succès. On avait procédé par fixation du regard et non par suggestion vocale. L'émotion qu'on produisait chez la malade l'empêchait de se laisser aller. A notre première tentative, la malade ressentit aussi cette émotion et aurait eu facilement une crise hystériforme qui préludait par quelques secousses musculaires, si nous n'avions pas arrêté ces symptômes émotifs par une suggestion douce et calmante. Dès la première séance, nous pûmes lui donner une hallucination post-hypnotique. Nous lui avions suggéré une rose à son corsage. Au réveil elle ne dit rien ; son attention ne s'étant pas portée sur le corsage. Mais quand elle revint le lendemain, elle me pria de ne plus lui suggérer d'hallucination ; car rentrée chez elle, elle fut en butte aux plaisanteries de son entourage, lorsqu'elle montra la rose que personne ne vit qu'elle. — La guérison s'est maintenue.

Observation XXXIÏI. — Vomissements nerveux incoercibles depuis dix mois. — Depuis trois mois, ne conserve que Veau et le sucre. — Cessation des vomissements par suggestion hypnotique en sept jours.

Sidonie B..., âgée de seize ans, entre, à l'hôpital le 2 février 1889, pour des vomissements nerveux. Il y a onze mois, la malade contracta une angine simple qui dura quinze jours. — Cinq à six semaines après, elle commença à vomir tous les aliments ingérés ; le lait seul était conservé au début. Depuis trois à quatre mois, le lait aussi était vomi. Et depuis, elle ne conserve que l'eau de seltz, l'eau sucrée, le sucre et les bonbons. Elle vomit la pâtisserie et tous les aliments ingérés, presque immédiatement après leur ingestion; elle vomit les potions et les médicaments. Elle n'a pas de vomissements bi-

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