OBSERVATION D'INVERSION SEXUELLE
c'est une obsession continue qui le mine. Tous les traitements ont échoué; tous les essais tentés ont été infructueux.
Je l'hypnotise le 24 mai et les jours suivants. Le premier jour, il tombe facilement en sommeil avec catalepsie et automatisme rotatoire, souvenir conservé au réveil. Dès la troisième séance, il tombe en sommeil profond avec amnésie. Je suggère des érections pour sa femme, et la disparition complète du goût anormal; je répète tous les jours cette suggestion, avec insistance. Je précise après quelques jours et j'affirme que le 3 juin, il aura dans la nuit une érection spontanée avec désir ardent qui recevra ample satisfaction. Dans la nuit du 3, il a en effet une érection, mais qui ne persiste pas assez longtemps pour permettre le rapprochement.
Je continue la suggestion hypnotique pendant quelques jours et je provoque une nouvelle tentative pour le 8. L'érection a lieu; elle est un peu plus prolongée, mais ne se soutient pas encore assez longtemps. Cependant il commence à être convaincu qu'il arrivera à son but.
Je précise de nouveau pour le 13 juin. Cette nuit en effet il réussit pleinement. Il dit qu'il a accompli l'acte conjugal facilement avec plaisir; mais sans attraction irrésistible. Le goût pour les hommes diminue, sans être éteint absolument.
Il est très heureux d'avoir réussi. Le 16, il n'a pas renouvelé l'essai, malgré la suggestion donnée. Il dit qu'il est comme un homme saturé, n'ayant plus aucun goût ni pour le sexe masculin ni pt)ur le sexe féminin. Je lui suggère d'avoir des rapports avec sa femme dans la nuit suivante.
Le 17, il me dit avoir réussi dans la nuit, il s'est réveillé avec une érection, sans savoir qu'elle eût été suggérée, et a vu sa femme avec plaisir. Actuellement il sent pour le sexe masculin une indifférence complète; il ne sait pas cependant si une occasion se présentant, il résisterait.
Je suggère un goût de plus en plus marqué pour sa femme, une nouvelle cohabitation dans la nuit du 19 au 20. La suggestion réussit à merveille ; il dit que le goût contre nature a disparu complètement.
Il reste encore huit jours à Nancy ; voit sa femme deux fois dans ce laps de temps, toujours avec plus d'ardeur. Il se sent tout autre, ne comprend plus qu'il ait pu avoir des goûts dépravés; et j'apprends plus tard qu'un héritier est venu.
Dans cette observation l'inaptitude à remplir l'acte phy-
siologique résultait d'un instinct contraire. L'acte conjugal était pour le mari une corvée qu'il voulait remplir comme un devoir pénible contre l'accomplissement duquel ses goûts dépravés faisaient inhibition. La suggestion a pu vaincre cette inhibition. Je ne voudrais pas affirmer la guérison morale.