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IDEE DEVENUE MOUVEMENT

celui-ci ne lit pas dans l'esprit du sujet ; il la saisit dans ses mains, dans ses gestes, dans sa physionomie, dans ses mouvements; l'opérateur exercé et sagace suit les indications que la personne sensible lui donne. Il lui dit le nom auquel elle pense, en lui faisant toucher successivement toutes les lettres de l'alphabet. Au moment où la main touche chaque lettre du mot, un mouvement musculaire se produit, qui est saisi par le liseur de pensées. Il devfne le nombre auquel elle pense, en lui tenant la main armée d'un crayon et l'invitant à penser fortement. La main actionnée par l'idée écrit spontanément à l'insu du sujet le nombre pensé et l'opérateur ne fait que suivre le mouvement. Il trouve un objet caché ou exécute un acte conçu et voulu par le sujet, en lui prenant la main, la dirigeant dans diverses directions, en suivant celle vers laquelle la main tend, en laissant le sujet marcher devant lui du côté où son idée le pousse; car, l'influence de ridée sur un sujet impressionnable et qui ne résiste pas est telle que tôt ou tard d'une manière tout à fait involontaire et inconsciente, il est conduit au but. Sa résistance même est souvent paralysée par l'opérateur habile qui, par des injonctions répétées, l'oblige à fixer son attention sur le but et à l'y conduire, après quelques tâtonnements plus ou moins longs.

Chevreuil, dans son ouvrage sur la baguette divinatoire, le pendule explorateur et les tables tournantes (Paris, 1854 a montré qu'une action musculaire peut se développer en nous, sans que la volonté intervienne. Les personnes qui sont assises autour d'une table pour la faire tourner n'ont pas l'intention d'exercer sur elle une pression suffisante pour la faire mouvoir. Mais cette pression est involontaire et inconsciente ; car les mains, les doigts obéissent à la préoccupation de l'esprit ; les pressions s'ajoutent et le premier mouvement imprimé, la vue de la table tournante, contribuent à suggérer l'idée du mouvement et à mettre en

branle les mains inconscientes des opérateurs suggestionnés.

« L'éducation et l'habitude, dit Alfred Maury, peuvent associera la pensée des mouvements qui les représentent et que nous accomplissons presque sans nous en apercevoir. Le musicien qui improvise sur un piano un motif de sa composition ne voit et ne connaît en quelque sorte aucun des mouvements que ses doigts doivent accomplir sur le clavier pour donner les notes que son esprit appelle. La pensée musicale se traduit immédiatement par le mouvement des doigts que l'éducation et l'habitude nous ont appris être nécessaires pour produire les sons imaginés. Nous agissons de même quand nous parlons. Nous ne savons point alors quel mouvement notre langue, nos dents, notre palais, notre gosier, accomplissent pour l'émission des différents sons qui traduisent notre pensée, nous ne savons que la pensée même, et si nous ne nous observons pas, c'est à peine si nous nous entendons parler. » (A. Maury, Le Sommeil et les Rêves, Paris, 1878.)

4° L'idée devient émotion. — La sensibilité morale vibre à l'unisson de l'idée. Suivez la physionomie d'un lecteur qui lit un drame passionnel accidenté et vous verrez sa physionomie refléter successivement tous les mouvements d'âme, gaîté, tristesse, colère, frayeur, dégoût, que la lecture évoquera et que ces émotions diverses, actionnées par l'idée traduiront à leur tour sur les muscles de la face.

Certaines personnes sensibles s'assimilent, pour ainsi dire, les souffrances et les joies dont elles sont témoins, elles rient et pleurent avec leur entourage. Le rire est contagieux ; la tristesse aussi se gagne. Même le spectacle des misères morales imaginaires au théâtre gagne nos âmes et nous inonde d'une irrésistible pitié ; le peuple enfant pleure et nous faisons inhibition pour ne pas pleurer.

Dans les exemples qui précèdent, l'idée devient acte

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