NEURASTHENIE APRÈS TUBERCULOSE GUERIE
pointe du cœur bat normalement. Respiration nette en avant. En arrière, le son paraît plus ample dans la fosse sus-épineuse droite que dans la gauche ; il est moins ample dans les fosses sous-épineuses, normal au-dessous. La respiration est nette partout. Au sixième espace intercostal droit dans l'aisselle, la pression détermine une douleur très vive, et la marche un point douloureux. Depuis un an, le malade n'a pas d'appétit et a de l'insomnie sans cause.
En touchant l'épigastre au-dessous de l'appendice xiphoïde et disant au malade : « Ici vous avez mal », il accuse en effet une douleur circonscrite très vive. Je dis alors : « Il doit y avoir une douleur vis-à-vis à la même hauteur au milieu du dos. » Explorant alors les apophyses épineuses, lorsque j'arrive sur le point correspondant, il accuse une sensibilité très vive.
Le 18 juin, j'endors facilement le malade en sommeil profond avec amnésie rétroactive au réveil et je suggère la disparition de la 'douleur, l'appétit, le sommeil, la respiration facile. Au réveil, la sensibilité du sixième espace intercostal a disparu.
19. — Le malade s'est trouvé un peu mieux ; il a dormi trois heures la nuit. Respiration 44. Plus de douleur intercostale. Nouvelle suggestion : au réveil dit aller un peu mieux, mais il n'a pas encore d'appétit. Je l'endors de nouveau. Au réveil, il dit aller bien mieux et avoir de l'appétit. Je lui prescris une potion suggestive (1 gramme eau de laurier-cerise) et lui affirme que la moitié de la potion l'endormira; s'il se réveille dans la nuit, il prendra l'autre moitié qui le rendormira jusqu'au matin.
20. — Le malade s'est endormi à 10 heures après avoir pris moitié de la potion, s'est réveillé à 1 heure du matin ; a pris l'autre moitié et s'est rendormi jusqu'à quatre heures et demie. L'appétit revient peu à peu, dit-il. La respiration est à 24 par minute. — Suggestion.
21. — Va assez bien; l'appétit est bon. S'est endormi de onze heures du soir à cinq heures du matin sans se réveiller. L'oreille gauche suppure un peu, le tympan est perforé. Depuis huit ans, l'oreille coule de temps en temps. La respiration est bonne ; plus de sensibilité à l'aisselle droite. — Suggestion.
Le malade continue à bien aller, sans nouvelle suggestion. Le 26, il se sentait assez bien, l'appétit et le sommeil étant revenus, pour demander sa sortie.
En résumé, voici un jeune homme qui, il y a deux ans, a eu quelques symptômes thoraciques. On a diagnostiqué une tuberculose qui l'a fait réformer du service militaire. Cette tuberculose paraît avoir été une simple poussée qui a guéri sans laisser de traces notables à ^auscultation ; il n'y a plus ni toux, ni expectoration. Mais le malade, frappé sans doute de l'idée qu'il était tuberculeux, a continué à sentir une douleur au sixième espace intercostal droit ; il a continué à sentir une oppression purement subjective : il n'a pu reprendre son travail; l'appétit et le sommeil l'ont quitté. Sa face a pris une expression de concentration triste.
L'impressionnabilité nerveuse est démontrée d'ailleurs par la facilité avec laquelle j'ai produit les points xiphoïdien et rachiclien, par la facilité avec laquelle j'ai provoqué le sommeil de la nuit par une simple potion suggestive.
La suggestion a en deux ou trois séances enlevé le point douloureux, restauré l'appétit et le sommeil, rétabli la santé morale et physique.
Si de nouvelles impressions spontanées ou provoquées devaient ramener les troubles fonctionnels, la suggestion continuée ou répétée les enlèverait certes rapidement.
Observation LXVI. — Saturnisme. — Douleurs vives dans l'abdomen, dans les deux pieds et les jambes, douleurs de tête, depuis trois semaines. — Guérison en huit jours par suggestion hypnotique.
B... (Charles), âgé de quarante-cinq ans, peintre en bâtiment, entre à l'hôpital le 13 juin 1889, pour des accidents saturnins. Il est malade depuis trois semaines et couché depuis quinze jours. L'affection aurait commencé par des sensations de brûlure dans les deux pieds, comme si on les lui brûlait sur un réchaud ardent, douleur continue qui l'obligeait, au bout de deux ou trois jours, à interrompre son travail. Dès la première journée, la douleur se propagea aux jambes, toujours plus vive,
NEURASTHENIE SATURNINE 543
l'empêchant de travailler et de dormir. Il y a trois jours, douleur dans les aines, s'irradiant dans les flancs et l'épigastre, s'ajoutant à des sensations de coliques existant depuis trois jours. Ces douleurs ne sont pas continues, mais provoquées par les mouvements ; elles disparaissent par le repos ; quand il se retourne dans son lit, elles le prennent et durent quelques minutes. Il n'a eu que trois selles depuis le début de la maladie. Le 7 juin, à 2 heures du matin, attaque épileptiforme avec contracture, convulsions, écume à la bouche et coma pendant trois quarts d'heure. Le 9 juin, deux autres attaques épileptiformes à 3 heures et à 5 heures du soir ; il n'en avait jamais eu auparavant. Depuis il ne sent qu'une certaine fatigue, non douloureuse dans lesjointures.
Depuis cinq ou six ans, il avait une céphalalgie frontale et syncipitale pas très intense, l'empêchant cependant de dormir, céphalalgie s'exaspérant tous les trois mois environ cinq ou six jours. Actuellement, elle est plus forte depuis trois à quatre jours, s'irradiant vers les tempes. — Le malade, depuis le début, a peu d'appétit; pas de renvois ni de nausées; pas de battements de cœur ni d'oppression. — Il a déjà eu, il y a deux ans et demi, des coliques de plomb avec constipation, très fortes pendant cinq semaines; depuis il n'avait plus eu d'accidents. Depuis le 26 avril, il travaillait plus que d'habitude, de 4 heures du matin à 7 heures du soir.
Etat actuel. — Constitution primitive bonne. Tempérament mixte. Apyrexie. Langue peu chargée ; liséré saturnin net. Aucun trouble dans les membres supérieurs. Hyperesthésie dans le quart inférieur des- deux jambes et des pieds; sensation de picotement douloureux sans fourmillements; attouchement douloureux; mouvements libres. — Coliques intenses, sans constipation notable. Sensibilité douloureuse sur la partie inférieure du thorax à partir du huitième espace et dans toute la région abdominale ; la pression profonde de cette région est douloureuse. Douleurs intenses frontale et temporale. Anorexie. Gonflement des parotides. Fonctions respiratoire et cardiaque normales.
Suggestion le 14 juin : sommeil profond.
15. — Après la suggestion, la douleur de tête avait disparu, de 11 heures du matin jusqu'à 3 heures. Elle est revenue moins intense de 5 heures à 7 heures ; puis le malade s'est endormi avec 40 grammes de sirop de chloral. Dans la journée, les coliques ont été moindres; ce matin, elles sont continues. Le
malade a voulu se lever hier matin, mais était comme ivre. Depuis la suggestion d'hier, aussitôt après son réveil, Vhyperesthésie des membres inférieurs avec les picotements douloureux avait disparu. On peut aujourd'hui les presser sans déterminer aucune douleur, tandis qu'avant la suggestion, on ne pouvait les toucher; il n'accuse plus que de la lourdeur. — Suggestion.
17. — A été tranquille hier dans la journée après la suggestion. Vers 6 heures du soir, il a eu de nouveau une sensation de brûlure dans les pieds : il ne s'est endormi, malgré le chloral, qu'à 4 heures du matin. Dans la journée, il n'a pas eu de douleur de ventre, mais dans la nuit, il a eu de fortes coliques; il a eu une selle avant-hier. Il accuse aussi des maux de tête depuis hier soir. — Suggestion
Le chloral est supprimé et remplacé par une potion suggestive (dix gouttes d'aconit).
18. — Les douleurs ne sont pas revenues, elles ont disparu depuis la suggestion d'hier. Il n'a dormi que vers trois heures du matin, malgré la potion. Quand il marche, il accuse des vertiges et de la lourdeur dans les jambes.
19. — 11 n'a plus de douleurs. Après la suggestion, il marche mieux. N'a pu dormir jusqu'à 4 heures du matin. — Suggestion.
20. — Il a pu descendre hier l'escalier avec une certaine difficulté ; n'a plus aucune douleur dans les pieds et les jambes; plus de coliques ni de sensibilité abdominale. Marche assez bien, lentement, sans vertige, avec une sensation de lourdeur et de raideur surtout dans la jambe gauche ; quand il tourne ou se remet en marche après un arrêt, il trébuche. — Suggestion.
21. — H marche mieux ; a moins de vertige quand il marche; mais les jambes sont encore lourdes étendent facilement après la marche. Une selle hier. A mangé hier d'assez bon appétit. Pour la première fois, le malade a obéi à la suggestion du sommeil et dormi depuis onze heures du soir jusqu'au matin, comme cela avait été suggéré.
22. — Il n'a pas dormi la nuit. 11 est vrai que pendant le sommeil provoqué, nous lui avions demandé s'il dormirait, il avait répondu non ; et nous n'avons pu enlever cette autosuggestion. D'ailleurs, plus aucune douleur. Je lui fais dire pendant son sommeil qu'il dormira cette nuit.
24. — Le malade a bien dormi ces deux nuits. Il n'accuse plus aucune douleur, ni coliques. Il marche bien, sans canne, et se considérant comme guéri, demande sa sortie.
DOULEURS GRIPPALES 545
C'est un saturnin affecté de symptômes nerveux : des attaques épileptiformes intercurrentes accusent une encéphalopathie saturnine.
La douleur abdominale, sans coliques, sans constipation, la sensibilité douloureuse thoracique, la céphalalgie persistante, Thyperesthésie du tiers inférieur des jambes, la sensation de brûlure m'ont paru constituer des symptômes de névropatliie saturnine, sans lésion organique notable. La suggestion en effet a pu enlever instantanément les manifestations douloureuses et amener en quelques jours une guérison complète.
Observation LXVIÏ. — Douleurs de tête, de Vaisselle et des reins suite de l'influenza, enlevées par une seule suggestion.
G..., âgé de trente-huit ans. journalier, entre à l'hôpital le 7 janvier pour une influenza. Le 6, elle a débuté par de la céphalalgie frontale, des douleurs orbitaires gauches, lancinantes, des fourmillements avec élancements douloureux dans les deux jambes, des tiraillements douloureux dans les reins et dans les poignets ; il a eu des frissons et des bourdonnements d'oreille. Il n'a pas eu de maladies antérieures. La température est à 38° le soir, et à 37 le matin.
Constitution bonne, tempérament mixte. On ne constate aucune altération dans les organes, si ce n'est quelques râles secs dans la poitrine. Le 10 janvier, il prend 1 gramme de phénacétine.
Le 11, il n'accuse plus de douleurs dans les jambes et dans les poignets, mais une sensibilité douloureuse sur les paupières supérieures et une sensation de barre sur le front. Dans la moitié inférieure du bord postérieur de l'aisselle gauche et dans les reins. Il accuse encore des tiraillements douloureux. La température, encore à 38° la veille au soir, est à 37° le matin. J'endors le malade en sommeil profond avec amnésie au réveil et je suggère la disparition des douleurs.
Au réveil, il n'a plus de douleur ni de sensation de barre sur le front et les paupières ; les tiraillements douloureux de Vaisselle et des reins ont disparu. Le soir, la température est encore à 38° • le 4 2, au matin, elle est normale. 11 n'a plus aucune sensation douloureuse et demande sa sortie.
Bern-he^m. — Hypnotisme ïe édit. 35
Observation LXVIII. — Céphalalgie et douleur épigastrique consécutives à Vinfluenza. — Guérison rapide par suggestion.
M..., âgé de quarante-neuf ans, journalier, entre à l'hôpital le 9 mars pour des douleurs épigastriques. Depuis huit ans, il a un peu d'oppression. Vers le 1er janvier, il contracta l'influenza, caractérisée par de la céphalalgie frontale, avec élancements vers la région temporale droite. Ces douleurs ont persisté depuis ; mais depuis dix jours, elles ne viennent que la nuit ; les élancements se répètent souvent et durent environ un quart d'heure. En même temps que ce mal de tète, douleur épigastrique continue, qui a augmenté ces dix derniers jours et l'a obligé de garder le lit ; douleur çonstrictive, comme si on l'avait coupé en deux, dit-il. Il y a un mois, la digestion qui se faisait bien était devenue mauvaise ; le bouillon ne passait pas, il avait des renvois. Cela dura plusieurs jours. Depuis deux jours, il digère de nouveau mal et a des vomissements. U n'a plus travaillé depuis le 1er janvier. Dans le courant de février, il a cherché du bois dans la forêt, mais a pris froid et a de nouveau dû garder le lit.
A son entrée, le 9 mars, on constate : constitution débilitée ; apyrexie. Bronchite chronique avec un certain degré d'emphysème. La céphalalgie n'existe que la nuit. La malade n'accuse qu'une vive douleur à l'épigastre.
La suggestion (sommeil profond) faite le 9 juin, diminue beau . coup cette douleur.
La seconde séance, le 11 mars, V enlève complètement. Elle revient dans l'après-midi. 11 a dormi très peu ces deux nuits, bien que la céphalalgie ait disparu. Troisième suggestion le 11 .
12 mars. — La douleur supprimée hier est devenue très atténuée. Il ne vomit plus, n'a plus de renvois. Il dort la nuit. — Quatrième suggestion.
La douleur ne se reproduit pas; la digestion est bonne; le sommeil est bon; le malade, guéri, sort le 15 mars.
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OBSERVATIONS DE NEVRALGIES
Observation LXIX. — Zona intercostal douloureux. — Névralgie faciale depuis trois semaines. — Effet instantané de la suggestion. — Guérison en treize jours*
F... (Eugène), couvreur, âgé de vingt-quatre ans, entre à l'hôpital le 30 janvier 1890 pour un zona. Soldat au Tonkin, libéré en 1888, il y contracta les fièvres intermittentes à plusieurs reprises pendant les vingt-huit mois qu'il y passa. Depuis son retour, il a eu un seul accès, il y a cinq mois.
Il y a six jours, a ressenti une douleur dans la région dorsale droite inférieure; il continua à travailler jusqu'à avanthier, jour où la douleur l'empêche de continuer. Depuis trois jours une éruption de boutons s'est faite au siège de la douleur. C'est une sensation de constriction continue qui augmente par moments et s'accompagne de brûlure.
Etat actuel. — Constitution assez bonne, un peu affaiblie ; tempérament un peu lymphatique. Apyrexie. Au cinquième espace intercostal droit, vésicules d'herpès disséminées en demiceinture s'arrêtant en avant au bord du sternum; un groupe confluent large de 5 centimètres, haut, de 3, correspond à la ligne mamillaire gauche; rien à l'aisselle. Sur le dos vésicules confluentes, quelques-unes couvertes de croûtes, correspondant aux septième, huitième, neuvième et dixième espace. Douleur spontanée et surtout à la pression, en arrière du septième au onzième espace intercostal, en avant à partir du cinquième espace. La douleur est accompagnée parfois d'élancements. Le malade a peu dormi la nuit. — Les fonctions digestives, cardiaque, respiratoire sont normales.
Suggestion : sommeil profond avec amnésie au réveil. Wa plus aucune douleur au réveil.
31 janvier. — La douleur n'a pas été ressentie pendant la journée et la nuit jusqu'à deux heures du matin et le malade a bien dormi jusque-là.
A deux heures, les élancements ont recommencé ; ils étaient moins forts qu'hier. Actuellement il ressent encore un endolorissement dans la région et le pression détermine de la dou-
leur en avant, du quatrième espace jusqu'au rebord costal. — Suggestion.
1er février. — La douleur disparue par suggestion est revenue dans la journée moins forte que la veille. Il a eu dans la nuit quelques élancements avec crampes dans la jambe droite. La sensibilité intercostale existe : elle est moins intense. — Suggestion.
2 février. — À eu six selles diarrhéiques avec coliques. Les douleurs ont presque disparu. On ne constate que de la sensibilité à la pression au niveau du zona (potion avec 5 centigrammes extrait thébaïque et 4 grammes extrait de rantahia).
3. — A eu quatre selles diarrhéiques. N'accuse plus qu'un léger point à la partie postérieure. Suppression de la potion. Régime : lait, riz, œufs. — Suggestion.
4. — Le malade n'a eu aucune douleur dans la journée, mais elle est revenue le soir. Il nous apprend aujourd'hui seulement qu'il a depuis trois semaines des douleurs dans le côté gauche de la face qui le prennent tous les soirs et durent quelques heures. Avant ces trois semaines, il avait eu une névralgie faciale droite qui avait duré six semaines, accompagnant une fluxion. — Cette nuit, il a dormi de 1 1 heures du soir à 2 heures ; à ce moment, il fut réveillé par des tiraillements douloureux, vers l'aisselle et le dos du côté droit. Vers 5 heures, ils se sont calmés, mais existent toujours. En même temps, à 2 heures du matin, il avait une crampe dans la cuisse et la jambe droite qui a duré une demi-heure. Il a eu ce matin trois selles diarrhéiques. — Suggestion.
5. — La douleur intercostale disparue par suggestion hier matin est revenue dans la soirée. Il a peu dormi à cause des douleurs. La névralgie faciale a commencé vers 8 heures du soir. Je prescris une potion suggestive (20 gouttes d'alcoolature d'aconit) que le malade devra prendre le soir au moment du réveil des douleurs et qui l'endormira.
6. — Le malade a pris sa potion à 7 heures du soir et s'est endormi au bout d'une demi-heure, jusqu'à une heure et demie du matin. Il a été réveillé par des élancements dans l'oreille. Dans la journée, il n'avait senti des douleurs au côté qu'à 4 heures du soir. Elles existaient encore à 7 heures du soir, quand il prit sa potion. A son réveil, il les sentait encore, mais peu intenses. A la pression, sensibilité dans les six derniers espaces. — Je prescris de prendre la potion suggestive que je dis être deux fois plus forte en deux fois ; la première moitié
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au moment où les douleurs commenceront; la seconde à son réveil. — Suggestion : au réveil plus de douleur ni de sensibilité à la pression.
7. — N'a pas senti de douleur névralgique faciale dans la journée ; elle est venue à 4 heures et a persisté. A 8 heures du soir, il a pris la moitié de la potion et s'est endormi presque immédiatement. A 1 heure, il s'est réveillé, sans avoir mal; a pris la deuxième moitié de la potion, qui l'a rendormi jusqu'à 5 heures du matin. Il dit avoir eu des rêves et un peu d'agitation pendant la nuit, rêves de batailles, auxquels il est sujet depuis longtemps. Ce matin, sensation de légers élancements dans la région du zona. — Suggestion.
8. — Il était bien pendant la journée. A 7 heures du soir, les picotements commencèrent; il prit la moitié de la potion, dormit, se réveilla à minuit, sans douleur, prit la seconde moitié et se rendormit jusqu'à 6 heures du matin. Actuellement, sent encore un point au niveau du zona. — Suggestion : au réveil plus rien. Continuation de la potion.
9. — Il a encore eu quelques douleurs dans l'oreille. Il dort, grâce à la potion.
11. — Il n'a plus eu mal du tout hier; il s'est endormi à huit heures, a dormi jusqu'à une heure et demie du matin ; réveillé sans douleur, il a pris la seconde moitié à deux heures et demie et s'est rendormi à trois heures jusqu'au matin. Le malade se sent très bien et demande à rentrer chez lui promettant de revenir à la consultation, si le mal ne cédait pas. Il n'est pas revenu.
En résumé, le malade a un zona intercostal douloureux datant de six jours. Il a, de plus, depuis trois semaines, une névralgie faciale intermittente chaque soir. Enfin des cauchemars nocturnes et une crampe intercurrente dans le membre inférieur droit accusent une diathèse nerveuse.
La suggestion enlève la douleur pour plusieurs heures. Une potion suggestive pour la nuit remplace la suggestion directe et provoque le sommeil. La guérison paraît complète en treize jours.
Observation LXX. — Sciatique gauche depuis vingt-sept jours. — Marche difficile. — Insomnie. — Suppression passagère des dou-
leurs par la suggestion. ' — Application d'un appareil à traction continue avec la suggestion pendant quatorze jours. — Guérison en quarante-quatre jours.
Charles Mathieu, âgé de cinquante-deux ans, menuisier, entre à l'hôpital le 10 janvier 1890 pour une sciatique gauche. Il y a cinq ans, il a déjà eu dans le même membre une sciatique qui a duré de six semaines à deux mois, et a guéri complètement. Le 3 janvier 1888, il a eu une douleur dans les reins qui le tint alité pendant vingt jours et s'est dissipée à la suite de frictions d'eau-de-vie camphrée. Le 15 décembre, la sciatique a commencé brusquement et sans cause connue, pendant qu'il lisait, par de la rachialgie. Au bout de quelques jours, la douleur s'est propagée progressivement à la cuisse, au mollet, au pied, mettant dix jours à s'étendre à toute la longueur du membre gauche. Depuis le 15 décembre, le malade n'a pu travailler ; il accusait des fourmillements, sans engourdissement, dans les orteils et les mollets. La douleur est continue, sous forme de picotements, avec exacerbations durant dix minutes. Ces exacerbations ont lieu surtout quand il se lève, et lui font pousser des cris. Depuis cinq à six jours le malade ne dort que une heure ou une heure et demie dans la nuit; il est éveillé surtout par la toux qu'il est obligé de retenir, à cause du retentissement douloureux qu'elle occasionne clans l'aine droite (où il a une hernie) et dans la face postérieure du membre inférieur. Depuis 1875 jusqu'en 1883, il a eu à plusieurs reprises des douleurs dans le biceps droit, revenant plusieurs fois par jour.
Etat actuel. — Constitution bonne; tempérament mixte. Apyrexie. Artères un peu athéromateuses. Les fonctions cardiaque, pulmonaire, digestive, sont normales. Hernie inguinale double.
Le malade couché lève bien la jambe gauche, mais sans dépasser une hauteur de 50 centimètres. La pression sur toute la face antérieure de la cuisse est indolore ; sur toute la face postérieure, elle, développe de la douleur : les gastro-cnémiens sont sensibles aussi à la pression. On ne constate pas de localisation douloureuse spéciale au niveau du sciatique. Le malade marche difficilement, le corps incliné sur le côté droit, les cuisses fléchies sur le bassin, les jambes fléchies sur les cuisses; il s'appuie sur le bord externe du pied. Le malade dit être sensible et impressionnable ; il a eu des con-