OBSERVATIONS DE N ER V O-ÀRTIIRITI ? M E
Observation LX. — Symptômes de coxalgie gauche pendant le cours d'une fièvre typhoïde. Hyperesthésie douloureuse de la cuisse pendant six mois. Impotence fonctionnelle du membre. Guérison par suggestion hypnotique en sept jours avec persistance d'un certain degré iïankylose.
C. N..., âgée de dix-sept ans, rempailleuse de chaises, entre dans mon service le 7 mars 1890; elle m'est adressée par mon collègue Gross qui l'avait eue pendant trois mois dans son service. Elle était entrée à l'hôpital le 6 septembre au service de M. Spillmann pour une fièvre typhoïde. En même temps que sa fièvre elle ressentait des douleurs dans la cuisse gauche allant de la hanche au genou. La fièvre guérie, elle ne put marcher qu'en s'appuyant sur une canne. On songea à une coxalgie et elle entra chez M. Gross qui lui mit un appareil à traction continue, des pointes de feu, la chloroforma.
Bien réglée d'habitude, pendant six à huit jours, elle est sujette aux maux de tète et aux crampes d'estomac; les premiers reviennent environ trois fois par semaine, les autres une fois. — Père bien portant, mère et frère atteints de bronchite; un frère paralysé des deux jambes.
État actuel. — Constitution délicate; tempérament lymphatico-nerveux. Accuse une douleur dans toute la cuisse jusqu'à la crête iliaque; cette douleur vive et aiguë à la pression n'est pas spécialement localisée ; partout où l'on touche, on détermine un point douloureux. Couchée au lit, elle lève bien la jambe, fléchit et étend les orteils, le cou-de-pied, le genou; mais ces mouvements s'accompagnent d'une sensation douloureuse à la fesse et à l'aine. Elle plie la cuisse sur le bassin, mais ne peut dépasser l'angle droit ; plus loin le bassin suit; la cuisse s'étend et se met facilement en adduction ; mais l'adduction est très limitée et ce mouvement entraîne le bassin, La malade se tient debout, le corps fortement incliné en avant, et marche très difficilement, en inclinant fortement le corps sur le côté gauche, se tenant aux chaises et boitant considérablement de la jambe gauche.
HYPERESTI1ÉSIE GREFFEE SUR COXALGIE 525
Elle est d'ailleurs suggestible; par la pression on crée facilement une douleur très vive au-dessous de l'appendice xiphoïde et une douleur correspondante à la région rachidienne; on crée aussi une ovarialgie. La malade dit avoir eu souvent pendant son enfance des douleurs dans les bras et les jambes durant cinq minutes environ. Elie n'a pas de troubles de sensibilité et les fonctions organiques s'accomplissent normalement.
Je la mets facilement en sommeil profond. Pendant le sommeil, je la fais marcher, ce qu'elle fait bien mieux, et je lui suggère que les douleurs se calment. Au réveil, elle se trouve bien.
8 mars. — La malade dit avoir eu encore mal dans la journée ; les douleurs étaienl moins fortes et elle a pu dormir mieux que de coutume. — Continuation de la suggestion tous les jours.
9. — A eu des élancements douloureux, comme d'habitude, dans la hanche et la cuisse, et de la céphalalgie; elle attend son époque mensuelle demain.
11. — L'époque est venue hier. Elle a encore eu mal à la jambe, mais trouve qu'il y a beaucoup de mieux; elle a parfaitement dormi la nuit.
La douleur diminue graduellement. A partir du 13 mars, elle n'a plus eu de douleur ; elle marche bien, sans incliner le corps, sans réveiller la douleur, et ne conserve qu'une légère claudication.
La malade est restée au service jusqu'à ce jour (20 mai) ; elle a eu une amygdalite passagère; elle n'a plus eu que quelques élancements passagers dans la cuisse et la jambe. Elle a toujours pu marcher très bien : elle va et vient, travaille à l'hôpital, sort en ville ; elle n'a plus de maux de tête, ni de crampes d'estomac, ni d'ovarialgie.
11 ne lui reste qu'une petite claudication ; la cuisse ne peut être complètement pliée sur le bassin, ni mise en abduction. Ce symptôme n'a pu être dissipé par la suggestion; il est dû à un certain degré d'ankylose osseuse ou fibreuse de l'articulation coxo-fémorale. Le 13 mai, je l'ai chloroformée en résolution complète et j'ai constaté que, malgré la résolution musculaire, cette ankylose persistait; on n'arrive pas à produire l'abduction ni la flexion complète de la cuisse.
La suggestion a donc produit tout ce qu'elle pouvait pro-
duire. Une coxalgie s'est produite pendant une fièvre typhoïde. Sur cette coxalgie qui a guéri en laissant une certaine ankylose articulaire s'est greffée une hyperesthésie douloureuse de la cuisse rendant la marche impossible. Les maux de tête fréquents, les crampes d'estomac, la facilité avec laquelle on crée chez la malade un point douloureux épigastrique et une pseudo-ovarialgie accusent d'ailleurs l'impressionnabilité nerveuse en même temps que la suggestibilité. En quelques jours, la suggestion supprime les douleurs et restaure la fonction du membre ; elle ne peut rien contre une ankylose constituée qui détermine un certain degré de claudication persistante.
Observation LXI. — Douleurs arthritiques datant de trois jours; scapulalgie avec impotence fonctionnelle du bras gauche. — Amélioration immédiate par suggestion. Guérison complète en sept jours.
Raymond L..., âgé de trente-cinq ans, employé de commerce, entre à l'hôpital le 26 février 1890 pour des douleurs rhumatismales. Déjà il y a deux ans et demi, le malade a été au service pendant trois mois pour un rhumatisme articulaire aigu ; il a eu toujours depuis quelques douleurs dans les genoux qui ne Pont pas empêché de travailler.
Il y a trois jours, étant couché, il a senti une douleur dans a nuque. Depuis cette douleur reviendrait tous les soirs à 9 heures, aussitôt qu'il se met au lit, comme une sensation de torticolis qu'il attribue à la fraîcheur du lit. Le 24 au matin, il ne put remuer le bras gauche, à cause d'une douleur dans' l'épaule, douleur partant de l'articulation acromio-claviculaire et se propageant jusqu'au poignet, sans fourmillements ni engourdissements. Il resta couché ce jour; dans la journée il ressentit en outre des élancements dans l'articulation métarsophalangienne du gros orteil gauche ; sensation de coup de couteau. De plus, sensation de piqûre dans le cou-de-pied, revenant deux à trois fois par jour, durant une heure chaque fois.
Depuis deux jours, il accuse en outre des points douloureux à l'épaule et au coude droits et des fourmillements dans la main droite.
MONOPLEGIE BRACHIALE DOULOUREUSE 527
Le malade est resté couché, mais peut marcher. A eu Finfluenza il y a deux mois, caractérisé seulement par une faiblesse générale.
État actuel. — Constitution bonne; le malade est assez gros, joufflu; tempérament lymphatico-nerveux. Température normale, pouls régulier égal. Expectoration séro-spumeuse avec quelques crachats visqueux. — L'avant-bras gauche est libre; mais le malade ne peut lever le bras ; il dit avoir la sensation d'une courroie qui retiendrait le membre et accuse une douleur assez vive vers l'empreinte deltoïdienne. A la pression point douloureux fixe en dedans de la tête numérale et douleur diffuse mal délimitée autour de l'articulation. Si on cherche à éloigner le bras du corps, le malade accuse une douleur vive qui s'irradie dans tout le membre. Les autres membres et articulations sont indemnes actuellement. Il accuse une sensation de froid aux pieds et aux genoux.
A l'examen de la poitrine, quelques rhonchus et sibilances disséminés, quelques râles sous-crépitants fins dans les bases. Le cœur est normal. Urines très chargées, densité 1,030 (nervoarthritisme, diathèse urique).
27 février. — Suggestion : sommeil au second degré. Je le laisse dormir une heure.
28. — Ce matin, le malade peut soulever son bras et mettre la main sur la tête; il accuse encore une douleur dans le bras. — Suggestion.
1er mars. — Il a ressenti encore un peu d'engourdissement dans le bras et un point douloureux vers la tète numérale, mais il lève le bras plus facilement. Suggestion tous les jours. Le sommeil devient plus profond avec amnésie au réveil.
3. — La douleur dans l'épaule a complètement disparu immédiatement après la suggestion d'hier et n'a pas reparu. La pression ne développe plus de point douloureux à la tète huméraie, mais un peu de sensibilité au niveau du triceps. Le malade lève le bras comme l'autre ; il accuse encore une sensation de froid dans les genoux. — Suggestion.
4. — Légère sensibilité encore vers l'épaule; la sensation du froid a disparu. — Suggestion.
5. — Le malade est guéri ; n'a plus aucune douleur. La sensation de froid dans les genoux n'a pas reparu ; il ne reste qu'une certaine gêne qu'il ne peut bien définir. Sort guéri.
Le 14 avril il vient à ma consultation. S'est bien porté jusqu'il y a quatre jours. Depuis, il accuse des sensations doulou-
reuses dans les épaules et les bras, qui ne l'empêchent pas de remuer les membres et de travailler; de plus, un certain malaise général. Après une nouvelle suggestion, il ne ressent plus de douleur. Je lui prescris un régime sévère avec des alcalins pour combattre la diathèse urique.
Le malade est revenu depuis à la consultation à plusieurs reprises pour des douleurs diverses locales ou diffuses. Une ou deux séances de suggestion suffisent invariablement à l'en débarrasser.
En résumé, un nervo-arthritique, qui a déjà eu un rhumatisme articulaire, présente une douleur dans Fépaule gauche se propageant au poignet, l'empêchant de se servir de son bras. Cettedouleur, accompagnée de quelques autres manifestations de sensibilité, telle que sensation de froid dans les genoux, disparaît rapidement par suggestion hypnotique.
Observation LXII. — Rhumatisme articulaire. — Nervo-arthritisme. — Myélite diffuse. — Contracture et analgésie. — Guérison après . trois ans par suggestion à l'état de veille.
Adèle Marchai, domestique âgée de vingt-neuf ans, entre à la clinique le 27 octobre 1887, affectée de rhumatisme articulaire. La maladie a commencé en janvier par un point de côté avec frisson pendant deux heures, suivi de chaleur et de sueurs. En même temps toux, crachats striés de sang, deux ou trois épistaxis abondants ; la toux et l'expectoration persistèrent huit jours.
Une semaine plus tard, la malade ressentit subitement des douleurs articulaires, avec rougeur et gonflement dans le genou, le pied et les orteils droits, avec fièvre intense ; ces douleurs articulaires persistèrent pendant trois semaines, puis disparurent. Trois semaines environ plus tard nouvelles douleurs très vives de l'épaule et du coude droits, suivies de dou leurs successives dans les épaules, les coudes, les poignets, les articulations métacarpo-phalangiennes, le tout pendant environ un mois.
Trois mois après ces douleurs articulaires, la malade ressentit des fourmillements dans les jambes et pouvait difficile-
ment les soulever, elle pouvait encore marcher en s'appuyant sur une chaise, mais en traînant ses jambes, particulièrement la gauche. A ce moment, elle remuait très bien ses deux bras. Au bout de deux mois, la marche devint impossible; la malade fut obligée de s'aliter. En même temps, inappétence complète avec nausées et vomissements ; la malade restait plusieurs jours sans aller à la selle. Vers cette époque, elle resta cinq jours sans pouvoir uriner; on dut la sonder.
Depuis deux mois, toux; expectoration peu abondante; il y a trois semaines, elle a eu un point de côté à l'aisselle gauche qui dura deux heures et elle aurait eu quelques crachats hémoptoïques. Depuis un mois, sueurs nocturnes assez abondantes et frissonnements le soir. Amaigrissement notable depuis trois mois.
A son entrée, on constate : constitution primitivement bonne, mais détériorée, tempérament lymphatique, face pâle. Température 37°,3 le matin ; pouls 136. La pointe du cœur bat sur la ligne mamillaire au cinquième espace, battements forts et fréquents, respiration nette et sonorité normale en avant. Sonorité faible dans les deux fosses sus-épineuses : respiration rude dans la région interscapulaire, surtout à gauche. Pas de râles. Douleurs vives à la pression des espaces intercostaux gauches,
On constate une certaine raideur dans le coude et l'épaule du côté droit. La malade ne peut fermer la main qu'à demi de ce côté; elle accuse de la douleur à la face dorsale de la main. Les mouvements de pronation et de supination se font très lentement et péniblement; les articulations ne sont pas gonflées; elle n'arrive pas à élever le bras jusqu'à l'horizontale et accuse des douleurs très vives, lorsqu'on cherche à dépasser cette limite. La malade soulève lentement et péniblement les pieds; elle ne peut remuer les orteils; tendance à la raideur dans les deux jambes, plus marquée à gauche; le pied présente de ce côté une tendance marquée vers l'équinisme. La malade ne peut marcher; elle se tient debout en se tenant avec les deux mains; la jambe gauche est raide et glisse péniblement sur le sol, que le pied gauche ne sent pas. Il y a exagération des réflexes tendineux assez prononcée des pieds et des genoux. De plus, anesthésie avec analgésie complète dans le côté droit du tronc et le membre supérieur. Anesthésie et analgésie dans la cuisse gauche, la jambe et le pied restant sensibles, sauf la plante du pied qui ne l'est pas.
Bernheim. — Hypnotisme, 2e édit. 34
Quelques jours après, on constate que la sensibilité reparaît dans l'abdomen du côté droit, à partir de deux à trois travers de doigts au-dessus de l'ombilic, mais reste abolie au-dessous de ce niveau.
La malade est suggestible ; je l'endors en sommeil profond, je restaure la sensibilité, mais Tanesthésie se reproduit en général rapidement. J'arrive aussi à diminuer la raideur et à élever le bras droit au delà de l'horizontale ; mais si je veux aller trop loin, la malade pousse des cris, témoignant une douleur vive ; je suggère en vain la disparition de cette douleur.
Je répète la suggestion pendant plusieurs jours ; puis j'y reviens à plusieurs reprises ; je la violente quelquefois en essayant d'imprimer au bras des mouvements plus étendus, malgré elle, mais je ne puis vaincre sa douleur et sa peur : elle redoute les suggestions, de crainte que je ne réveille ces douleurs en manipulant son bras. De guerre lasse, je renonce à la suggestion. On essaie divers traitements ; l'iodure : l'électrisation, les bains sulfureux, alcalins, salicylate de soude, etc., sans grand résultat.
Je ne poursuivrai pas jour par jour cette longue observation de plus de trois ans ; je vais prendre quelques points de repère dans l'observation.
Le 16 juin 1888, par exemple, je trouve noté ce qui suit. La malade plie bien la jambe droite ; le phénomène du pied est très marqué de ce côté, la trépidation réflexe provoquée continue indéfiniment ; les muscles de la jambe et de la cuisse sont très atrophiés ; la sensibilité est nette. La jambe gauche présente un pied équin assez marqué ; elle ne peut pas redresser le pied, ni fléchir les orteils ; le cou-de-pied est raide ; le genou se plie difficilement; phénomènes du pied et du genou très marqués. Anesthésie et analgésie de tout le membre.
Anesthésie du bras droit avec abolition du sens musculaire. La moindre tentative de mouvement provoque des douleurs dans les doigts, les coudes et les épaules. Elle ne peut arriver avec le bras à l'horizontale ; elle peut étendre l'avant-bras, le mettre en pronation et en supination, mais ne peut fléchir les doigts ; tous les mouvements possibles se font d'ailleurs avec lendeur et avec une certaine raideur. Douleur à la pression profonde au niveau des articulations. L'anesthésie se continue sur le thorax et le dos du côté droit jusqu'à un demitravers de doigt à droite des apophyses épineuses. La sensibilité reparaît au niveau de la huitième côte à droite.
Les signes thoraciques sont les mêmes qu'en octobre : fièvre par intervalles. T. 37° 8 ce matin ; pouls 104. T. 38° 2 le soir; pouls 112.
L'état, on le voit, est à peu près resté le môme.
Par suggestion je restaure en quarante-cinq secondes la sensibilité ; mais le lendemain l'anesthésie est reconstituée.
Le 20 juin, raideur considérable du membre supérieur droit et des deux membres inférieurs.
La malade est considérée comme atteinte de myélite rhumatismale diffuse avec sclérose des faisceaux pyramidaux ; je la crois incurable. Elle est à peu près abandonnée, après de nombreux essais de suggestion qui n'amènent pas de résultat durable.
Le 4 août 1889, mon interne désirant étudier sur elle les effets de la pyrodine, la malade est soumise à un nouvel examen, et on note ce qui suit :
Affaiblissement et amaigrissement considérable. Insomnie provoquée par des douleurs dans les pieds. Pouls 120, petit, régulier, pupilles dilatées, face effilée et souffreteuse. A l'examen de la poitrine, expiration soufflée dans les deux fosses sus-épineuses ; sonorité faible. Respiration et sonorité normale dans les autres régions.
Examen des membres. — Le membre supérieur gauche exécute tous les niouvements, n'offre ni raideur, ni paralysie, mais un tremblement à petites oscillations et une grande faiblesse musculaire ; la main ne peut faire avancer l'aiguille du dynamomètre.
Membre supérieur droit. — La malade s'assied dans son lit ; elle ne peut écarter le bras du corps qu'à angle très aigu ; et cet effort lui cause de vives douleurs dans l'épaule. Elle fléchit le bras péniblement, à peine à l'angle droit. L'avant-bras est d'habitude en pronation ; elle arrive lentement et péniblement à le mettre en demi-supination. Elle ne peut fermer la main qu'à moitié, étend les doigts lentement, en les conservant toujours légèrement incurvés vers la paume. Elle remue un peu les doigts ; tous ces mouvements se font lentement, avec tremblement. Il y a de la raideur dans tout le bras. Quand on veut imprimer des mouvements, des douleurs vives sont ressenties dans les articulations correspondantes. Les deux membres sont très maigres.
Membres inférieurs . — Ils sont amaigris tous les deux; atrophie musculaire notable. Le pied droit est équin ; le pied gauche
est équin varus. La malade soulève les deux talons jusqu'à 15 centimètres et les tient en l'air. Quelques mouvements persistent dans le cou-de-pied droit; ils sont nuls dans le gauche; la malade fléchit et étend un peu les orteils droits, mais presque pas les gauches. — Elle plie le genou droit à angle droit; le talon glissant sur le lit; elle fléchit plus péniblement et moins complètement le genou gauche; de plus, la jambe gauche est tournée en dedans. On peut fléchir et étendre les cous-de-pieds sans trop de douleur, avec une forte résistance à gauche ; de même pour les genoux où la résistance est aussi plus forte à gauche. Sensibilité à la pression dans les genoux, dans la partie inférieure des fémurs, dans le cou-de-pied. Mouvement du pied et du genou des deux côtés ; trépidation continuant indéfiniment. La malade accuse des fourmillements dans les deux membres inférieurs, souvent pendant la journée; elle accuse aussi de l'engourdissement, et des élancements douloureux dans les jambes et les pieds qui l'empêchent de dormir pendant la nuit.
La sensibilité existe sur le tronc. Anesthésie, analgésie et abolition du sens musculaire dans le membre supérieur droit à partir de l'insertion deltoïdienne. Sensibilité conservée dans le membre supérieur gauche. Anesthésie et analgésie dans le membre inférieur gauche en commençant vers le milieu de la cuisse. Sensibilité conservée dans le membre inférieur droit. Pas de doulour rachidienne. Sensibilité à la pression de la fosse sous-épineuse et du trapèze droit.
La pyrodine est employée contre des névralgies sus-orbitaires qui durent du 5 au 9 août et sont momentanément calmées par ce médicament; elles disparaissent spontanément.
Tel était encore l'élatde la malade vers le 15 novembre 1889. Depuis plus de deux ans, elle ne marchait pas du tout. Depuis un an, elle n'avait même pu être assise sur une chaise et restait alitée ; on était obligé de lui donner à manger, la malade ne pouvant se servir de son bras droit raide.
Je reviens à la suggestion ; j'hypnotise la malade, et procédant par insinuation douce, j'arrive à diminuer la raideur du bras et à l'élever presque jusqu'à la verticale ; je fais lever la malade ; elle se tient le corps courbé en deux, j'arrive aussi par suggestion à la faire tenir un peu plus droite et à la faire avancer de quelques pas, en la tenant par les deux mains.
Je continue la suggestion à l'état de veille ; le résultat immédiat est très net; mais la malade est toujours sous l'impression
des tentatives antérieures douloureuses que j'avais faites ; elle a peur que je n'aille trop loin et que je ne lui fasse mal. — L'amélioration obtenue ne me paraît pas susceptible de dépasser une certaine mesure ; après quelques jours d'essais, je ne poursuis pas, peu encouragé par les essais précédents, et n'ayant pas d'ailleurs le temps de m'occuper d'elle avecla patience que me donnerait l'espoir d'un résultat plus notable.
La sœur Catherine de mon service avait suivi d'un œil attentif mes essais ; elle avait vu que je réussissais à lever le bras de la malade jusqu'à la verticale, à lui faire mouvoir les doigts, à la faire marcher un peu. Elle eut l'idée de continuer cet entraînement suggestif; s'occupant avec persévérance de la malade, elle l'obligea à se lever, à marcher, à élever son bras tous les jours, en lui disant : « Voyons, levez votre bras, ouvrez la main. Tenez-vous debout ! Vous pouvez vous tenir. Cela va, etc. »
Au bout de trois semaines de suggestion ainsi continuée avec douceur et patience à l'état de veille, la malade arriva à se tenir debout seule, à se servir de son bras, et un beau matin je lavis venir à moi, marchant seule, lentement, appuyée sur une chaise, le corps encore fortement incliné en avant. Elle pouvait se servir de son bras droit, l'élever verticalement en l'air, fermer la main complètement sans raideur et sans douleur. La contracture avait disparu presque totalement, l'exagération des réflexes tendineux avait diminué notablement ; il n'y avait plusd'anesthésie.De plus, l'appétit était restauré; la malade qui ne mangeait plus, qui vomissait, qui avait de la fièvre et dont l'évolution tuberculeuse semblait marcher assez rapidement, mangeait avec appétit, digérait bien, dormait bien.
La guérison continua. Tous les jours un progrès ; au bout de quinze jours, la malade se tenait droite, sans tendance à se courber ; elle marchait avec un bâton ; puis seule, en tenant encore les jambes un peu raides, surtout la droite.
En janvier 1890, elle put descendre seule l'escalier, se peigner seule, raccommoder ses affaires. — La force musculaire restait encore faible. En avril, la main gauche arrivait à 10 avec le dynamomètre; mais la main droite ne pouvait encore déplacer l'aiguille. La malade exécute d'ailleurs tous les mouvements, lève le bras au-dessus de la tète, fléchit et étend les doigts, avec un léger tremblement. L'équinisme est encore assez marqué dans les deux pieds ; il est légèrement varus à gauche.
Le phénomène du genou est encore assez marqué, celui des pieds a à peu près disparu. On constate encore de la sensibilité au cou-de-pied gauche et les pieds sont enflés le soir quand la malade a marché.
14 juin. — Voilà six mois que la malade est guérie sans rechute. Elle se sent plus forte et son organisme se reconstitue. Elle n'a plus de fièvre, ne tousse plus ; et à l'auscultation on ne perçoit que de la respiration rugueuse, sans souffle, dans les fosses sus-épineuses. Quand elle marche vite, elle se plaint de manquer un peu de respiration. La main droite peut pousser l'aiguille du dynamomètre jusqu'cà 10 ; la gauche à 17 ; elle se plaint de ne pas pouvoir porter l'arrosoir longtemps de la main droite. Elle travaille et s'occupe toute la journée; le tremblement n'est plus que très peu marqué. Les deux jambes enflent encore un peu le soir, autour des chevilles, et désenflent par le séjour au lit. Elle marche très bien, sans aucun appui, monte et descend bien les escaliers, tenant la jambe gauche un peu plus raide que l'autre. Elle accuse encore surtout le soir une certaine sensibilité à la pression dans le mollet et le cou-depied gauche. Ce pied a encore une légère tendance à tomber en équinisme, mais cet équinisme est beaucoup moins marqué et la malade le redresse bien.
L'appétit est excellent. La face est colorée. Tout respire le retour de la santé,
La guérison s'est affirmée et maintenue parfaite.
En résumé, une malade à la suite de rhumatisme articulaire aigu, est prise de symptômes qu'on attribue à une myélite: fourmillement dans les jambes, paraplégie incomplète avec rigidité et exagération des réflexes tendineux plus marquée dans la jambe gauche, contracture du bras droit, anesthésie du membre supérieur droit, du membre inférieur gauche, et d'une partie du tronc du côté droit. — S'agit-il de troubles dynamiques liés au nervo-arthritisme?
S'agit-il d'une myélite diffuse rhumatismale ? L'exagération persistante des phénomènes tendineux réflexes nous a fait admettre cette dernière hypothèse. Il est possible toutefois que les troubles nervo-arthritiques soient greffés sur
une lésion médullaire ou que celle-ci curable ait laissé à sa suite des symptômes purement dynamiques, que le trouble fonctionnel ait survécu à la lésion organique.
La suggestion hynotique a produit des résultats passagers : mais n'a pu amener la guérison. Après deux ans et demi d'inffirmité douloureuse, alors que la malade, percluse dans son lit, était considérée comme incurable, que sa santé générale minée par une tuberculose commençante, par Tinappétence, la dénutrition, l'insomnie, les douleurs, déclinait rapidement, alors que la malade semblait condamnée dans un avenir prochain, la sœur du service, instruite par ce qu'elle m'avait vu faire, obtint en peu de semaines une guérison définitive.
Cette observation est pleine d'enseignement. Si je n'ai pas réussi, c'est que j'ai procédé avec trop de brusquerie, j'ai violenté la malade en voulant décontracturer trop vite pendant le sommeil hypnotique les membres raidis et douloureux. J'étais convaincu que la contracture du bras était en grande partie dynamique, que la restauration fonctionnelle pouvait s'obtenir par une action psychique. Qui trop embrasse, mal étreint ! En brusquant la malade pour obtenir un succès rapide, j'ai réveillé la douleur, et alors la peur de la douleur faisant appel à son auto-suggestion, la malade s'est raidie contre la douleur redoutée! Je n'obtenais plus rien, ma suggestion appelait la contre-suggestion.
La sœur procédant avec douceur, laissant la malade ellemême restaurer les mouvements, sans intervenir autrement que par la parole, a fait à l'état de veille ce que je n'avais pu faire pendant le sommeil.
C'est un argument en faveur de ce principe, que le mode de suggestion doit être adapté à l'individualité psychique.
Observation LXIII. — Arthrite rhumatismale blennorrhagique localisée au poignet avec hyperesthésie concomitante de tout lavant-
S36 HYPNOTISME. SUGGESTION, PSYCHOTHERAPIE
bras. — Suppression de cette hyper esthésie par la suggestion. Persistance de l'arthrite.
Marie P..., âgée de vingt-cinq ans, entre à l'hôpital le 18 avril 1890, pour un rhumatisme articulaire. Mère d'un enfant qu'elle a nourri pendant un an jusqu'à son entrée à l'hôpital.
Elle présente depuis deux jours de la rougeur avec gonflement de la main droite ; une plaque douloureuse rouge grande comme une pièce de cinq centimes au mollet droit disparaît spontanément au bout de deux jours. La partie postérieure du coude était sensible. Deux grammes d'antipyrine sont restés sans effet. La douleur de la main avec la rougeur persistait.
Le 24 avril on note : constitution moyenne, tempérament lymphatico-nerveux. Apyrexie. Gonflement notable avec coloration rosée du dos de la main droite. Sensibilité douloureuse vers l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index, du médius et du poignet. Hyperesthésie très douloureuse à la pression de tout l'avant-bras jusqu'au coude, le moindre attouchement fait pousser des cris à la malade. Céphalalgie frontale gravative intense ce matin. Les fonctions organiques sont normales.
La suggestion (sommeil profond) enlève la céphalalgie et l'hyperesthésie de l'avant-bras et de la main. Le gonflement persiste. Le 27, on ne constate plus que la sensibilité au poignet et à la main, qui a reparu la nuit. — Suggestion tous les jours.
Le 28 avril, on constate toujours la douleur localisée dans la main et le poignet ; les articulations métacarpo-phalangiennes sont aussi douloureuses à la pression. La malade a peu dormi ces deux nuits. Mais l'hyperesthésie concomitante de l'avantbras n'a pas reparu.
Je prescrivis une potion suggestive (10 gouttes d'alcoolature d'aconit) à la faveur de laquelle la malade dort bien la nuit ; elle s'est réveillée quatre fois et rendormie avec la potion.
La malade reste au service jusqu'au 25 mai : la douleur reste localisée avec gonflement considérable dans l'articulation du poignet et les articulations métacarpo-phalangiennes ; la suggestion qui a enlevé définitivement l'hyperesthésie de l'avantbras atténue pour quelque temps seulement la douleur liée à l'arthrite, mais ne la supprime pas. Il s'agit d'une arthrite blennorrhagique; la malade fait l'aveu d'une blennorrhagie.
ARTHRITE AVEC HYPERESTHES1E 537
L'affection exige un appareil plâtré et un traitement chirurgical. Nous l'envoyons au service de chirurgie.
Une arthrite rhumatismale du poignet a provoqué, comme manifestation dynamique concomitante, une hyperesthésie douloureuse de tout l'avant-bras. La suggestion a fait justice de cette névrose concomitante; elle n'a pu résoudre l'arthrite.
OBSERVATIONS DE TROUBLES NEURASTHENIQUES CONSÉCUTIFS A DES AFFECTIONS DIVERSES
Observation LXIV. — Gastro-entérite. — Crampes dans les mollets. — Etourdissements et vertiges consécutifs ; symptômes neurasthéniques. — Disparition des symptômes par suggestion.
François D..., jardinier, âgé de cinquante-cinq ans, entre à
l'hôpital le 1er 1890, pour des symptômes d'entérite avec
crampes musculaires. Il y a deux ans, il a eu la cholérine avec diarrhée, vomissements, crampes dans les mollets, et est resté un mois au service. Il avait déjà eu antérieurement des crampes dans les mollets. L'année dernière, if a fait un nouveau séjour de neuf jours au service pour de]la diarrhée avec crampes, il est resté guéri jusqu'il y a trois semaines, sauf les crampes des mollets qu'il a conservées revenant deux à trois fois par semaine, toujours la nuit quand il était couché et qu'il pliait ses jambes . Celles-ci alors devenaient raides en flexion sur les cuisses, avec mouvements fibrillaires dans les mollets. Sa femme lui faisait des frictions pour dissiper cette contracture, qui revenait quelquefois au bout d'un certain temps.
Il y a trois semaines étant au travail, il eut des éblouissements, de l'obnubilation visuelle avec sensation de faiblesse. Il dut rentrer, se coucher et, dans la nuit, il eut des coliques avec diarrhée et crampes dans les jambes qui persistèrent toute la nuit. Au bout de trois jours, la diarrhée s'arrêta par l'ingestion de laudanum à Ja dose de vingt gouttes par jour. Il y a huit jours, à minuit, il fut repris de diarrhée et resta de nouveau deux jours au lit; la diarrhée se calma. 11 y a trois
jours il reprit son travail, mais vers midi il fut repris d'éblouissements et de faiblesse, faillit se trouver mal et dans la nuit suivante retour de la diarrhée sans trop de coliques. Cette diarrhée a persisté jusque hier au soir vers neuf heures. Aussitôt qu'il est levé, les éblouissements le prennent et il tomberait.
Etat actuel. — Constitution débilitée. — Dit avoir beaucoup maigri depuis Pâques. Tempérament lymphatique. Teint terreux. Muqueuses décolorées. — Artères un peu athéromateuses. — Apyrexie.
Le malade a peu d'appétit depuis trois semaines ; des nausées qui durent une heure au moins après les repas; des renvois, des aigreurs : pas de régurgitations. Pesanteur et sensation de gonflement à la partie inférieure du sternum. Vers Pâques, il avait eu pendant un mois, une sensation de pyrosis. Les coliques ne sont pas revenues depuis dix jours. Il accuse des borborygmes, sensation de roulement d'eau dans le côté droit de l'abdomen. 11 n'a pas eu de sang dans les selles. Il n'a d'ailleurs suivi aucun régime spécial.
La respiration est normale. En ce moment, il accuse une céphalalgie gravative sus-orbitaire, non aiguë, qui ne l'empêche pas de dormir. Quand il se baisse, il a une perception « de boule » devant les yeux et tomberait. Quand il est debout, il n'a jamais cette perception. Depuis deux ans, il ressent aussi en avant de l'extrémité de la onzième côte gauche une douleur contusive.
L'estomac n'est pas dilaté. Ventre sonore. Foie normal. La région xiphoïdienne est sensible dans une étendue de trois travers de doigts en hauteur et deux en largeur.
Varicosités sur les jambes. Le malade marche très bien. Mais après quelque temps de marche, il se plaint de douleurs dans les tempes, d'obnubilation, d'une sensation de constriction qui remonte de l'occiput et entoure tout le crâne. On constate des mouvements fibrillaires, véritables palpitations musculaires dans les deux gastro-cnémiens, plus marqués à droite. — Le cœur bat normalement.
Le malade nie tout antécédent alcoolique ; il a toujours été nerveux : il y a sept ou huit ans, après avoir bu par hasard plus que d'ordinaire, il eut, dit-il, des crises nerveuses, mais put reprendre son travail le lendemain.
Le 2 juillet. — Suggestion : sommeil profond. Régime lacté pur. Potion suggestive.
NEURASTHÉNIE SUITE D'ENTERITE 539
3. — Il a eu sept selles diarrhéiques dans les vingt-quatre heures, sans coliques ; il a eu une forte crampe à midi ; n'en a plus eu depuis.
11 accuse toujours son mal de tête. Les secousses fîbrillaires existent toujours et persistent dans le sommeil hypnotique, malgré la suggestion. Après celle-ci, le malade marche bien, il sent encore quelque chose qui remonte dans la tête, mais n'a plus d'obnubilation, ni d'étourdissement. Dans la station debout les mouvements musculaires n'existent pas. Continuation du régime lacté.
4. — Il a eu une seule selle moulée. Les secousses fîbrillaires existent encore. Moins de crampes. Le mal de tête persiste. — Semoule, œufs, lait — Suggestion.
o. — Une selle moulée. N'a presque plus eu de crampes. Les mouvements fîbrillaires diminuent beaucoup. Il a pu rester levé sans étourdissements. Suggestion.
7. -- Diarrhée arrêtée; vertige presque disparu. A pu se promener hier pendant deux heures sans étourdissements. Plus de crampes ; n'a presque plus de mouvements fîbrillaires dans les jambes. — Suggestion.
8. — Va bien ; plus d'étourdissement, plus de mal de tête, cessation complète des mouvements fîbrillaires. Accuse un point de côté à gauche qui cède à la suggestion.
10. — Accuse une légère douleur dans le genou qui disparaît par suggestion.
Le malade mange de tout, va bien, n'accuse plus aucun symptôme et sort le 13 juillet.
Il rentre le 29. Il a continué à bien se porter jusqu'il y a trois jours. Pendant son réveil il a été repris de diarrhée; le premier jour, selles aqueuses presque continues avec coliques intenses sans ténesme. Hier il a eu neuf selles. Le premier jour, s'étant baissé en travaillant, il tomba sans perte de connaissance, avec sentiment de défaillance, bourdonnements d'oreilles, vomissements. Ensuite il transpira, eut froid, se coucha et sentit une crampe dans les mollets, qui se reproduit aussitôt qu'il veut fléchir la jambe. Le vertige ne s'est pas reproduit. Quand il veut aller à la selle, il accuse une sensation de brûlure hypogastrique. On constate de nouveau les secousses fîbrillaires dans le mollet. — Suggestion.
31. — Se trouve bien mieux depuis la suggestion. Cependant il a eu encore des crampes, une vingtaine dans les vingt-quatre heures. — Persistance des mouvements fîbrillaires. — Suggestion.
lor août. — N'a plus eu de crampes, ni de vertiges ; les mouvements fibrillaires ont à peu près disparu.
3. — Le malade est tout à fait guéri et n'accuse plus qu'un peu de fatigue. Il quitte l'hôpital le 10 août, se sentant très bien.
Il s'agit d'un neurasthénique qui, sous des influences diverses, est pris de coliques avec diarrhée, crampes dans les mollets avec secousses fibrillaires des gastro-cnémiens, sensations vertigineuses, éblouissement, obnubilation visuelle.
Ces symptômes neurasthéniques ne sont pas toujours chez lui consécutifs à la diarrhée ; nous avons vu les éblouissements et la faiblesse ouvrir brusquement la scène, la colique et la diarrhée être consécutives. La suggestion met fin rapidement à cet ensemble symptomatique dont l'habitude serait sans doute déracinée par une éducation suggestive prolongée.
Observation LXV. — Bronchite spécifique guérie. — Persistance depuis un an d'une douleur intercostale., d'oppression, d'anorexie, d'insomnie, de tristesse. — Guérison en trois jours par suggestion hypnotique.
Nicolas F..., âgé de vingt-trois ans, entre à l'hôpital le 13 juin 1890, se plaignant d'oppression et de douleurs thoraciques depuis un an.
La maladie a commencé, alors qu'il était au régiment, par de la toux avec expectoration, qui dura un mois. 11 fut réformé en décembre du service militaire pour bronchite spécifique. Depuis il a fait un mois de séjour à l'hôpital qu'il a quitté le 18 février. 11 n'a pu reprendre son métier de galochier. Il n'a plus eu de bronchite, mais de l'oppression qui a augmenté depuis quinze jours ; de plus, quand il marche, il accuse une douleur à la partie inférieure de l'aisselle droite.
Constitution délicate ; tempérament lymphatico- nerveux. Faciès concentré, triste. Température normale. Pouls 64, régulier, égal. Respiration, 56 par minute, costale: le thorax se soulève en masse. Il est bien conformé ; son clair et ample. La