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La jambe gauche est encore un peu enflée. Sommeil bon

24. — Le gonflement a disparu. Le malade s'est levé hier spontanément et marche bien : il n'accuse plus que très peu de chose dans le cou-de-pied : il ne boite plus et se tient très droit.

La guérison se maintient : il marche bien le 25 et le 26 ; n'accuse plus qu'une sensation passagère dans le cou-de-pied, La pression du sciatique ne détermine plus la moindre sensibilité. Il se déclare guéri et quitte l'hôpital le 26 février.

Il s'agit d'une sciatique datant de vingt-sept jours. La suggestion hypnotique simple supprime bien momentanément la douleur et améliore la marche.

Mais, au bout de quinze jours de traitement, l'amélioration ne fait plus de progrès. La suggestion ne peut plus

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lutter contre les impressions dues à la marche et à la toux, qui régénèrent la douleur. Celle-ci reparaissant sans cesse, la suggestion est usée ; le malade n'a plus confiance.

Quoi qu'on lui dise, il sait, il sent que la douleur est inhérente à la marche ; l'idée de cette douleur, la peur qu'elle n'existe sont plus fortes que l'idée contraire qu'on ne peut plus imposer au malade. Cela s'observe souvent ; dans ce cas il ne faut plus insister sur un moyen inefficace. Il faut renforcer la suggestioû et la déguiser par une pratique matérielle. C'est dans ce but que j'ai essayé l'électrisation d'abord, puis la traction continue. Celle-ci a-t-elle agi par simple suggestion ou par immobilisation et extension des membres ? Je ne voudrais pas résoudre la question ; mais je crois que la suggestion a au moins une grande part dans son action; j'ai laissé l'appareil se relâcher, de façon à n'établir qu'une traction très modérée et presque fictive. Le malade était plein de confiance dans cet appareil dont je lui vantais la vertu curative, car il devait, disais-je, allonger les nerfs et les muscles rétractés. Je l'ai constamment entretenu dans cette idée.

Après avoir enlevé l'appareil, j'ai recommandé de rester encore couché quelques jours, de se lever avec prudence, d'essayer ses forces, pour ne pas éveiller les sensations douloureuses ; j'affirmai que tout était guéri, mais qu'il fallait aller graduellement et éviter toute fatigue. En procédant ainsi avec prudence, je suis arrivé à un résultat définitif. Chez une jeune fille atteinte de pseudo-coxalgie nerveuse opiniâtre datant de près de deux ans, j'avais essayé aussi la suggestion simple sans résultat définitif : très impressionnable et très peureuse, la jeune fille ne pouvait marcher sans régénérer la douleur par la peur. Mon collègue Weiss la vit avec moi et conseilla un appareil à extension qui devait aussi, selon lui, agir plutôt suggestivement que mécaniquement. Eu procédant avec lenteur et évitant de réveiller par des exercices trop violents ou pré-

bU HYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCHOTHÉRAPIE

matures la sensibilité du membre, on arriva aussi, en quelques semaines, à une guérison définitive.

Observation LXXI. — Sciatique gauche datant de quatre mois, — Guérison en six jours par suggestion hypnotique.

Geco, Nicolas, cinquante-neuf ans, journalier, entre à l'hôpital le 8 mars 1890, pour une sciatique. La maladie commença en novembre dernier par une douleur à la malléole externe gauche ; cette douleur s'est étendue graduellement le long de la face postérieure de la jambe et de la cuisse jusqu'à la fesse. Le malade continue à travailler; le soir, dit-il, le cou-de-pied et la jambe sont enflés. S'il reste debout pendant une demiheure, le pied enflerait. Il a travaillé jusqu'à avant-hier. — Depuis le début, sensation de froid dans le membre. Quand il est au repos, il sent peu de douleurs et peu de fourmillements ; quand il s'assied, c'est un engourdissement. Quand il est debout, il accuse des fourmillements dans la partie externe du pied. Les douleurs s'exagèrent, elles sont lancinantes, et s'irradient delà fesse aux pieds, depuis le milieu de janvier. Depuis le même temps il aurait quelquefois, pas plus d une fois par jour, la sensation d'un coup de lancette dans le pouce et la moitié inférieure de l'avant-bras; un seul coup, survenant pendant qu'il travaille. Le malade a toujours pu marcher.

Etat actuel. — Constitution moyenne. Tempérament mixte. Pas d'antécédents nerveux. Apyrexie. Urines 700. Densité 1,028. Les deux pieds sont froids et présentent quelques traînées bleuâtres. Les douleurs s'irradient jusqu'à la crête iliaque : sensibilité très douloureuse à la pression de la fosse iliaque externe. Aucune douleur à l'émergence du sciatique. La douleur est surtout vive sur le sacrum, à la face externe de la cuisse, dans le creux poplité ; pas de douleur derrière la tète du péroné. Douleurs le long du bord interne du tibia, à la malléole externe ; pas de douleurs au dos du pied. Le malade marche bien ; mais aussitôt qu'il s'assied, les fourmillements commencent. Le malade attribue sa maladie au fait d'avoir travaillé dans l'eau pour le chemin de fer. 11 n'accuse pas d'antécédents alcooliques; il a eu seulement des douleurs dans les reins ; il dit être un fort mangeur. Les urines sont assez chargées et je soupçonne de la diathèse urique. L'examen des organes ne montre rien d'anormal.

OBSERVATION DE SCLATIQUE ooo

10 mars. — Suggestion (sommeil profond) : j'applique en outre un peu de collodion sur la jambe pour renforcer la suggestion par une pratique matérielle.

Le 11, il dit que les sensations de fourmillements ont beaucoup diminué. — Suggestion.

12. — Les fourmillements ont disparu complètement, le malade accuse une sensation de froid dans le membre, et à la pression on constate de la sensibilité le long du sciatique poplité externe. — Suggestion tous les jours.

14. — Les fourmillements ont complètement disparu. Les douleurs qui existaient encore un peu à la pression et spontanées sont beaucoup moins vives ce matin. La pression n'en détermine plus. Il a bien dormi la nuit.

15. — Il accuse encore une sensation douloureuse quand il marche, et une sensation de froid à la partie inférieure de la jambe.

1G. — Il n'y a plus de douleur.

17. — Il ne se plaint plus du tout ; ni sensation de froid, ni douleur, ni fourmillements. La guérison se maintient.

Il s'agit d'une névralgie dans le domaine du sciatique datant de quatre mois et que la suggestion a guéri rapidement en quelques jours. D'après mon expérience, comme je l'ai dit, il est rare qu'on constate une vraie sciatique avec les points douloureux précis tels que Valleix les a décrits.

Souvent la douleur n'existe pas sur tous les points du trajet du nerf et existe en d'autres points, alors cependant que la nature lancinante de la douleur et la concomitance d'engourdissement et de fourmillements accuse une origine nerveuse. Un filet du nerf peut être atteint et occasionner par l'impressionnabilité nerveuse du sujet des douleurs diffuses et mal précisées en dehors de la zone nerveuse. Ou bien la cause, rhumatisme, froid, peut frapper à côté des filets nerveux, le tissu musculaire ou fibreux. Il est facile d'ailleurs chez beaucoup de ces sujets de créer artificiellement, par suggestion consciente ou même inconsciente, les points douloureux classiques et de diagnostiquer une vraie sciatique. ■

Observation. LXXIT. — Névralgie crurale et sciatique depuis onze jours. — Guérison en quelques jours par suggestion hypnotique.

A... (Jean), cordonnier, âgé de quarante-sept ans, entre à l'hôpital le 6 novembre 1888, pour une névralgie crurale et sciatique avec dilatation d'estomac. Depuis 1870, il a perdu l'appétit, vomit souvent après les repas, a des éructations aigres avec gonflement. Pas de pituite matinale, ni depyrosis; tendance à la constipation. Ces malaises surviennent par périodes de quinze jours à un mois ; dans l'intervalle, il est en général bien portant, il mange et digère bien. Actuellement il vient à l'hôpital pour une douleur à la jambe gauche, douleur qui a débuté brusquement il y a huit jours environ et a persisté depuis.

État actuel (8 novembre). — Constitution assez bonne; température mixte. Les mouvements du membre inférieur gauche se font bien ; le malade peut remuer la jambe et se tenir debout, quoique difficilement. Il éprouve des douleurs lancinantes dans toute l'étendue du membre inférieur gauche. Ces douleurs existent continuellement, même la nuit, sans fourmillements. Par la pression on détermine une douleur vive au niveau du pli de l'aine et sur tout le trajet du nerf crural. En arrière, douleur vive à la pression au niveau du bord gauche du sacrum, entre le grand trochanter et l'ischion, à la partie moyenne de la face postérieure de la cuisse, au creux poplité, au niveau de la tète du péroné, et en arrière de la malléole externe. (Au moment où cette observation était prise, je n'avais pas encore songé à vérifier la réalité des points douloureux classiques de la sciatique, en dehors de toute suggestion.)

En ce moment il mange bien, digère bien ; selles régulières. Sonorité stomacale et clapotement jusqu'à l'ombilic.

Fonctions cardiaque et respiratoire normales. Il ne dort généralement pas la nuit ; il est agité, a des rêvasseries, des cauchemars (animaux, etc.). Nie tout antécédent alcoolique.

Suggestion à partir du 9 novembre : Sommeil profond. Après deux ou trois séances, les douleurs ont presque disparu; les nuits sont bonnes. Le 20 novembre, le malade quitte l'hôpital parfaitement guéri, marchant bien et n'ayant plus la moindre douleur.

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