APERÇU HISTORIQUE
convallariapolygonatum), et il conjurait le diable par des formules magiques de ce roi pour l'expulser et l'empêcher de revenir.
Le roi Jéroboam ayant insulté un prophète vit son bras se dessécher ; il dut pour être guéri de cette paralysie supplier le prophète d'intervenir auprès de Dieu en sa faveur.
Pendant la captivité de Babylone les Juifs durent renoncer aux pratiques extérieures et au culte des sacrifices ; les prières remplacèrent les holocaustes sanglants ; les prêtres sacrificateurs devinrent des moines à vie austère et contemplative qui guérissaient les maladies par la prière et la foi.
Partout le mysticisme religieux préside à l'art de guérir. Chez les Hindous, les maladies sont considérées comme produites par les mauvais génies ; elles sont guéries par des purifications et des paroles sacrées qui ont le don de les expulser.
Chez les anciens Grecs, les membres de la famille d'Orphée cultivaient la musique, la poésie, l'astrologie, et la médecine. Des tables orphiques portaient des formules magiques qui servirent longtemps à l'art de guérir. Les hymnes orphiques faisaient aussi des guérisons. Hercule y est invoqué en ces termes : Viens Dieu puissant, apportenous tous les remèdes qui peuvent adoucir nos maux l. Esculape guérissait par les vers et les paroles autant que par les médicaments. A quelques remèdes tirés du règne végétal, il ajoutait presque toujours les chants agréables ou les prières mystiques qu'on appelait ewaioSYj, carmen, charme. Dans l'Odyssée nous voyons les fils d'Autolychus guérir les blessures d'Ulysse et arrêter par le secret des chants magiques le sang qui coulait à longs flots de pourpre. Le philosophe Théophraste affirme qu'on guérit la sciatique par des vers magiques. Varron en donne contre la goutte.
1 Orph. Ilymn. in HercuL, p. 110.
L'exercice de la médecine dans les temps d'Esculape n'était que pure suggestion. Des cérémonies et pratiques religieuses avaient lieu pour obtenir des dieux la guérison des malades.
Les sanctuaires n'étaient ouverts aux prêtres qu'après de nombreuses purifications : une abstinence sévère était prescrite. Ils étaient obligés, dit Kurt Sprengel dans son Histoire de la médecine1 de jeûner plusieurs jours avant de pouvoir approcher de l'antre de Charonis. A Orope, dans l'Attique, il fallait, avant d'interroger l'oracle d'Amphiaraùs, s'abstenir de vin pendant trois jours, et de toute espèce de nourriture pendant vingt-quatre heures. Chacun sait que de pareils jeûnes ont pour effet de tendre l'imagination et souvent même d'altérer les facultés mentales. Les prêtres n'agissaient pas moins sur le moral des malades par les prodiges dont ils leur faisaient le récit, en les conduisant dans toutes les avenues du temple. Ils leur expliquaient en détail et avec toutes sortes d'expressions mystiques les miracles que Dieu avait opérés sur d'autres personnes dont ils conservaient les offrandes et les inscriptions votives ; ils avaient l'art d'insister particulièrement sur les maladies qui avaient quelques rapports avec les leurs.
Après ces promenades dans l'intérieur du temple, on offrait des sacrifices à la divinité. Le sacrifice devait être accompagné de prières ferventes pour obtenir les révélations. Le prêtre lisait en chantant l'hymne, et celui qui présentait l'offrande, la répétait à haute voix, les prières étaient accompagnées du son de plusieurs instruments.
Les malades étaient en outre obligés de se baigner avant de pouvoir être admis à entendre l'oracle. Aristide dit, en parlant de la fontaine d'Esculape à Pergame : « On a même vu un muet recouvrer la parole après avoir bu de l'eau à cette fontaine. Il a suffi à d'autres de puiser de cette eau
4 J'ai puisé dans cet ouvrage beaucoup de documents historiques cités dans ce chapitre.