A eu trois selles hier
La malade continue à aller bien ; les selles redeviennent assez épaisses. N'a plus que deux à trois selles dans les vingtquatre heures, sans coliques, jusque vers la fin du mois.
Le 29 juillet, elle n'a plus qu'une selle moulée; elle se considère comme guérie et quitte l'hôpital le 30 juillet.
Que conclure de ces observations ? Certes, la suggestion n'est pas curative de l'entéro-colite, ni de la dysenterie. Mais un élément dynamique peut se greffer sur ces maladies organiques, comme sur les autres. Les influences nerveuses et psychiques peuvent intervenir pour exagérer les coliques, le ténesme, la diarrhée? Ce sont ces influences que la suggestion peut neutraliser, au bénéfice de la malade.
Observation XCII. — Lithiase biliaire. — Accès imminent de pseudocolique hépatique enrayé par suggestion hypnotique.
Marie M..., âgée de trente-cinq ans, ouvrière en casquettes entre au service le 5 octobre 1889, pour de l'ictère lié à de la lithiase biliaire.
Depuis le mois d'avril, elle avait de violentes céphalalgies, diminution de l'appétit, nausées, régurgitations aqueuses, coliques sans diarrhée.
Vers le 13 août les conjonctives prirent une teinte subictérique : au commencement de septembre, l'ictère se généralisa ; il persiste encore. Les urines étaient bilieuses, les selles décolorées. Depuis un mois anorexie complète et constipation. Coliques fréquentes, débutant par l'hypocondre droit, s'irradiant dans tout le ventre, avec douleurs vives dans toute l'étendue du thorax. Depuis le mois d'avril d'ailleurs, elle avait souvent une douleur sourde dans la région hépatique avec picotement
entre les épaules. L'ictère s'accompagne de démangeaisons. De plus depuis un mois, insomnie, agitation, cauchemars.
Constitution bonne ; tempérament mixte. Apyrexie. Pouls à 60, régulier, ample. Teinte ictérique prononcée, urines très bilieuses, selles décolorées. Langue assez chargée. Ventre souple, indolore. La région hépatique seule est sensible à la pression ; le foie déborde de deux travers de doigts. — La respiration et la circulation sont normales (lait, eau de Vichy, lavements froids).
Le 1er novembre les selles commencent à se colorer. Les douleurs ont cessé. La malade va bien.
Le 16, la malade se plaignant depuis quelques jours de maux de tête et de gorge, je l'hypnotise facilement en sommeil profond et j'enlève les maux.
Le 17, à la visite, à 10 heures du matin, la malade pousse tout d'un coup un cri ; la respiration est haletante, à 80 par minute; chaque respiration anxieuse lui fait pousser un cri de douleur; le pouls est à 140 ; la face, grippée, exprime l'angoisse et la souffrance. Cela paraît être un accès de colique hépatique qui débute.
J'essaie d'hypnotiser la malade sans espoir de succès. Elle arrive presque instantanément en sommeil profond, à ma grande surprise. Je suggère la disparition des douleurs, la respiration facile. La malade cesse de gémir; je la laisse dormir pendant un quart d'heure. La respiration, au bout de ce temps, est à 50, ne paraît plus anxieuse, le pouls est à 70.
La malade continue à aller bien dans la journée ; il n'y a plus d'accès semblable. L'ictère continue à se résoudre. La malade quitte l'hôpital le 10 décembre.
Je ne conclus pas de fait que la suggestion fait avorter les coliques hépatiques dues à la migration des calculs, mais que des pseudocoliques purement spasmodiques peuvent, chez les sujets impressionnables se greffer sur la lithiase biliaire ; que l'hystérie locale hépatique greffée sur cette lithiase peut simuler un accès de coliques et que cette névrose secondaire peut être justiciable de la psychothérapie. Il en est d'elle comme de la pseudo-angine de poitrine, comme de l'hystérie cardiaque et respiratoire.
MENORRHAGIE 597
TROUBLES MENSTRUELS
Observation XGIIÏ. — Règles copieuses et trop fréquentes (vingt et un jours) f durant huit jours, suggérées à trente jours et d'une durée de trois jours.
MmG X..., âgée de trente et un ans, vient me consulter le lundi 4 août pour des maux de tête et anémie liés à une menstruation trop abondante. Il y a quatre ans, avant son mariage, je l'avais guérie par suggestion d'une névropathie (voir : De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, 3e édition. Obs. XXIX).
Elle s'est mariée et est mère d'un enfant de trois ans. Après son accouchement, elle perdit du sang pendant six semaines, cette perte continue se termina par une perte plus abondante continuant le retour de couche. Elle nourrit son enfant pendant douze mois, ayant pendant ce temps ses époques régulièrement, assez abondantes, tous les vingt-huit à trente jours. De là une grande fatigue avec anémie. Après le sevrage, les époques continuèrent à se montrer tous les dix-huit à vingt et un jours; depuis son mariage, sauf pendant l'allaitement, elle n'est jamais restée plus de vingt-quatre jours sans les avoir. Les menstrues sont très abondantes, durent en moyenne huit jours, jamais moins de six, et s'accompagnent de douleurs horribles les trois premiers jours ; la première nuit surtout, à se tordre, surtout dans le côté gauche. Avant son mariage, les règles duraient cinq à six jours. Elle a pris sans succès des capsules d'apiol, de la belladone, etc.
Elle a depuis son mariage et surtout depuis qu'elle a sevré l'enfant, des douleurs de tête presque constantes, avec exacerbations fréquentes ; fatigue, anémie, amaigrissement. Les digestions sont assez bonnes. Elle ne dort jamais pendant les époques.
L'époque doit venir dans la semaine, Mme X... croit en sentir les symptômes précurseurs; lourdeur dans les reins, exacerbation du mal de tète, énervement, etc.
Je l'endors en sommeil profond ; elle est très bonne somnanbule et je lui suggère d'avoir ses époques seulement le tren-
tième jour, sans douleur, peu abondantes, pendant trois jours au plus; de ne plus avoir de céphalalgie, ni aucun trouble nerveux. Au réveil, elle n'accuse plus de céphalalgie.
Je répète la suggestion tous les jours. Mmo X... va bien, mange avec appétit, dort la nuit et dormirait bien, sans les cris de l'enfant qui la reveillent parfois. Les règles apparaissent au jour suggéré, le 15 août, presque sans douleur et peu abondantes. Elles durent deux jours et demi seulement, ce qui ne lui était jamais arrivé, depuis vingt ans qu'elle est réglée. Elle a dormi pendant les trois nuits de l'époque menstruelle. La santé générale s'améliore.
Je suggère, le 17 août, la régularisation constante des règles pour le trentième jour. J'apprends que l'époque suivante a eu lieu exactement le trentième jour, et a duré à peine trois jours.
J'ai publié une observation analogue ; d'autres auteurs en ont relaté aussi. La fonction menstruelle n'obéit pas chez tous les sujets avec autant de précision à la suggestion.
OBSERVATIOiNS DE SUGGESTION PAR MÉTALLOTIIÉRAPIE ET MAGNÉTOTHÉRAPIE
Les observations qui précèdent montrent déjà des faits de suggestion médicamenteuse, électrique, instrumentale, etc. J'ajoute ici quatre observations de ce genre. Les trois dernières ont été publiées par moi dans la Revue médicale de l'Est, en 1881 et 1882, à une époque où je ne connaissais pas la suggestion et où j'attribuais aux aimants une action que je crois aujourd'hui purement suggestive.
Observation XGIV. — Troubles hystériques datant de deux ans. — Céphalalgie, douleur abdominale, boule épigastrique, laryngisme . — Anesthésic. — Guérison de la céphalalgie par une seule suggestion, de Vanesthésie par la métallotliérapie suggestive.
Eugénie D..., âgée de trente ans, journalière, entre à l'hôpital le 19 mars 1889.
METALLOTHERAPIE SUGGESTIVE 599
Mariée, mère d'un garçon depuis trois ans, ayant fait une fausse couche il y a deux ans, elle est malade depuis sa première grossesse : pendant celle-ci, anorexie, vomissements continus; la couche a été bonne; depuis elle est restée faible et a conservé une sensation de clou avec gonflement dans la gorge. La seconde grossesse fut moins mauvaise ; cependant elle vomit encore. Après la fausse couche elle a perdu beaucoup de sang pendant deux jours.
Depuis, faiblesse, céphalalgie. — Appétit conservé; digestion assez bonne, mais coliques pendant une heure après chaque repas. Après sa fausse couche, elle eut trois crises de nerfs qui ne se sont pas renouvelées. Les règles ne sont pas revenues. Pas de leucorrhée. Depuis sa première couche, elle a des ganglions volumineux au cou.
20 mars. — Face pâle, jaune, terreuse, un peu bouffie ; muqueuses décolorées. Apyrexie. Angine granuleuse légère. Ganglions hypertrophiés, comme un œuf, au-dessous des deux oreilles et des maxillaires inférieurs.
Respiration nette. Etat du cœur normal. Volume du foie et de la rate normal. On constate une sensibilité douloureuse dans la fosse iliaque droite; quand elle a des coliques, elle accuse une sensation de boule qui remonte à l'épigastre, et de là au cou, avec strangulation. Elle digère bien ; n'a pas de diarrhée. Le nombre des globules blancs n'est pas augmenté.
On constate de l'analgésie générale ; de l'anesthésie tactile, avec absence du sens musculaire dans les deux membres supérieurs. Au bras gauche, la sensibilité tactile reparaît au-dessus de la tète de l'humérus. Sur le thorax, la sensibilité tactile est obtuse en avant; la sensibilité à la température existe. Au dos, sensibilité obtuse; une pression légère n'est pas perçue ; il faut appuyer la main pour qu'elle soit sentie ; la piqûre d'épingle n'est pas perçue ; à la face sensibilité obtuse ; sensibilité à la douleur nulle. Idem sur l'abdomen. Anesthésie tactile sur les jambes ; aux cuisses la sensibilité apparaît à une pression un peu forte.
A la plante des pieds, l'attouchement avec la main n'est pas perçue : la piqûre d'épingle ou un fort chatouillement sont perçus, mais sans douleur. Sens musculaire aboli aux jambes.
Première suggestion : Sommeil profond, le jour de son entrée. Depuis cette séance, la céphalalgie qui durait depuis trois ans et demi disparaît complètement ainsi que la colique et la sensation laryngée.
Le 20 mars, j'applique une pièce de 5 francs sur le dos de la main droite sans faire de suggestion préalable et je la laisse pendant une demi-heure. La sensibilité ne reparaît pas. Alors je mets la pièce de 5 francs sur le dos de la main gauche, en annonçant à haute voix que la sensibilité allait reparaître en trois minutes sur la main et l'avant-bras. Au bout de trois minutes, en effet, la sensibilité tactile et à la douleur était restaurée jusqu'au coude, le reste du corps conservant son anesthésie. Cela fait, j'endors la malade en sommeil profond et je restaure presque instantanément la sensibilité sur tout le corps.
La sensibilité se maintient. La céphalalgie a définitivement disparu. L'état général est considérablement amélioré par la suggestion continuée jusqu'au 25 mars, si bien que la malade demande sa sortie.
En résumé, une jeune femme a des troubles hystériques consécutifs à une fausse couche, depuis deux ans ; la céphalalgie datait de trois ans et demi ; une sensibilité douloureuse de la fosse iliaque droite, une sensation de boule épigastrique, et de strangulation, de l'analgésie générale, avec anesthésie complète des membes supérieurs complètent la névrose. La première suggestion supprime définitivement la céphalalgie et le laryngisme. La métallothérapie, agissant uniquement par suggestion, a restauré la sensibilité.
Observation XCV. — Hémiplégie avec hémi-anesthésie sensiiivo-sensorielle depuis quatre ans. — Guérison graduelle en quelques jours par les aimants.
Marie-Françoise B..., chiffonnière, âgée de cinquante-cinq ans, entre au service au commencement de décembre 1880. Habituellement bien portante, elle a été frappée, il y a quatre ans, d'une attaque d'apoplexie. Un jour qu'elle étendait les bras pour suspendre du linge, elle ressentit des fourmillements dans le membre supérieur droit, partant du doigt et remontant vers l'épaule, et un grand sentiment de faiblesse dans ce membre qui resta parésié ; en même temps, étourdissement, vertige, titubation; elle put toutefois continuer son travail.
MAGNETOTHERAPIE 601
Trois semaines plus tard, montant un escalier, une hotte sur le dos, elle eut un vertige qui, au bout de quelques secondes, fut suivi de perte de connaissance. Transportée à l'hôpital de Metz, elle y serait restée pendant six mois sans avoir sa conscience, avec selles et urines involontaires; de plus, aphasie : durant plusieurs mois, elle aurait conservé une certaine difficulté à trouver et à articuler les mots. Au bout de huit mois, elle sortit de l'hôpital de Metz, traînant la jambe. La sensibilité du côté droit est restée abolie depuis cette époque; le pied droit marchait comme sur de l'étoupe ; la malade sentait des fourmillements à sa plante.
Elle affirme aussi que la vue, l'odorat, le goût, l'ouïe sont abolis de ce côté depuis ce moment.
Elle put reprendre l'état de chiffonnière, tant bien que mal, ayant de temps en temps, tous les ans pendant un mois, ditelle, quelques symptômes cérébraux, céphalalgie, vertiges, obnubilations intellectuelles.
Il y a quinze jours, elle aurait eu quelques frissons légers se répétant tous les jours, sans perte de connaissance ; mais elle marcherait moins bien depuis cette époque.
Etat actuel. — Le 8 décembre, on constate : constitution moyenne, apyrexie, pouls régulier, normal. Traits de la face un peu déviés à gauche ; pointe de la langue un peu déviée à droite. La force musculaire est notablement amoindrie dans le membre supérieur droit; la malade fléchit et étend la main avec hésitation, parvient à porter sa main à la bouche pour manger, mais ne peut la mettre sur la tète. Le pied droit est un peu atrophié ; sauf quelques mouvements d'extension et de flexion du gros orteil, les mouvements des autres orteils sont abolis. Ceux de la jambe sur la cuisse se font bien, mais lentement et par glissement, le pied restant appuyé contre le lit. Ceux de la cuisse se font bien. Pas de contracture ni de réflexe tendineux. Hémi-anesthésie complète de toute la moitié du corps; sens tactile, sensibilité à la température, à la douleur et sens musculaire sont abolis ; d'où un certain état cataleptiforme des membres droits quand on les soulève ; les yeux de la malade étant fermés, la malade ne sait pas si la main ou la jambe sont au lit ou en l'air.
Anesthésie des sens spéciaux. — La vision, examinée par notre collègue, M. Charpentier, le 12 décembre, donne les résultats suivants : OEil droit : acuité visuelle, — ; les doigts sont comptés à 20 centimètres ; la malade ne peut lire de ce
côté ; champ visuel rétréci mesurant 10 centimètres en dedans, 18 centimètres en dehors. OEil gauche : acuité visuelle, ^ ; la malade peut lire de eet œil et distingue les lettres à 30 centi-
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mètres. Le champ visuel rétréci aussi de ce côté, mais à un moindre degré, offre de plus une hémiopie nasale partielle ; il mesure du côté externe 36 centimètres (Voir le périmètre.) En résumé, amblyopie croisée du côté de l'hémiplégie, hémiopie nasale partielle du côté de la lésion. — Ouïe complètement abolie à droite;
MAGNÉTOTHERAPIE 603
à gauche tic tac d'une montre perçu à 20 centimètres. — Olfaction abolie à droite, intacte à gauche. — Sensibilité tactile et gustative abolies sur la moitié droite de la langue.
Tel était l'état de cette malade quand, le 9 décembre, au soir, je fis appliquer deux longs barreaux aimantés, l'un sur la jambe, l'autre sur la cuisse, le pôle négatif en bas (lre séance d'aimant)^ lendemain, après 15 heures, aucune modification n'était apparente, la sensibilité restait abolie. Le malade accusait des mouvements involontaires du membre pendant la nuit.
Le 10 décembre, deuxième séance : aimant contre la cuisse et la jambe, pendant quinze heures, la nuit, de 6 heures du soir à 9 heures du matin. On constate le 11 que la sensibilité est revenue sur le pied jusqu'à deux centimètres au-dessus de la malléole, sensibilité tactile, à la douleur, à la température, et sens musculaire ; la malade sait où est son pied (au lit ou en l'air), mais ne sait où est sa jambe ni où sont les autres membres encore anesthésiés ; elle accuse aussi depuis l'application de l'aimant des fourmillements dans le talon et dans tout le pied. Enfin, elle remue les orteils, les fléchit et les étend ce quelle ne pouvait faire auparavant ; elle fléchit aussi mieux son genou.
Le 11 décembre, troisième séance : même application de 6 heures du soir à 9 heures du matin. — A 6 heures et demie, sensibilité jusqu'à d5 centimètres et demi au-dessus des malléoles. Le lendemain, sensibilité et sens musculaire revenus jusqu'à trois travers de doigts au-dessus du bord supérieur de la rotule dans toute la circonférence du membre, plus parfaite à mesure qu'on se rapproche des orteils. Mouvements des orteils, du pied, du genou plus faciles. Fourmillements douloureux toute la journée, dans le pied.
De plus retour de la sensibilité dans la main et l'avant-bras jusqu'à deux travers de doigts au-dessus du poignet, force musculaire accrue et précision des mouvements plus parfaite dans ces parties qui n'ont pas été en contact avec l'aimant. Les autres régions restent anesthésiées. Mensuration à l'esthésiomètre : deux points perçus sur la cuisse gauche à quatre centimètres, nulle à droite. — Sur jambe, au-dessus de la malléole gauche, 1 centimètre; droite 4 centimètres. — Dos du pied gauche, 6 millimètres ; droit 2 centimètres et quart. — Plante du pied, moitié postérieure gauche, 7 millimètres; droite 2 centimètres. — Orteil gauche, 6 millimètres ; droit 1 centimètre et demi. — Main gauche : dos, 1 centimètre et demi;
droite 6 centimètres. Paume gauche, 1 centimètre ; droite 1 centimètre trois quarts.
La sensibilité, bien que moindre encore à droite, est donc plus parfaite aux extrémités.
Le 12 décembre, quatrième séance ; une barre aimantée est appliquée sur la cuisse, l'autre sur le côté droit de la face, le pôle positif à la tempe, le pôle négatif contre la poitrine, touchant le troisième espace intercostal. Le lendemain, sensibilité revenue à la cuisse depuis le genou jusqu'à trois centimètres au-dessous de l'arcade crurale, mais peu intense et encore accompagnée d'analgésie vers la racine du membre. — A Favant-bras, sensibilité jusqu'à 10 centimètres au-dessus du poignet; sensibilité au niveau de la partie supérieure du trapèze, dans une hauteur de trois centimètres environ, dans la moitié postéro-latérale du cou, et dans la région deltoïdienne jusqu'à 4 centimètres au-dessous de la clavicule : sensibilité obtuse à la tempe droite. Anesthésie des sens et des autres régions persistante.
Le 13 décembre, cinquième séance : aimant appliqué pendant la journée sur la face. Le soir, sensibilité revenue sur la joue et la partie antérieure du thorax jusqu'au mamelon. La malade ressent des bruissements d'oreille, entend le bruit du fer et accuse dans Vœil droit des sensations comme si elle pleurait et que Vœil rémuât. Le lendemain 14 décembre, l'aimant étant resté vingtquatre heures en place, sensibilité à la face, parfaite dans tout le côté sauf sur la ligne médiane et à deux centimètres en dehors, où elle est obtuse : sensibilité au crâne, au thorax, jusqu'à l'aine, à la face antérieure du bras jusqu'à 6 centimètres au-dessous de l'acromion.
Persistance de l'anesthésie à la partie du crâne qui est en arrière de l'apophyse mastoïde, à la face postérieure du bras, de l'avant-bras jusqu'à 9 centimètres au-dessus du poignet, au dos et à la face postérieure du tronc. Force et précision des mouvements augmentées, la malade ouvre seule sa tabatière, ce qu'elle ne faisait pas depuis longtemps. Audition revenue à droite : tic tac de la montre perçu à 10 centimètres à droite, à 15 centimètres à gauche. Vision améliorée : dit voir plus nettement les carreaux de la chambre. Sensibilité tactile et olfactive à droite. — La muqueuse linguale reste aneslhésiée et ne perçoit pas le goût de la coloquinte.
Le 14 décembre, sixième séance : une barre appliquée contre la face, l'autre entre le bras et l'aisselle. Le lendemain, sensi-
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bilité dans tout le bras, la face, le crâne, les membres inférieurs, obtuse sur l'abdomen, nulle à la face postérieure du tronc. L'oreille droite perçoit le tic tac à 14 centimètres, comme la gauche : un petit bruit sec du marteau sur le plessimêtre perçu à 40 centimètres hier est perçu à 2 mètres aujourd'hui. — L'œil voit mieux, compte les doigts à une distance de 3 métrés, lit très bien des lettres de 2 centimètres de hauteur. Le champ visuel a augmenté, il est de 15 à 20 centimètres : l'hémiopie gauche a disparu. Olfaction persistante ; anesthésie du goût.
Le 15 décembre, septième séance : aimant sur côté droit de la face et l'abdomen. Le lendemain 16 décembre, la sensibilité a reparu sur le côté droit de l'abdomen, à la face postérieure du tronc, de la dernière côte jusqu'à la région rénale : obtuse à la nuque, presque nulle au dos jusqu'au bord postérieure de l'aiselle. L'oreille perçoit le tic tac à 32 centimètres à gauche, 35 à droite. L'œil lit à 32 centimètres de distance des lettres de 5 millimètres de hauteur. Suppression des aimants.
Malgré cette suppression, la sensibilité continue à se perfectionner et à se répandre sur le tronc.
Le 17, sensibilité revenue au dos; toutes les parties du corps sont sensibles. L'ouïe s'est encore améliorée ; tic tac de la montre perçu à 46 centimètres. Acuité visuelle mesurée par
M. Charpentier — à droite, — à gauche. Lit à 44 centimètres de distance. Périmètre : 25 à 30 centimètres à droite. A gauche, l'hémiopie a disparu : 20 à 25 centimètres en dedans, 30 centimètres en dehors. — Olfaction parfaite ; la malade prise de nouveau avec la narine droite, ce qu'elle ne faisait plus depuis plus de quatre ans. La muqueuse linguale seule reste insensible aux impressions tactiles et gustatives dans sa moitié droite.
La malade se plaint seulement de picotements et fourmillements douloureux remontant des orteils vers la racine du membre : ces mêmes fourmillements existent sur le crâne et à la face du côté droit.
Le résultat obtenu se maintient et s'est maintenu jusqu'à ce jour depuis deux mois; le champ visuel, mesuré le 29 décembre, est resté aussi étendu, ainsi que l'acuité visuelle; la malade lit à lm,30, l'acuité visuelle est le quart de la normale. L'olfaction et l'audition se sont maintenues.
Nous avons attendu plusieurs jours avant d'agir sur la langue pour rétablir la sensibilité gustative qui restait absente. Elle n'est pas revenue spontanément. En vain, le 22 décembre,
nous avons appliqué sur la muqueuse linguale de Pécorce de quinquina qu'elle a conservée pendant une journée (hydrothérapie) pour faire appel au goût; Panesthésie sensitive et sensorielle resta absolue.
Enfin le 29 décembre, 12 jours après la restauration des autres sens; olfactif, visuel et auditif, nous avons confié à la malade un petit aimant à fer à cheval, l'invitant à le mettre sur la langue : ce qu'elle fit sans paraître beaucoup s'en soucier. Au bout de quelques heures, la fonction était rétablie. Le goût de la coloquinte est perçu aussi bien à droite qu'à gauche, et ce résultat aussi s'est maintenu.
En résumé, une hémianestliésie sensitivo-sensorielle liée à uue hémiplégie de cause organique datant de quatre ans a été guérie totalement par les aimants. La nature organique de l'affection semble incontestable. Est-ce un foyer bémorrhagique? Est-ce un foyer de ramollissement embolique? La multiplicité des attaques (deux ou trois) les symptômes précurseurs, fourmillements, vertiges, etc., sont en faveur d'embolies. Il y a lieu de penser que plusieurs projections emboliques ont eu lieu dans le domaine de l'artère sylvienne gauche; Tune, pénétrant dans une ou quelques branches corticales, a déterminé un foyer intéressant directement ou par voisinage le pied de la troisième circonvolution frontale ou le lobule de l'insula, de là l'aphasie passagère (si aphasie réelle il y a eu, comme la malade l'affirme) ; en tous cas, les troubles intellectuels prolongés semblent accuser un ramollissementassezétendudel'écorce. Une autre de ces embolies aurait pénétré dans une des artères lenticulo-optiques déterminant un ramollissement du tiers postérieur de la capsule blanche, de cette région que Charcot appelle un carrefour sensitif, par où passeraient les faisceaux de la sensibilité générale et ceux qui vont aux organes des sens du côté opposé du corps ; région dont la lésion détermine l'hémi-anesthésie sensitivo-sensorielle. Je n'insiste pas davantage sur le diagnostic qui n'est pas susceptible d'une démonstration rigoureuse ; la seule chose
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certaine et incontestable, je le répète, c'est qne l'hémi-anesthésie était liée à une lésion organique du cerveau et que l'aimant l'a guérie.
Peut-on expliquer cette guérison? J'accepte volontiers la théorie de M. Debove. Les impressions sensitives dans le cerveau suivent habituellement un trajet déterminé par le tiers postérieur de la capsule blanche interne. Mais on peut admettre que les fibres sensitives de l'encéphale présentent, comme celles de la moelle, bien qu'à un moindre degré, une conductibilité indifférente. Ne sait-on pas que dans la moelle, pourvu que la substance grise ne soit pas complètement détruite en une région et qu'un pont subsiste entre le segment inférieur et le segment supérieur, les impressions passent par ce pont, et la sensibilité persiste au-dessous? « La transmission des impressions, dit Vulpian, ne pouvant plus se faire par la route habituelle, se poursuit par des voies de traverse, jusqu'à ce que, par l'intermédiaire de ces voies, elles puissent gagner leur chemin ordinaire à une distance plus ou moins grande des points où elles ont dû le quitter. On peut, par analogie, ajoute Debove, admettre que dans l'encéphale les impressions suivent d'habitude certaines voies : lorsque ces voies sont interrompues par le fait d'une lésion, les impressions peuvent prendre des voies collatérales, des chemins de traverse, mais il faut les ouvrir : une excitation produite par l'aimant est suffisante pour frayer aux impressions venues de la périphérie une route qui ne leur est pas habituelle. » J'ajoute : l'aimant est esthésiogène parce qu'il augmente la tension de l'influx nerveux sensitif. L'anesthésie existe parce que les mouvements moléculaires, vibratoires ou autres, transmis de la périphérie des nerfs dans leur direction centripète, arrivés à une certaine région des centres nerveux, par exemple dans la capsule blanche interne, trouvent leur route interrompue par la lésion. L'aimant appliqué à la périphérie augmente la force, l'activité de ces mouvements, si bien
qu'ils finissent par se frayer un passage à travers des voies, nerveuses non altérées jusqu'au siège de leur perception.
Je reviens maintenant aux faits particulièrement observés chez notre malade et je souligne les suivants :
4° L'application de l'aimant a dû être prolongée et répétée ; une première séance de quinze heures est restée inefficace ; quatre séances de quinze heures ont été nécessaires pour ramener la sensibilité dans le membre inférieur seulement ;
2° La sensibilité est revenue clans la main et le poignet, alors que l'aimant était appliqué sur le membre inférieur ; mais elle ne s'est étendue plus loin à l'avant-bras et au bras que par l'application directe ;
3° La sensibilité a commencé à reparaître vers l'extrémité du membre, contrairement à ce qu'ont observé Proust et Ballet;
4° L'aimant appliqué sur la face n'a ramené la sensibilité tactile et sensorielle qu'après la seconde séance ;
5° L'application des aimants étant suspendue après sept séances prolongées (de 15 à 24 heures chacune), la sensibilité a continué les jours suivants à s'étendre sur le tronc et à se perfectionner sur le corps et dans les sens spéciaux ;
6° La force musculaire a augmenté ainsi que la précision et l'étendue des mouvements à la suite du retour de la sensibilité ;
7° La sensibilité tactile et gustative du côté droit de la langue a résisté à l'application de l'aimant sur la face ; un petit aimant mis en contact avec la langue l'a restaurée ;
8° Des fourmillements dans les membres, des picotements douloureux se sont manifestés pendant l'application de l'aimant et ont persisté plusieurs semaines à la suite : des bourdonnements d'oreille, une sensation particulière dans l'œil ont été ressentis passagèrement, l'aimant étant sur la face1.
1 Je laisse ces commentaires tels que je les avais ajoutés à cette observation et aux deux suivantes en 1881, avant que je ne connusse la
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Orsekvation XCVI. — Affection cérébelleuse depuis près de neuf ans. — Titubation vertigineuse, pendant la marche, avec obnubilation par mouvements de la tête sur le rachis. — Hémianesthésie sentivo-sensorielle gauche depuis deux ans. — Disparition de ces symptômes par les aimants. (Recueillie par M. Ganzinotty, interne • du service.)
X..., serrurier, âgé de quarante-neuf ans, est un homme grand, fort, athlétique. Il entre au service le 18 janvier 1881 après y avoir déjà été, il y a plusieurs années. Son affection remonte au mois de mai 1872 et débuta sans cause connue par des éblouissements et de*s vertiges revenant par intervalles et rendant la marche chancelante.
Le 5 septembre, ayant du malaise, de l'inappétence, il se mit au lit; le lendemain on ne le vit pas descendre de sa chambre, et on le trouva couché sans connaissance dans son lit. Transporté à l'hôpital Saint-Charles, il y resta douze à quinze jours privé de sens et de paroles, selles et urines involontaires. Puis l'intelligence revint: il n'avait pas d'hémiplégie, mais un sentiment de faiblesse dans les jambes, des vertiges fréquents, de la titubation pendant la marche et de la céphalalgie occipitale qu'il définit ainsi : il sentait comme trois coups violents frappés au niveau de la région occipitale gauche, déterminant une douleur très vive et passagère; après un calme d'une demiheure, la douleur réapparaissait avec les mêmes caractères : pas d'autres symptômes. 11 quitta l'hôpital le 1er novembre, rentra chez lui, tomba plus de six fois en route, après avoir senti des vertiges et des éblouissements.
Après une amélioration de quelques mois, troublée néanmoins par les vertiges, les éblouissements, la titubation, la céphalalgie occipitale, le malade se sentit mal à son aise et se coucha le 1er mars 1873 ; il ne perdit pas connaissance, mais dut garder le lit à cause des vertiges ; dans la journée, vomissements bilieux abondants. Ramené à l'hôpital Saint-Charles au service de M. Parisot, il y resta jusqu'au mois d'octobre 1873. L'intelligence était intacte, la mémoire nette ; aucune paralysie. Il se plaignait surtout de céphalalgie occipitale et de vertiges. La première n'avait plus le caractère intermittent aigu ; c'était une douleur moins vive, mais s'irradiant de la
suggestion. L'action que j'attribuais à une vertu inhérente aux aimants, je la considère aujourd'hui comme purement suggestive.
Bernheim. — Hypnotisme, 2e édit. 39
région occipitale gauche à la région frontale correspondante; les vomissements continuèrent longtemps. Quand l'état du malade se fut amélioré, il put se lever, mais la démarche était titubante, la tête inclinée sur le tronc, le corps courbé en arc : il était invinciblement porté vers le côté gauche, et présentait souvent un mouvement de manège, tournant une fois et quelquefois deux et même trois fois sur lui même avec sensation d'éblouissements et de vertige. À cette époque, il perdit aussi la vision du côté gauche. Il avait été soumis déjà à un traitement hydrargyrique ; il prit de l'iodure de potassium ; un séton fut appliqué sur la nuque et il le conserva pendant plusieurs mois.
Il rentra chez lui, au mois d'octobre 1873, et depuis est resté .sujet aux vertiges et à la céphalalgie occipitale ; il n'eut plus de vomissements, mais la démarche resta chancelante ; il était toujours porté à marcher comme un homme ivre, du côté gauche, le corps courbé en avant, la tète raide. Ces troubles variaient d'intensité, mais ne l'ont jamais quitté complètement; jamais depuis 1873 il n'a pu descendre un escalier sans se tenir à la rampe : son attitude ressemblait de plus à celle des sujets atteints d'arthrite cervicale : la tête raide sur les épaules : il évitait de la fléchir, de l'étendre ou de la tourner, car le moindre de ces mouvements déterminait un sentiment de vertige, d'obnubilation de la vue, suivi de chute immédiate; aussi ses camarades d'atelier l'appelaient l'homme d'une pièce, parce qu'il se retournait tout d'une pièce, ne pouvant tourner la tête indépendamment du tronc. Enfin il y a plus de deux ans, le malade a constaté que la peau du membre inférieur gauche était insensible ; il la pressait avec la pince sans la sentir. Ajoutons que la santé générale ne s'est nullement détériorée, depuis neuf ans que durent ces troubles fonctionnels. Comme antécédents, le malade n'accuse qu'une blennorragie ancienne, aucun accident syphilitique, aucun excès alcoolique. Depuis le début de l'affection, le malade n'a plus d'érection. Rentré à l'hôpital le 18 janvier 1881, il est soumis de nouveau à un examen clinique. Il présente :
1° De la céphalalgie occipitale, qui a plusieurs fois changé de caractère et se traduirait actuellement par la sensation de coups de marteau allant de la région occipitale à la région frontale, plus ou moins douloureux, le réveillant souvent pendant la nuit, coups de marteau se continuant pendant environ une minute et se répétant cinq ou six fois, ou plus dans les
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vingt-quatre heures. Une céphalalgie continue persiste souvent dans l'intervalle \
2° Des vertiges à l'occasion des mouvements ; il tient la tête raide, immobile avec ses mains, quand il s'assied ou se retourne : levé, il chancelle, sa marche est titubante, comme celle d'un homme ivre; il est entraîné légèrement à droite et à gauche? sans ataxie, ni propulsion, ni rétropulsion ;
3° Une hémianesthesie incomplète du côté gauche. Au membre inférieur, analgésie et sensibilité tactile très obtuse ; la plante du pied sent la résistance du sol, mais moins nettement qu'à droite; il faut écarter les pointes du compas de 26 centimètres à la cuisse, de 32 à la jambe pour lui faire percevoir deux sensations distinctes. La sensibilité thermique y est obtuse ; le sens musculaire (notion de la position du membre) y est perdu. Le membre inférieur droit a conservé sa sensibilité ; deux sensations perçues à la cuisse à 6,7 ; au mollet à 12,5 ; à la face interne de la jambe à 5.5.
Sur l'abdomen, analgésie, sensibilité tactile obtuse à gauche ; à droite, deux sensations à 6 centimètres; sur le thorax, à gauche, la sensibilité existe, mais diminuée; deux sensations à 8,5 cà gauche ; à 7.5 à droite ; sur le dos, sensibilité obtuse, analgésie à gauche. Sur le membre supérieur, sensibilité conservée dans tous ses modes, mais diminuée, sauf à la main, où elle est presque égale des deux côtés ; deux sensations au bras droit à 7,5, gauche à 14; avant-bras droit à 5,5, gauche à 11. Paume de la main droite à 1, gauche 1,5 ; dos de la main droite et gauche, à 2,5 ; pulpe des doigts, droite et gauche, à 0,4. Enfin à la face, sensibilité conservée égale des deux côtés.
Sensibilité spéciale : gustation et sensibilité tactile abolies à gauche, goût de la coloquinte non perçu. Odorat aboli à gauche (odeur de vinaigre non perçue) sensibilité tactile de la pituitaire très amoindrie. Le malade entend très bien sans qu'on élève la voix; mais le tic tac de la montre n'est perçu des deux côtés qu'à deux à trois centimètres de distance. La vision du côté gauche est diminuée; l'œil distingue les couleurs, lit à une petite distance de grandes lettres : à l'ophtalmoscope, on constate une opacité au centre du cristallin; acuité visuelle
mesurée par M. Charpentier ^ ; œil droit normal.
4° Diminution de la force musculaire à gauche. Cette force, mesurée au dyanomètre, est pour la main droite 45, pour la main gauche 23.
Le malade ne peut pas fléchir la jambe gauche sur la cuisse
au delà de l'angle droit; la flexion et l'extension des orteils, celles du pied sur la jambe se font avec une certaine résistance que le malade compare à celle du caoutchouc. Des poids étant suspendus par une corde passée autour du cou-de-pied de X..., assis au bord du lit, les jambes pendantes, le pied droit soulève 7 kilogrammes jusqu'à la position horizontale de la jambe; le pied gauche soulève 6 kilogrammes à la moitié de la hauteur précédente et 7 kilogrammes à peine à quelques centimètres du sol, et les laisse tomber presque immédiatement.
Le 25 janvier, à 10 heures du matin, application de la barre aimantée contre le côté gauche de la face, le pôle négatif en haut. Vers 2 heures, le malade a, pendant vingt minutes, une sensation qu'il ne peut définir à la région occipitale gauche.
Le 26, après vingt-quatre heures d'application de l'aimant, le malade est tout étonné, quand on l'enlève, de pouvoir tourner la tête à droite et à gauche , la fléchir, l'étendre, sans ressentir de vertige, ni d'obnubilation de la vue, ce qu'il ne pouvait pas faire depuis 1873. Il marche droit et sans vertige; mais l'anesthésie plantaire gauche et la faiblesse du membre persistent; il sent la plante peu assurée sur le sol, comme sur du caoutchouc, dit-il; l'anesthésie sensorielle persiste au même degré, ainsi que l'hémianesthésie sensitive. L'œil gauche compte le nombre des doigts à 75 centimètres de distance. — Deuxième séance : application de l'aimant sur la jambe et la cuisse gauche à 10 heures du matin. A 3 heures, la sensibilité revenait par places, un peu partout, pas plus au pôle négatif qu'ailleurs.
Le 27, aimant resté vingt-quatre heures en place. Sensibilité et sens musculaire restaurés dans le membre; deux sensations distinctes à 6 centimètres à la face antérieure de la jambe gauche comme à droite; à 7,5 à la cuisse gauche, 6,75 à droite; les mouvements des orteils sont plus faciles. Pas de changement au membre supérieur. Application de l'aimant sur le bras et l'avant-bras. Dans la nuit, douleur occipitale vive qui l'empêche de dormir.
Le 28, la douleur occipitale a cédé à une injection de morphine; la sensibilité tactile, mesurée à l'esthésiomètre, le 29, est presque égale des deux côtés. Gauche : face dorsale de Lavant-bras, 6,5; droite 5 centimètres : gauche : paume de la main, 5 millimètres; droite, 5 millmètres; gauche : plante du. pied (transversalement), 4,2; droite, 3,5; face antérieure de la
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jambe gauche, 12 centimètres; droite, 10. Le malade, qui ne pouvait pas fléchir la jambe au delà de l'angle droit, la fléchit complètement; la flexion et l'extension des orteils sont plus faciles. — Quatrième séance : application de l'aimant en fer à cheval sur le côté gauche de la face, le pôle négatif vers l'œil, le positif vers l'oreille pendant vingt-quatre heures.
Le 30, le malade compte le nombre des doigts à 23 centimètres au lieu de 76; le goût est revenu à gauche; la coloquinte est perçue, moins bien qu'à droite; l'odorat est revenu aussi. Il peut tourner la tète plus facilement. — Cinquième séance : application de l'aimant à la même région de 6 heures du soir à 9 heures du matin.
31. — Douleur sourde du synciput à la région frontale droite depuis 2 heures du matin. L'œil gauche compte les doigts à lm,30. Force dynamométrique; main droite, 44; main gauche, 33. La sensibilité restaurée se maintient. Le malade a pu descendre l'escalier hier sans se tenir à la rampe, ce qu'il ne pouvait faire depuis 1873.
Les jours suivants, la force musculaire continue à augmenter; le 4 février, le dynamomètre de Mathieu donne 45 à droite, 41 à gauche (un nouveau dyanomètre de Colin donne 56 et 42, le 8 février, 59 et 46). L'acuité visuelle augmente aussi; mesurée le 9 février, elle est de — au lieu de -r~- ; le malade dis-
tingue une clef à 76 centimètres; le 26 janvier, il ne la distinguait qu'à 28 centimètres.
La force musculaire du membre inférieur gauche est accrue; le 22 février, il soulève 7 kilogrammes avec le pied gauche jusqu'à la position horizontale de la jambe et la maintient pendant vingt secondes; avec le pied droit il soulève le même poids et le maintient pendant vingt-quatre secondes. L'ouïe reste telle qu'elle était. Les autres sens se maintiennent; les mouvements des doigts et du cou-de-pied présentent encore un certain degré de raideur due peut-être à la démarche particulière que le malade a dû garder pendant huit ans, marchant avec précaution d'une pièce, ne sentant que peu le sol, évitant de fléchir et d'étendre les articulations du pied; ces mouvements deviennent de jour en jour plus souples, grâce à l'électrisation induite faite tous les jours avec les électrodes humides.
Une douleur plus vive que celle existant d'habitude avait succédé à l'application de l'aimant, dans la région occipitale; céphalalgie gravative s'irradiant à la région frontale droite,
continue et ne cédant que passagèrement à la morphine. L'aimant en fer à cheval, même de très fort calibre, appliqué pendant plusieurs jours, du 1er au 4 février, loco dolenti, reste inefficace contre cette douleur. Le 26 février, application d'un courant continu, pôle positif, à la protubérance occipitale, négatif à la région frontale, à 11 heures du matin; dans la nuit, la céphalalgie frontale a disparu et la douleur se localise à la protubérance.
Une nouvelle application du courant (huit éléments), pôle positif au synciput, négatif à la nuque, est suivie, au bout de quatre heures, de la cessation complète de la douleur; elle reparaît encore légère le 11 février, mais cède' de nouveau au courant continu et n'a pas reparu depuis. Ajoutons enfin que les érections, supprimées depuis plusieurs années, ont reparu depuis l'application des aimants. Quand le malade se réveille le matin dans son lit, le pénis est en érection, ce qu'il n'était plus depuis 1873. Il dit n'avoir pas eu de relations sexuelles depuis plusieurs années; les désirs génésiques éteints n'ont d'ailleurs pas reparu.
En résumé, chez un homme de quarante-neuf ans, symptômes d'affection cérébelleuse datant de neuf ans, attaque apoplectiforme, céphalalgie occipale, titubation, vertige au moindre mouvement de la tète sur le rachis : hémianesthésie depuis deux ans, sensitivo-sensorielle. Un aimant sur la face dissipe d'abord le vertige; puis restaure la sensibilité sensitivo-sensorielle. Restauration graduelle de la sensibilité sur le tronc et les membres gauches par les aimants et augmentation de la force musculaire.
N'est-ce pas une chose étrange, et presque merveilleuse, de voir une affection aussi grave, des symptômes aussi complexes, de la titubation et un vertige datant de plus de sept ans, qui avaient résisté aux traitements les plus énergiques, céder en quelques heures à l'application d'un morceau de fer aimanté ?
A quelle lésion avions-nous affaire? Dans l'état actuel de nos connaissances physiologiques, il est impossible de formuler un diagnostic précis, et les observations de ce genre
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sont propres à rendre modestes les physiologistes et à montrer que les progrès sérieux réalisés ces dernières années dans l'étude des centres nerveux sont peu de chose relativement à ce que nous ignorons encore. En attendant de nouveaux faits une lumière plus complète, nous pouvons admettre l'existence très probable d'une affectioa cérébelleuse. La céphalalgie occipitale, les vomissements du début, la titubation, le vertige, sont en effet les symptômes notés dans les lésions du cervelet. Reste Thémianesthésie gauche sensitivo-sensorielle avec la faiblesse musculaire ou parésie, et une certaine rigidité des deux membres ; ces symptômes de date plus récente ne peuvent plus s'expliquer par une lésion cérébelleuse ; celle-ci laisse, en effet, la sensibilité intacte. La propagation de la lésion à la protubérance ou à un pédoncule cérébral ne suffit pas non plus à l'interprétation de ces faits ; car l'hémianesthésie par lésion mésocéphalique ou du pédoncule ne paraît pas intéresser le domaine du nerf olfactif, qui l'est dans notre cas.
Faut-il admettre, outre le foyer cérébelleux ancien, un second foyer plus récent qui intéresserait particulièrement le tiers supérieur de la capsule blanche interne ?
Telle est, ce nous semble, la seule opinion conciliable avec les idées doctrinales généralement admises.
Signalons maintenant quelques faits intéressants relatifs à l'influence thérapeutique.
1° Le premier effet de l'aimant fut de dissiper le vertige. Après vingt-quatre heures d'application de l'aimant, le malade tourne la tête et la meut dans tous les sens, sans vertige ni obnubilation de la vue, ce qu'il ne pouvait faire depuis sept ans.
Comment expliquer ce phénomène? Savons-nous seulement ce qu'est le vertige? Sensation spéciale qui se traduit par une illusion sur notre position dans l'espace, vis-à-vis des objets qui nous environnent, elle paraît susceptible
d'être réalisée par une perturbation fonctionnelle du cerveau.
Dans notre observation, elle semble se rattacher, en effet, à une affection cérébelleuse. Admettons cette origine. Comment l'aimant intervient-il? A la rigueur, on peut concevoir un mode d'action analogue à celai par lequel nous avons cherché à interpréter l'influence curative de Faimant sur le tremblement, la trépidation réflexe et la contracture1. Le cerveau corrigerait par son initiative personnelle les impressions erronées que lui transmet le cervelet ; il rectifierait à l'aide des impressions qui lui aboutissent par les sens spéciaux, musculaire et tactile, les aberrations de la fonction cérébelleuse. Ainsi est-il admissible qu'en restaurant le sens visuel, auditif, tactile, musculaire, etc., et permettant au sensorium une appréciation fondée des faits, l'aimant lui permette d'intervenir contre le mécanisme cérébelleux qui tend à produire la titubation et le vertige, comme nous l'avons vu intervenir contre le mécanisme spinal qui fait de la chorée et de la contracture.
Cette idée théorique, qui peut s'adapter à certains faits, comme celui de la prochaine observation, n'est pas applicable à celle-ci ; car, d'une part, le vertige chez ce malade existait plusieurs années avant que l'hémianesthésie ne fût constatée ; d'autre part, le vertige avait disparu sous l'influence de l'aimant, alors que l'hémianesthésie sensitivosensorielle existait encore tout entière.
Le problème reste donc obscur. Ce n'est pas par sa vertu esthésiogène que l'aimant a dissipé le vertige. Peut-on concevoir une interprétation autre? D'après les expérimentateurs, les lésions peu profondes des parties latérales du cervelet, celles mêmes de toute l'épaisseur de l'organe, mais portant sur la ligne médiane, ne donneraient lieu à
4 Voir : De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, 3e édition, pages 329 et suivantes.
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aucun mouvement de rotation du corps, à aucune incoordination des mouvements.
Mais, dit Vulpian, lorsque la lésion porte sur les parties latérales et qu'elle est quelque peu profonde, ces phénomènes se produisent aussitôt. La déviation des yeux, le nystagmus, la rotation de l'animal dans un sens ou dans un autre s'observent à un degré d'autant plus marqué que la lésion s'approche davantage des racines des pédoncules cérébelleux.
Les expériences de Leven et Ollivier, de Nothnagel et autres semblent confirmer cette opinion. On peut donc se demander si le cervelet concourt par lui-même à la coordination des mouvements, si ses altérations propres sont susceptibles de produire des désordres dans la motilité, et le vertige qui les accompagne, ou s'il n'agit que par l'intermédiaire des fibres profondes, des pédoncules cérébelleux qui établiraient des connexions entre lui et les autres centres nerveux, spinaux et encéphaliques, quel que soit d'ailleurs le mécanisme qui produit ces phénomènes.
S'il en était ainsi, on concevrait à la rigueur que l'aimant agisse en rétablissant les voies de communication interrompues dont l'intégrité assure l'équilibre des mouvements. De même qu'il restaure la sensibilité détruite pas les lésions de la capsule blanche interne, en frayant à l'influx nerveux sensitif centripète de nouvelles voies de passage, de même il restaure l'équilibre des mouvements et dissipe le vertige lié à ce désordre, en frayant de nouvelles voies de communications à travers les fibres pédonculaires de l'isthme qui vont du cervelet aux centres moteurs. L'impression produite à la périphérie des nerfs sensitifs par l'aiment serait conduite par les faisceaux cérébelleux directs qui mettent en relation ces nerfs et la substance grise de la moelle avec le cervelet. Je livre cette hypothèse pour ce qu'elle vaut, sans insister davantage pour ne pasm'égarer dans un champ. aussi mal défriché encore.
Après ces considérations sur le vertige, je mentionne rapidement les autres effets thérapeutiques de l'aimant.
2° Appliqué successivement sur la face et les membres, il a ramené peu à peu la sensibilité sensorielle, tactile et musculaire, et cette sensibilité est devenue presque égale des deux côtés, continuant à se perfectionner les jours suivants, l'aimantation étant suspendue.
3° La force musculaire, mesurée au dynamomètre dans la main et à l'aide de poids soulevés par les pieds, a considérablement augmenté (presque doublé) par l'application de l'aimant; les mouvements sont devenus en même temps plus rapides et plus précis. Les mouvements de flexion et d'extension du cou-de-pied, des orteils et du genou, très limités, ont repris leur souplesse normale.
4° La guérison s'est maintenue jusqu'à ce jour (fin mars).
Un mot encore sur notre malade. Ce qui précède était écrit quand nous l'avons revu le 20 septembre. Son état s'est modifié et nécessite quelques considérations complémentaires.
Sorti de notre service le 2 mars, il marchait bien et sans hésitation, avec une canne, ne ressentant qu'une certaine raideur dans les articulations du cou-de-pied et des orteils ; au bout de quinze à vingt minutes, la fatigue l'obligeait à s'asseoir. Le vertige disparu n'est pas revenu. X. tourne la tête et la remue en tons sens sans plus éprouver aucune sensation anormale; il n'a plus de douleurs occipitales ; seulement, il éprouve encore une ou deux fois par semaine le sentiment d'un léger coup de marteau allant de la partie gauche de l'occiput d'avant en arrière à la région frontale, un seul coup durant une fraction de seconde, non douloureux, tandis qu'autrefois, avant l'aimantation, ce coup était plus douloureux, le réveillait pendant la nuit, durait plus longtemps, une minute environ, et se répétait cinq ou six fois au moins dans les vingt-quatre heures.
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La sensibilité restaurée persiste ; seulement il existe un certain degré d'engourdissement aux talons, plus marqué au gauche, et qui aurait augmenté depuis la sortie du malade, engourdissement sans fourmillements ni ânesthésie.
D'autres troubles sont survenus depuis environ quatre mois :
1° Une douleur qui commence à l'ischion gauche, s'étend vers le grand trochanter et de là descend à la face antérieure de la cuisse, se limite plus bas à la crête antérieure du tibia et se propage vers le premier et le quatrième orteils ; douleur obtuse, comme une sensation d'excoriation légère, marquée surtout vers l'ischion et la crête du tibia, n'augmentant pas par la marche ;
2° Une douleur contusive moins forte, continue, dans les deux avant-bras, des coudes aux poignets, plus marquée à gauche ; cette douleur a diminué depuis le 22 août, par le traitement (iodure de potassium, bains sulfureux) ;
3° Une douleur au milieu des vertèbres lombaires et de la région lombaire gauche, peu intense, continue, spontanée et à la pression, sans exacerbation pendant le décubitus, mais devenant quelquefois très forte quand le malade se dresse sur son séant ;
4° Quelquefois, les deux derniers doigts gauches et les trois derniers à droite deviennent insensibles et comme morts ; il les mord sans les sentir. Ce phénomène se présente surtout dans la nuit, quatre ou cinq fois; plus rarement le jour, une fois seulement, ou pas du tout; il dure trois à quatre minutes et disparaît habituellement quand le malade met les mains entre les cuisses, sans doute par la chaleur. Ce symptôme, d'ailleurs, que nous n'avions pas noté, existe depuis plus d'un an et n'avait pas disparu à la suite de l'application des aimants. La sensibilité tactile et à la douleur est conservée en dehors de ces crises;
5° Quand le malade entre au lit, il est pris régulière-
ment pendant quinze ou vingt minutes, depuis environ quatre mois, de secousses dans un pied qui fléchit et s'étend alternativement ou bien subit un mouvement d'adduction et d'abduction ; ou bien c'est dans le genou un mouvement de flexion et d'extension alternative. Ces phénomènes nouveaux se manifestent tantôt adroite, tantôt à gauche, mais jamais dans les deux côtés en même temps ; les secousses se succèdent quelquefois à des intervalles de quelques minutes, se suivent rapidement au nombre de dix ou vingt. Nous ne constatons pas d'exagération des réflexes tendineux.
6° Ceci est le phénomène nouveau le plus saillant ; il s'est manifesté depuis quatre mois et va en progressant, au dire du malade. Il a une démarche iVataxique très accentuée, lançant ses deux jambes ; la droite est mieux soulevée que la gauche. Il se tient debout, sans canne, les yeux ouverts ; mais ceux-ci fermés, il vacille au bout de sept secondes. Sur un seul pied, les yeux fermés, il ne peut se tenir debout et vacille immédiatement. Cependant il sent la résistance du sol, distingue le plancher du tapis ; il n'a aucun vertige ; ce n'est plus comme autrefois, la démarche titubante d'un homme ivre, ce sont les mouvements mal coordonnés avec projection des pieds de l'ataxique. De plus, il ressent quelquefois pendant la marche, une fois environ par quart d'heure, comme un coup dans les genoux qui fléchissent, et il tomberait s'il ne s'appuyait. Dans son lit, il exécute tous les mouvements ; la force musculaire semble conservée ; la force dynamométrique, mesurée au dynamomètre de Mathieu, est de 45 pour la main droite et de 33 pour la main gauche. L'érection du pénis a toujours lieu le matin, sans excitation insolite. J'ajoute que le malade n'a pas et n'a jamais eu de douleurs fulgurantes caractérisées.
Tel est l'état actuel. Ainsi, les symptômes qui avaient cédé à l'aimant n'ont pas reparu. D'autres se sont manifes-
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tés qui obscurcissent le diagnostic. L'ataxie locomotrice des membres inférieurs existe très prononcée, sans vertige, sans titubation. Est-ce encore de l'ataxie cérébelleuse ? Estce de l'ataxie spinale ?
La première, d'après ce qui est généralement admis, serait une titubation vertigineuse, pendant la station et la marche, rappelant celle de l'ivresse ; c'est cette démarche que notre malade a présentée pendant nombre d'années avant la magnétothérapie, et qui, accompagnée des autres symptômes notés, ne paraît pas laisser de doute sur un foyer intéressant le cervelet.
Aujourd'hui, l'ataxie n'offre plus ce caractère, mais rappelle celui de la maladie de Duchenne. Gouclurons-nous à une localisation nouvelle dans les cordons postérieurs de la moelle? Dirons-nous qu'il s'agit d'une affection complexe, telle que sclérose cérébro-spinale, se traduisant par des foyers multiples et successifs, dans le cervelet, la capsule blanche interne droite, les cordons spinaux postérieurs? Les manifestations de date récente accusées par notre malade, les sensations douloureuses dans le membre inférieur gauche et la région lombaire, les secousses convulsives des jambes quand il se met au lit, se rapportent-elles à cette nouvelle détermination spinale? L'autopsie donne trop souvent des démentis à nos déductions diagnostiques sur le champ des centres nerveux, pour que nous osions émettre une assertion.
J'ai noté que le malade n'a jamais eu de douleurs fulgurantes proprement dites, symptômes si fréquents du début de l'ataxie spinale ; jamais de diplopie, ni de troubles réflexes des mouvements pupillaires.
J'ajouterai, d'autre part, que l'ataxie cérébelleuse ne semble pas se borner toujours à une simple titubation vertigineuse. Dans plusieurs observations d'affections du cervelet, on lit des faits comme celui-ci, par exemple : « Les membres inférieurs exécutent des mouvements désordon-
nés, la patiente levait les pieds ou trop tôt ou trop tard, frappait le sol tantôt du talon, tantôt de la pointe, projetait irrégulièrement ses jambes. » {Tumeur du cervelet, par Curschmann: Berl. klin. Wochenschr., 1877 et Revue de Hayem.) Chez un homme qui vient de mourir au service de mon collègue Spillmann, avec une tumeur du quatrième ventricule, sans lésion médullaire, on constatait une paraplégie incomplète, mais très accentuée des membres inférieurs, avec des mouvements incoordonnés pendant les efforts de la marche. Cette incoordination était surtout manifeste au membre supérieur gauche moins paralysé ; le malade, par exemple, appelé à porter son doigt sur le bout du nez, ne parvenait pas à diriger ce mouvement avec précision sur le point indiqué, mais tombait à côté. L'ataxie cérébelleuse peut donc quelquefois simuler l'ataxie spinale.
En conséquence, je crois que le diagnostic précis n'est pas possible chez notre malade, dans l'état actuel de nos connaissances. L'affection cérébelleuse semble très vraisemblable, mais elle ne paraît pas s'adapter à l'interprétation de tous les phénomènes successivement observés.
Cette nouvelle phase clinique n'altère pas d'ailleurs les conclusions que nous avons déduites de l'influence thérapeutique des aimants. Elle montre seulement, confirmant ce que nous avons dit au sujet de la seconde observation, que la magnétothérapie n'a qu'une influence purement dynamique et fonctionnelle, qu'elle n'arrête pas l'évolution organique de la maladie, mais rétablit certaines fonctions troublées par la lésion, souvent incapables de se restaurer spontanément, bien que leur intégrité soit conciliable encore avec la nature de la lésion.
Observation XCVII. — Attaque d'apoplexie. — Hémiplégie incomplète; hémianesthésie complète sensitivo-sensorie lie persistant après
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quatre mois. — Guërison par V application d'aimants pendant dix jours.
H..., âgé de trente-huit ans, entre à l'hôpital le 12 mai 1881, atteint d'hémiplégie incomplète avec hémianesthésie du côté gauche, datant du 16 janvier.
Fort, bien constitué, d'une bonne santé habituelle, n'accusant ni syphilis, ni rhumatisme antérieur, mais quelques accès de fièvre intermittente contractés en Afrique en 1868 et quelques abus d'absinthe, il resta bien portant jusque vers le 12 janvier. A cette époque il aurait eu, pendant quatre jours, de légères hématémèses, avec reflux d'une partie du sang par le nez (peut-être étaient-ce des épistaxis ?) vomissements faciles sans nausées, sans troubles digestifs, dit-il. Il travaillait alors dans un laminoir de Liège, exposé à une chaleur très vive. Le 16 janvier, il ressentit du malaise, de la céphalalgie avec vertige et des picotements douloureux dans toute la la moitié gauche du corps; en même temps, il aurait éprouvé une sensation de froid; le champ visuel correspondant à l'œil gauche était trouble, il aurait vu double les objets et les personnes. La marche était normale, la force musculaire conservée; du côté de la face rien n'était modifié.
Pour dissiper ce malaise, il se promena dans un jardin public de Liège, quand il perdit tout à coup connaissance et tomba sur place.
Transporté à l'hôpital de Liège, il ne reprit connaissance qu'au bout de dix jours. Il était frappé d'hémiplégie complète avec hémianesthésie sensitivo-sensorielle gauche.
Au bout de quarante jours, le malade put parler convenablement et marcher, mais l'hémianesthésie persistait. Il quitta l'hôpital de Liège le 26 février et fit un séjour de quarante jours à l'hôpital de Reims, où on lui électrisa les membres paralysés.
Sorti de ce dernier hôpital il y a quelques jours, il voulut reprendre son travail; mais il restait sujet depuis son attaque à des vertiges fréquents : tout tourne autour de lui. Depuis deux jours, ces vertiges ont augmenté; la céphalalgie s'y est jointe; la marche est incoordonnée, il tombe à chaque instant, dit-il, du côté paralysé; les enfants le suivaient dans la rue comme un homme ivre.
Etat actuel (le 17 mai 1881). — Traits de la face déviés à droite : paralysie du nerf facial supérieur et inférieur gauche;
peau frontale gauche lisse sans ride; l'œil se ferme incomplètement et pleure; tous les mouvements de l'œil sont conservés; l'orbiculaire palpébral seul est parésié. Narine gauche abaissée; la droite tirée en haut et en dehors, de même que la commissure labiale droite; langue déviée à gauche, le malade la sort assez facilement; en soufflant, il ne contracte que la moitié droite de l'orifice buccal.
Sens spéciaux : acuité visuelle diminuée -^ pour l'œil gauche;
~ pour l'œil droit. Le champ visuel de l'œil gauche pour les
différents diamètres, mesure en haut (verticalement) 15°; en dehors et en haut, il mesure 16°; en dehors, 20°; en bas et en dehors, 16°; en bas, 17°; en dedans et en bas, 26°; en dedans, 18°; en dedans et en haut, 16°.
Le champ visuel droit, pour les mêmes diamètres, successivement en allant de haut en bas pour le côté externe et revenant de bas en haut pour le côté interne, mesure 45°, 48°, 75°, 75°, 75°, 50°, 32°, 36°.
L'œil droit reconnaît toutes les couleurs; l'œil gauche reconnaît le rouge; le bleu et le vert paraissent noir.
L'oreille gauche ne perçoit pas le tic tac de la montre appliquée contre elle; l'oreille droite la perçoit à 9e, 5 le 13 mai, à 13e,5 le 15 mai.
L'odorat est aboli à gauche, conservé, mais diminué à droite.
Le goût est aboli sur la moitié gauche de la langue qui ne perçoit pas l'amertume de la coloquinte; la moitié droite la perçoit.
La sensibilité (dans tous ses modes) est abolie à la face du côté gauche jusqu'à 5 centimètres de la ligne médiane. De même sur le cuir chevelu et la muqueuse bucco-pharyngée.
Membres supérieurs. — Sensibilité abolie à gauche jusqu'au tiers supérieur où elle reparaît obtuse ainsi qu'à l'épaule. Pas de paralysie : le malade exécute tous les mouvements, mais lève son avant-bras lentement, avec un léger tremblement, et en suivant le mouvement des yeux. Ceux-ci fermés, il soulève un peu son avant-bras, puis le laisse tomber brusquement à un moment donné. 11 n'a aucune notion de la position du membre qu'on déplace à son insu. Une peut ni ouvrir ni fermer les mains sans le concours des yeux. Le dynamomètre serré de la main gauche donne, avec la vue 12, sans la vue 4; avec la main droite 76°.
MAGNÉTOTHERAPIE 625
Membres inférieurs. — À la plante du pied gauche, sensibilité tactile très obtuse; sensation vague de deux pointes de compas distantes de 12 centimètres. Analgésie complète. A la jambe et au tiers inférieur de la cuisse jusqu'à 9 centimètres du bord supérieur de la rotule, anesthésie complète ; au-dessus, sur la cuisse, sensibilité tactile et à la température très obtuse, analgésie incomplète, retard de perception. Deux sensations sont vaguement perçues sur la face antérieure de la cuisse gauche avec un écartement de 65 millimètres dès deux branches du compas, à droite avec 30 millimètres.
11 ne peut que faiblement, lentement, avec un léger tremblement, fléchir la jambe sur la cuisse, et celle-ci sur le bassin, avec un déploiement de force considérable; il n'exécute que des mouvements très limités des orteils. Les réflexes ne sont pas exagérés. Le malade étant assis sur son lit, la jambe gauche soulève 2 kilogrammes suspendus au pied à peine à
10 centimètres, 1 kilogramme est soulevé jusqu'à la moitié de l'horizontale ; 500 grammes le sont lentement jusqu'à la moitié de l'horizontale; il n'a aucune notion de la différence des poids.
Au tronc, anesthésie du côté gauche en avant et en arrière complète; sauf sensibilité obtuse dans la fosse sus-épineuse et la moitié supérieure de la fosse sous-épineuse.
Le malade marche en fauchant de la jambe gauche et laissant retomber la partie antérieure du pied. Le 14 mai il est levé de
11 heures à 2 heures et demie : un vertige l'oblige de se recoucher.
Troubles trophiques : taies de la cornée : phlyctène comme une pièce de 50 centimes au-dessus de la malléole externe gauche, un autre d'un diamètre double au-dessous et en avant de la malléole interne.
Le 15 mai, à 10 heures et demie du matin, première application d'un aimant en fer à cheval qui soulève 250 grammes de fer à la joue gauche, entre l'œil et l'oreille. A une heure de l'après-midi, jusqu'au lendemain kà la visite, le malade ressent des fourmillements au lieu de l'application et autour jusqu'à la partie latérale de la nuque : il a aussi des bourdonnements d'oreille et de la douleur de tête, le côté gauche de la face se couvre de sueur ; il ne dort que 2 heures.
Le 16 mai, à la visite, on constate :
La sensibilité générale est revenue : 1° au-dessus et en dehors de la bosse frontale gauche sur l'étendue d'une pièce de 5 francs;
Bernheim. — Hypnotisme, 2° édit. 40
2° à l'angle externe de l'œil, sur l'étendue d'une pièce de 50 centimes ; 3° par places à la nuque et sur la partie antérieure de l'épaule. Vision : il distingue les objets et les montre du doigt à cinq mètres, peut lire à plus de 30 centimètres, couramment, reconnaît le bleu et le vert.
L'audition existe jusqu'à 6 mètres, mais le tic tac de la montre n'est pas perçu à cause des bruissements d'oreille. Les muqueuses restent anesthésiées.
Deuxième application de l'aimant à cinq heures du soir, ibidem. De plus, application d'un autre aimant à la face palmaire du poignet et de la main.
Le 17 mai. — N'accuse plus d'autres sensations subjectives que le bruissement d'oreille. La sensibilité est revenue, outre les régions d'hier, sur la région frontale externe et la paupière supérieure vers la commissure externe ; légère sensibilité de la conjonctive, du lobule de l'oreille. Larmoiement moindre; le réflexe du clignement se produit. Tic tac de la montre perçu à deux centimètres.
A la main, la sensibilité n'est revenue qu'à la paume sur une hauteur de deux centimètres au niveau de la racine des troisième et quatrième doigts, et au-dessus du poignet à la partie antérieure de l'avant-bras sur une hauteur de quatre centimètres. L'anesthésie persiste ailleurs. Le dynamomètre donne 76 à droite, 16 à gauche.
Troisième application de l'aimant à 10 heures du matin sur la main, à 5 heures du soir sur la face. Dans la matinée, sensation de pulsations dans la main et de secousses dans le coude se répétant toutes les trois minutes. A la face, fourmillements jusqu'à 5 heures du matin ; le malade craint une congestion cérébrale et enlève l'aimant pendant une heure.
Le 18 mai, on constate, à la face, sensibilité ne dépassant pas en dehors une ligne verticale passant par la commissure externe de l'œil, sensibilité de la région temporo-pariétale, et dans une petite zone en avant de l'oreille ; par places seulement, sur la joue au-dessous de la paupière inférieure ; celle-ci et la conjonctive sont sensibles.
Lit à quarante-cinq centimètres de distance. Même état des autres sens.
A la main, sensibilité des deux dernières phalanges. A l'avantbras, la sensibilité remonte à la face antérieure à douze centimètres au-dessus du poignet. Cette sensibilité restaurée est partout faible et avec analgésie.
MAGNETOTHERAPIE 627
Je ne poursuivrai pas cette observation jour par jour ; elle est relatée dans la Revue médicale de l'Est (1882). L'application des aimants est continuée ainsi jusque vers la fin de mai. Le 21, on commence à l'appliquer à la jambe. La sensibilité se restaure progressivement.
Le 27 mai, après la dixième application de l'aimant, on note : sensibilité partout. Le malade a marché hier toute l'après-midi sans vertige. La déviation des traits est moindre : mais le front ne se plisse pas à gauche; il y a toujours un certain degré de larmoiement. Le malade se sent plus fort du bras et de la jambe. 11 repousse du pied avec force, ce qu'il ne pouvait pas faire au début. Il arrive à soulever la jambe lentement sans effort et à. la fléchir. Les jours suivants, il reste levé, marche toujours en fauchant, n'a presque plus de vertige ; l'hémiplégie faciale persiste à un certain degré. Il porte bien, mais avec une certaine lenteur, la main gauche sur la tête. Le 31, le dynamomètre donne 46 à 48 pour la main gauche. Le pied soulève 7 kilogrammes jusqu'à l'horizontale, mais ne les soutient que pendant une seconde : ce poids lui semble cinq fois plus lourd à ce cou-de-pied qu'au droit. Il soulève 5 kilogrammes et les maintient pendant sept secondes.
L'œil coule moins ; le front ne se plisse pas encore à gauche ; cependant les muscles sourciliers, masséter, élévateur de l'aile du nez se contractent. La sensibilité générale et les sensibilités spéciales sont parfaites.
L'examen du champ visuel fait le 8 juin montre que, à gauche, ce champ visuel a considérablement augmenté, plus que triplé ; le champ visuel droit s'est aussi élargi dans sa demicirconférence supérieure.
Voici les chiffres pour l'œil gauche : en dehors 77 au lieu de 20. En dehors et en bas, 80 au lieu de lô. En bas, 65 au lieu de 17. En bas et en dedans, 53 au lieu de 26. En dedans, 53 au lieu de 18. En dedans et en haut 60 au lieu de 16. En haut 48 au lieu de 15. En haut et en dehors, 60 au lieu de 16.
Voici les réflexions dont nous faisions suivre cette observation en 1882 :
En résumé, attaque d'apoplexie précédée de prodromes et laissant après elle une hémiplégie incomplète avec hémianesthésie sensitivo-sensorielle gauche complète persistant encore après quatre mois. 11 a fallu appliquer les
aimants pendant dix jours sur les diverses régions du corps pour restaurer la sensibilité partout. Il s'agit évidemment, dans ce cas, d'une lésion organique de l'hémisphère gauche ; les prodromes qui ont précédé l'attaque semblent indiquer un ramollissement par oblitération vasculaire. Ce ramollissement intéresserait, outre le tiers postérieur de la capsule blanche interne, la partie inféro-interne du noyau lenticulaire ou les tractus blancs de ce segment décrit sous le nom de globus pallidus, si les données indiquées par M. Hallopeau, relatives au trajet intra-cérébral du faisceau supérieur du nerf facial, viennent à se confirmer.
Insistons sur quelques détails de cette observation L'aimantation a ramené la sensibilité lentement et progressivement au fur et à mesure du contact de l'aimant avec les diverses parties du corps. La sensibilité, d'abord obtuse, a continué à se perfectionner avec l'aimantation. De plus ce n'est pas par continuité de tissu que le tronc a recouvré sa sensibilité. Le 21 mai, par exemple, la cuisse ne présentait que des traces de sensibilité vers sa partie inférieure et externe, et le bras seulement à sa face antérieure et interne alors que tout le tronc était redevenu sensible, sans application directe de l'aimant. A mesure que la sensibilité reparaissait du côté paralysé, elle a paru se perfectionner aussi sur le côté sain. L'examen au périmètre a montré aussi que avec l'augmentation considérable du champ visuel gauche a coinciclé une certaine augmentation du champ visuel droit.
Avec la restauration de la sensibilité a marché de pair une augmentation de la force musculaire constatée par le dynamomètre au membre supérieur et le poids soulevé au membre inférieur. L'aimant (je dirai aujourd'hui la suggestion) a-t-il une efficacité directe contre la paralysie motrice? Est-il susceptible de restaurer la force musculaire comme il restaure la sensibilité ?
MAGNEÏOTHERAPIE 629
L'action incontestable que l'aimant a provoquée dans ce cas, comme dans les autres, augmentant la force et la précision des mouvements, peut être subordonnée à la vertu esthésiogène.
« L'abolition complète de la sensibilité dans un membre, dit Vulpian, trouble à un haut degré les mouvements de ce membre. Les mouvements deviennent incertains, irréguliers et paraissent perdre une partie de leur énergie. Des expériences instituées d'abord par Ven Deen, répétées depuis par Longet, par Cl. Bernard, par Brown-Sequard, que j'ai faites aussi, montrent bien toute l'influence qu'exerce la sensibilité des membres sur leurs mouvements. »
Le contraire a été soutenu, il est vrai, par M. Tripier, qui conclut de ses expériences que la diminution du sens du tact, ne détermine, chez le chien, aucun trouble dans les mouvements. Mais les expériences de M. Tripier ne sont rien moins que démonstratives. Dans les deux qu'il rapporte, il ne détermine, par des sections de nerfs sensitifs, qu'une diminution et non une abolition de la sensibilité ; de plus, il ne peut mesurer d'une façon rigoureuse la force musculaire des membres anesthésiés chez les animaux. Chez notre malade, d'ailleurs, l'augmentation de la force musculaire a marché de pair avec le retour de la sensibilité tactile et musculaire. L'aimant n'a rendu aux muscles que ce que l'anesthésie leur avait enlevé. La paralysie, liée directement à la lésion des fibres motrices intracérébrales, e^t restée réfractaire au traitement. L'hémiplégie faciale a persisté à un certain degré; le front, du côté gauche, ne s'est pas plissé ; la jambe gauche a toujours fauché en marchant. L'aimant a restauré dynamiquement, non organiquement.
On voit, par ces anciennes observations, que comme tous les médecins, nous faisions, avant de la connaître, de
la suggestion thérapeutique, sous le nom de magnéto-thérapie.
OBSERVATIONS DE THÉR APEUTIQUE PAR ENTRAÎNEMENT SUGGESTIF ACTIF OU DYNAMOGÉNIE PSYCHIQUE
Je termine ce chapitre d'observations cliniques par une étude qui a déjà paru en 1898 dans la liecue de médecine. Le lecteur verra par quelle évolution d'idées à la suite de de l'observation des faits, depuis 1882 où je faisais, comme tout le monde, de la magnéto-thérapie; je suis arrivé, en passant par les doctrines de l'hypnotisme, du sommeil provoqué, de la suggestion verbale, à la formule actuelle plus compréhensive et je crois plus féconde en thérapeutique : entraînement suggestif actif ou dynamogénie psychique.
Beaucoup de médecins s'imaginent que la suggestion thérapeutique consiste simplement à endormir la malade et à lui affirmer la guérison ou à lui faire croire qu'il est guéri. Il n'en est pas ainsi. Et d'abord, si certains peuvent être endormis, la plupart ne peuvent pas l'être, dans le sens habituel de ce mot; beaucoup ne reçoivent par suggestion que Fillusion plus ou moins parfaite du sommeil. En second lieu, ceux-là même qu'on réussit à mettre en sommeil profond, ne sont pas toujours débarrassés de leurs troubles nerveux, purement fonctionnels, par simple affirmation. Sans doute, cela arrive souvent. Une douleur, une crampe, une anesthésie, une impotence fonctionnelle sont parfois justiciables de la seule suggestion verbale. Mais souvent aussi ces troubles résistent.
Voici, par exemple, un malade atteint de paraplégie nerveuse. Il est très suggestible ; je puis le mettre en sommeil profond, lui donner des illusions, des hallucinations. Et
DYNAMOGÉME PSYCHIQUE 631
cependant j'ai beau le laisser dormir des heures, lui affirmer avec insistance qu'il est guéri, qu'il peut marcher, je mets l'idée dans son cerveau; il l'accepte. Au réveil, il est convaincu qu'il peut marcher; fort de cette conviction il essaie et ne peut pas.
Voici un autre malade qui a une douleur nerveuse : je lui affirme pendant l'hypnose qu'il ne l'a plus ; cela a réussi chez d'autres ; chez lui cela ne réussit pas ; il l'a toujours. Cette autre a une aphonie nerveuse; je lui suggère avec énergie sa disparition; la malade me croit; elle fait des efforts inouïs pour parler et n'y arrive pas.
L'idée seule passivement acceptée par le sujet n'a pas suffi pour produire l'excitation cérébrale et nerveuse nécessaire à la guérison. Cette guérison cependant que la suggestion, même dans l'état dit hypnotique, n'a pas faite, je puis l'obtenir souvent à l'état de veille, si je ne me contente pas d'introduire l'idée dans le cerveau, si j'oblige cette idée à agir, si j'ajoute l'acte à l'idée, si j'incite par un procédé matériel l'organisme à réaliser celle-ci, si je fais la suggestion active, au lieu de la faire passive, si je fais ce que j'appelle Y entraînement suggestif actif , ou ladynamogénie psychique.
Le malade atteint de paraplégie nerveuse rebelle à la suggestion simple, je le fais lever; il chancelle ; je le soutiens, je le fais marcher, en l'encourageant, en continuant à le soutenir physiquement et moralement; j'excite et j'oblige ainsi son cerveau à faire l'acte dynamogénique nécessaire pour combattre la peur ou la sensation douloureuse inhibitoire. Après quelques séances de cet entraînement suggestif actif, le sujet marche ; il est guéri.
Que de fois ai-je guéri ainsi des paralysies nerveuses traitées depuis des mois et des années inutilement par le bromure, la strychnine, l'hydrothérapie, l'électricité ; les médecins avaient mis en œuvre toutes les ressources de la thérapeutique ; ils n'avaient oublié qu'une chose : l'entrai-
nement : faire marcher le malade pour lui apprendre à marcher. N
Cet autre malade a une douleur nerveuse rebelle aussi à l'affirmation suggestive simple. En vain je l'ai laissé dormir une heure, suggérant la guérison. Alors à l'état de veille, je mets la main sur la région sensible, je lui dis : « Tenez, sentez la chaleur de ma main. La douleur diminue, diminue. En trois minutes, elle aura disparu. » Je continue à frictionner la région douloureuse pour incarner l'idée suggérée dans une sensation réelle. Au bout de trois minutes, je le fais lever, marcher vivement, lui démontrant que la douleur n'existe plus. Quelquefois j'ai réussi, ce faisant; j'ai matérialisé la suggestion, je l'ai faite active ; j'ai facilité ainsi la dynamogénie inhibitoire que la simple affirmation même à l'état hypnotique n'avait pu faire.
L'aphonie nerveuse n'a pas cédé non plus à la suggestion simple. Alors, à l'état de veille, j'excite vivement le malade à dire successivement les voyelles a, e, i, o, u ; en le stimulant vigoureusement, avec ou sans beaucoup d'efforts, je finis par inciter son cerveau à actionner suffisamment les cordes vocales pour l'émission de ces sons. L'impulsion donnée, il continue et articule avec une force toujours croissante ; l'aphonie est guérie ainsi chez quelques-uns ; je ne dis pas chez tous.
Voilà ce que j'appelle la dynamogénie psychique ou suggestion active. Les procédés de cette dynamogénie sont d'ailleurs infiniment variables; tel qui réussit chez l'un échoue chez l'autre ; ils doivent être adaptés à l'individualité psychique et à la nature de la maladie dont le mécanisme générateur n'est pas le même chez tous.
Dès mes premières recherches sur la thérapeutique suggestive j'avais observé ces faits et j'en signale dans mes livres de nombreux exemples. En voici un relaté en 1886 : « Un homme est au service avec un tic convulsif douloureux lombo-dorsal ; son tronc est plusieurs fois par minute
DYNAMOGÉNIE PSYCHIQUE 633
agité de secousses cloniques qui le projettent en avant, il ne peut absolument pas marcher. Rien n'y fait. Cela dure depuis des semaines. Quand il veut marcher, les secousses se répètent avec opiniâtreté, et il est obligé de s'arrêter ou de s'appuyer pour ne pas tomber.
<( Je l'hypnotise; il n'arrive qu'au troisième degré, assis sur une chaise. La suggestion simple ne réussit pas toujours à arrêter ces crises ; mais si je le fais marcher, soit à l'état de sommeil, soit à l'état de veille, en affirmant énergiquement qu'il n'a plus de secousses, si je le fais trotter activement, sans trêve, ni repos, les secousses disparaissent et il arrive à courir pendant des heures entières, sans ressentir aucune tendance au tic. L'entraînement suggestif actif réussit là où la simple suggestion passive a échoué1. »
Depuis cette époque, mes études sur la suggestion m'ont amené de plus en plus à considérer la suggestibilité comme une propriété normale physiologique du cerveau humain, qui peut être accrue et actionnée à l'état de veille par la parole, l'émotion, l'entraînement, l'exercice, par des procédés dynamogéniques divers ; j'ai cherché à dégager cette propriété physiologique de l'hypnotisme, à établir que l'hypnose n'est pas un état particulier, anormal, que le sommeil provoqué par suggestion où l'illusion du sommeil n'est nullement nécessaire pour obtenir les phénomènes dits hypnotiques, que ceux-ci existent sans hypnose, sans sommeil, que ce sommeil ne crée donc pas un état spécial de l'organisme, ni des propriétés physiologiques ou psychologiques nouvelles; j'ai conclu de mes observations nombreuses que la médication psychique n'est pas uniquement de l'hypno-thérapie ; que le champ de la suggestion médicale n'est pas limité à la pratique du sommeil braidique ou suggestif, qu'il n'appartient pas seulement à l'hypnotiseur
1 De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, lr<5 édition, p. 228.
privilégié et doué d'un pouvoir ou d'une expérience spéciale ; qu'il s'étend à toutes les opérations qui appellent l'élément psychique au service de l'organisme, qui mettent en œuvre la cellule consciente et pensante pour actionner les fibres nerveuses qui en émanent et la mettent en rapport organique et dynamique avec tous les organes et toutes les fonctions.
Les observations que je vais relater, serviront de démonstration clinique à ce qui précède.
Observation XCVIII. — Nervo-arthrilisme d'origine puerpérale. Neurasthénie générale avec impotence fonctionnelle des membres inférieurs, complète depuis six mois, guérie en 44 jours par entraînement actif.
Mme A.., âgée de trente-six ans, entre dans mon service le 18 juin 1895.
Histoire de la malade. — Mariée, elle a eu 5 grossesses. Les trois premiers accouchements se sont bien passés sans accident. Le quatrième aurait été suivi de pertes et d'un état nerveux pour lequel fut ordonné un séjour à Gerardmer avec traitement hydrothérapique qui procura une notable amélioration. Une nouvelle grossesse augmenta la faiblesse antérieure. L'accouchement eut lieu le 14 juillet 1894 ; il fut suivi pendant quelques jours d'un état fébrile provoqué par la rétention d'une partie du placenta. Elle nourrit l'enfant pendant trois semaines. Dans les premiers jours d'août, elle se levait et reprenait ses occupations habituelles ; mais au bout d'une semaine, elle fut prise de troubles nerveux, perte d'appétit, diminution des forces, sommeil rare. En même temps douleurs dans les reins, dans le dos, entre les épaules, dans les cuisses : ces douleurs ont persisté jusqu'à l'heure actuelle ; peu intenses au repos, elles sont exaspérées surtout par la marche et par la digestion. Après le repas, elles augmentent et s'accompagnent de fourmillements dans les mains et les jambes. Depuis trois ou quatre mois le genou gauche est gonflé et douloureux ; depuis deux mois, le cou-de-pied est douloureux. Depuis Noël, c'est-àdire depuis près de six mois, la malade a gardé le lit constamment : on la portait pour un instant sur une chaise pour faire son lit.
De nombreux traitements ont été institués. Au début trois vésicatoires, des cataplasmes sinapisés, des enveloppements de drap mouillé, du bromure de potassium. Un médecin consultant ayant constaté une ulcération du col ordonne des cautérisations et des pansements. Plus tard, vers la fin de janvier, on pense à une affection de la moelle et on applique des pointes de feu sur le rachis ; le tout sans aucun résultat.
Examen de la malade (20 juin). — Maigrie, débilitée ; tempéramment lymphatico-nerveux. Apyrexie. Pouls 104, régulier, égal. On constate une augmentation de volume du genou gauche, sans douleur : cette augmentation est due à un gonflement des condyles; la circonférence est de 34 centimètres, au lieu de 33 que mesure le genou droit. La malade plie bien la jambe, mais ne peut l'étendre complètement ; elle remue bien toutes les articulations, soulève la jambe gauche de 10 centimètres; les réflexes cutanés et tendineux sont normaux; elle n'accuse aucune douleur, étant couchée ; elle ne peut pas s'asseoir dans son lit, ni se tenir sur ses jambes.
Après le repas, la malade a des renvois pendant une à deux heures, sans nausées. Constipée depuis sa dernière grossesse, elle ne va à la selle que par lavements. L'estomac est un peu dilaté.
La respiration est normale; les bruits du cœur nets; les urines normales. — La malade n'a que 2 à 3 heures de sommeil pendant la nuit. — Les règles ont cessé depuis le mois de février.
Voici le traitement institué.
Le 20 juin, la malade ne pouvant s'asseoir dans son lit, et retombant quand on l'assied, je la fais asseoir, en insistant, en l'encourageant, et j'arrive par cette seule suggestion à l'état de veille, à la laire tenir assise dans son lit. Je lui fais quelques frictions sur les membres inférieurs, pour augmenter leurs forces.
Le 21 juin, je la fais lever. Ce n'est pas une petite chose que de mettre sur jambes cette femme couchée depuis six mois : elle laisse glisser les pieds sur le sol et tend à s'affaisser. Mais en insistant, en l'encourageant, j'arrive à la faire tenir debout quand on la soutient; puis je la fais asseoir sur une chaise où elle reste pendant trois heures. Ce jour elle mange avec appétit, la digestion est meilleure; elle a une selle, elle dort la nuit 4 à o heures.
Le lendemain 22 juin, elle soulève mieux ses jambes au lit; elle sent que les frictions (suggestives) que je fais continuer
font revenir les forces : je la fais marcher. Elle fait quelques pas, soutenue par trois personnes. Elle disait sans cesse qu'elle ne pouvait pas, que ses jambes ne la supportaient pas, qu'elle allait tomber. Et, en effet, elle s'effondrait, son corps se portait en arrière, elle soulevait péniblement les jambes, et serait tombée, si elle n'avait pas été solidement soutenue. Mais en la stimulant énergiquement, j'arrivai à lui faire faire tous les mouvements de la marche.
Je continue ainsi à faire marcher la malade tous les jours. Le 25 juin, elle se tient beaucoup mieux, le corps droit, et soulève bien les jambes. Elle conserve une raideur dans le genou gauche qui la fait boiter. Le 28, elle marche toute ^eule, facilement, en poussant devant elle une chaise sur laquelle elle s'appuie.
Le 3 juillet, elle marche bien avec une canne en boitant; le gonflement du genou a diminué. Elle réclame une suggestion hypnotique pour enlever la douleur entre les épaules et dans les reins.
Le 4 juillet, la malade marche très bien sans canne et depuis ce jour, elle continue à bien marcher sans boiter. Elle quitte l'hôpital, le 23 juillet, guérie de sa paralysie, l'appétit bon, les digestions normales, le sommeil bon. Elle accusait encore des douleurs neurasthéniques dans le dos, clans les reins, une sensation de feu dans l'abdomen ou entre les épaules, une sensation de trépidation dans la partie postérieure du corps, des tiraillements dans le ventre et les jambes; ces sensations variables existaient depuis 4 à 5 mois; elles sont plus rebelles à la suggestion, mais elles n'empêchent plus la malade de marcher toute la journée.
Voilà donc une malade qui depuis six mois était immobilisée dans son lit, ne pouvant se tenir debout, ne pouvant s'asseoir ; tous les traitements institués, médicamenteux, hydrothérapiques, révulsifs, restaient impuissants. En quatorze jours elle est guérie et marche seule. Qu'avonsnous fait pour la guérir? Nous l'avons fait marcher.
Sa paraplégie était purement psychique. Des douleurs nerveuses ou nervo-arthritiques des membres inférieurs liées à un état neurasthénique général entravaient le mécanisme psychique de la marche. La douleur ou la peur de
la douleur paralysait sa volonté et l'empêchait d'actionner les muscles qui président à la station et à l'ambulation. Qu'y pouvaient les médicaments et les révulsifs? 11 fallait stimuler la volonté, enlever la peur inhibitoire, obliger le cerveau à réaliser la fonction entravée, refaire par l'exercice Phabitude de la marche. Ce qui a été fait après six mois d'impotence, aurait pu être fait dès le début, comme le montre le cas suivant :
Observation XGIX. — Douleur nerveuse dans le membre inférieur gauche à la suite d'un effort. — Impotence fonctionnelle complète depuis quatre jours. — Restauration de la marche et guérison complète par entraînement suggestif en une seule séance.
Reine S.... quarante-cinq ans, journalière, entre dans mon service le 11 mai 1895.
Il y a quatre jours, en puisant de l'eau dans la rivière avec un arrosoir, elle s'est sentie piquée dans les reins et la fesse gauche. Pendantdix minutes, elle n'a pas pu se redresser. Dans la journée elle a repris son travail, tout en ressentant une douleur clans les reins. Le soir, en se couchant, elle éprouvait des lancées dans l'aine gauche, dans la partie antérieure de la cuisse, de la jambe jusqu'au niveau des malléoles. Pendant la nuit, son mari la frotte à plusieurs reprises et sans résultat avec de l'alcool camphré. Le lendemain, elle put encore marcher et travailler, mais avec des douleurs atroces. La nuit fut encore plus mauvaise que la précédente. Le jour suivant, elle dut garder le lit.
La malade n'a pas été heureuse en ménage, mariée deux fois à des ivrognes qui la maltraitaient. Elle a trois enfants dont une fdle nerveuse.
De constitution moyenne, d'un tempérament nerveux, elle présente toutes les fonctions normales. On ne constate que des douleurs spontanées et à la pression, dans la hanche gauche, la fesse, la partie antérieure de la cuisse et de la jambe. Ces douleurs n'ont pas de siège précis; elles peuvent être localisées à volonté sur le membre.
Le 12 mai je fais la suggestion hypnotique pour enlever les douleurs et procurer le sommeil. A la suite, les douleurs diminuent, mais le sommeil de la nuit n'a pas lieu.
Je répète la suggestion le 12, sans résultat. Dans la journée, la malade est vivement impressionnée par la mort subite de sa voisine. A la suite, les douleurs augmentent, la malade ne peut se lever spontanément.
Je pense alors à la soumettre à l'entraînement suggestif, sans hypnose. Je lui dis : « Vous allez marcher, et vos douleurs disparaîtront. » Elle répond : « Mais je ne peux pas me lever. — Mais si, vous allez pouvoir vous lever. Tenez, descendez de votre lit et vous verrez que vous pouvez vous tenir debout très bien. » La malade descend péniblement et se tient après son lit : « Je ne peux, je vais tomber. J'ai mal. — Non, tenez-vous bien sur vos jambes. Vous ne tomberez pas. Vous allez sentir que vos jambes deviennent fortes, qu'elles peuvent bien vous supporter. Et vous vous tiendrez debout toute seule, sans vous appuyer, avec beaucoup d'assurance. En même temps, vous sentirez que vos douleurs s'en vont. » La malade finit par lâcher son point d'appui et se tient toute seule : a Maintenant vous allez marcher. Levez la jambe ef faites un pas sans douleur. — Je ne peux pas : je tomberai sûrement. — Je vous assure que vous ne tomberez pas. Vous sentez que vos jambes sont fortes, qu'elles ne fléchissent pas. Marchez ! « La malade essaie d'avancer, mais s'arrête, inquiète et effrayée : « Je ne peux pas, j'ai mal. — Mais si. vous pouvez : je vous affirme que vous allez marcher. Et vos douleurs vont disparaître; vous n'aurez plus mal. » Enfin la malade fait quelques pas, en trébuchant et en s'accrochant aux personnes qui l'escortent : « Sentez-vous la force qui revient dans vos jambes et les douleurs qui s'en vont? Vous allez marcher très bien, sans avoir mal. Marchez beaucoup mieux, franchement, sans crainte. Vous ne tomberez pas, etc. » En continuant ces exhortations pendant une dizaine de minutes, on arrive à lui faire faire le tour de la salle. Revenue à son lit, elle reconnaît que ses douleurs ont beaucoup diminué, qu'elles sont en train de disparaître et qu'elle sent la force revenir dans ses jambes.
Elle continue à marcher toute la journée, sans douleurs, spontanément. Mais elle ne dort qu'une heure.
Le lendemain 15 mai, je fais une suggestion hypnotique pour obtenir le sommeil nocturne.
Elle marche bien dans la journée, accuse encore quelques lancées dans l'aine et la partie antérieure de la jambe; dort toute la nuit.
Le 16 mai elle n'a plus que deux ou trois lancées dans les