‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 46 sur 235 · MANIFESTATIONS DE L'HYPNOSE · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS DE L'HYPNOSE

spasmes, strangulation, oppression, crises d'hystérie grandes et petites. Tout cela disparaît, si vous calmez et rassurez le patient, si vous procédez par suggestion douce ; et dès la seconde ou troisième séance, l'hypnose a lieu sans concomitance de phénomènes étrangers d'origine émotive, qu'on lui a attribués à tort et qui ne lui appartiennent pas.

Voilà le sujet calme, inerte, absolument semblable à un dormeur naturel ; je lève rapidement ses bras et ses jambes, ils retombent inertes. Cet homme n'a rien de léthargique.

En le voyant ainsi impassible, sans mouvement, sans expression, l'aspect indifférent à ce qui se passe autour de lui, à ce que je dis, on pourrait croire qu'il est inconscient, qu'il est dans un état semblable au coma, que ses sens sont fermés à toute impression.

Cette fausse idée d'inconscience pendant l'état dit léthargique, existe encore chez beaucoup d'observateurs ; elle a été la source de toutes les erreurs qui ont été commises. Le sujet est conscient : il l'est à toutes les périodes, à tous les degrés de l'hypnose ; il entend ce que je dis ; son attention peut être dirigée sur tous les objets du monde extérieur. L'inconscience hypnotique, le coma hypnotique n'existent pas. A son réveil il ne se souviendra de rien ; mais je pourrai, comme je le dirai tout à l'heure, évoquer le souvenir de tout ce qui s'est passé en lui, et autour de lui, alors que rien dans son masque ne trahissait son activité psychique.

Voyez cet homme en apparence inconscient. Je lui dis : « Donnez-moi la main. » Il est possible qu'à la première réquisition il reste immobile. Mais si j'ajoute : « vous pouvez remuer votre bras, donnez-moi la main, » il me la donne. Je puis le faire parler. Quelques-uns répondent tout de suite, dès la première demande. D'autres ne répondent pas, n'ayant pas assez d'initiative cérébrale pour mettre en activité les muscles qui réalisent la parole. Il en

est aussi qui n'ont pas l'attention dirigée sur moi, absorbés par une idée personnelle ou par une concentration de l'esprit, difficile à définir : ils ne paraissent pas m'entendre. Alors il suffit que je répète la question plusieurs fois pour qu'ils me répondent. S'ils ne le peuvent, je renforce la suggestion en l'incarnant dans une pratique matérielle. Je touche un point quelconque de la tête ou du corps (il n'est pas nécessaire que ce soit la troisième circonvolution frontale gauche) et je dis : « Si je touche ce point, vous pouvez, parler en dormant ». Immédiatement le sujet me répond : « Dormez-vous? » — « Oui » — « Êtes-vous bien ?» — oc Oui ». Souvent ce sont des réponses brèves ; une syllabe, un mot rapidement prononcé : oui, non. D'autres parlent d'emblée avec volubilité, comme à l'état de veille.

Ainsi, tous les sujets hypnotisés, c'est-à-dire en apparence de sommeil, peuvent être tirés de leur inertie apparente et manifester leur état de conscience, par parole ou par geste. Je n'ai rencontré sur des milliers d'hypnotisation qu'une seule personne, qui étant endormie, tout d'un coup, après une respiration haletante et irrégulière, cessait d'être en rapport avec moi : j'eus beau la secouer, l'interroger, elle restait inerte, et je dus attendre son réveil spontané qui n'eut lieu qu'au bout d'une demi-heure. C'était une dame sujette à des crises de sommeil hystérique : les premières séances ramenaient par une sorte d'auto-suggestion émotive ces crises habituelles ; ce n'était pas de l'hypnose, c'était de l'hystérie. Dans les séances suivantes, j'arrivai par suggestion à neutraliser l'émotion, et à prévenir ces accès, si bien qu'elle resta dès lors toujours en relation avec moi pendant l'hypnose.

Cet état de conscience persistant pendant le sommeil ou l'apparence du sommeil hypnotique constitue-t-il un caractère différentiel d'avec le sommeil spontané? Nullement. On peut arriver parfois à fixer l'attention d'un dormeur ordinaire sans le réveiller, et alors on peut lui parler et

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