‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 7 sur 235 · GASSNER · texte numérisé non relu

GASSNER

« Gassaer commença par exhorter Emilie à mettre sa confiance en Dieu et Jésus-Christ dont la puissance bien supérieure à celle du démon serait le seul agent de sa guérison future. Il la fit ensuite asseoir sur une chaise vis-à-vis et il lui adressa ces paroles (Emilie comprenait le latin).

« Praecipio tibi in nomme Jesu, ut minister Christi et ecclesiae, veniat agitatio brachiorum quam antecedenter habuisti. » Emilie commença à trembler des mains.

« Agitentur brachia tali paroxysmo qualem antecedenter habuisti. » Elle retomba vers la chaise, et toute défaillante elle tendit les deux bras.

« Cesset paroxysmus ; » soudain elle se leva de sa chaise et parut saine et de bonne humeur.

« Paroxysmus veniat iterum vehementius, ut ante fuit et quidem per totum corpus ; » l'accès recommença. Les pieds se levèrent jusqu'à la hauteur de la table ; les doigts et les bras se raidirent ; deux hommes forts se trouvèrent hors d'état de lui plier les bras. Les yeux étaient ouverts, mais contournés, etc.

ce Cesset paroxysmus in momento. » Emilie reprit aussitôt sa santé et sa bonne humeur.

« Tremat ista creatura in corpore. » Le tremblement devint universel.

« Habeat angustiascirca cor. » Emilie leva les épaules et tendit les bras, tourna les yeux d'une manière effrayante, sa bouche se tordit, son cou s'enfla.

« Sit quasi mortua. » Le visage contracta une pâleur de mort, la bouche s'ouvrit largement, les yeux demeurèrent sans regard, un ràlement se fit entendre ; le pouls battit si lentement que le chirurgien le sentit à peine.

(( Modo iterum ad se redeat, ad statum suum ; aussitôt elle recouvra ses sens et se mit à rire.

« Sit irata omnibus pnesentibus ; » elle entra en colère contre tous ceux qui étaient présents.

(( Surgat de sella et aufugiat ; » après une petite pause, elle se leva de sa chaise et alla vers la porte.

« Sit melancholica, tristissima, fleat ; » elle sanglota ; les pleurs coulèrent de ses yeux.

« Apertis oculis nihil videat ; » les yeux grands ouverts, elle répondit à la demande sur ce qu'elle voyait : « Je ne vois rien, » etc.

Pour terminer, Gassner passa à l'exorcisme de guérison. Il donna quelques instructions à Emilie sur ce qu'elle aurait à faire pour se guérir elle-même dorénavant, car il avait le pouvoir de communiquer ce don à ses malades. Il quitta enfin Emilie en déclarant à toute l'assistance que tout ce qui venait de se passer s'était accompli par la seule puissance de Dieu et ne tendait qu'à glorifier et à confirmer la vérité de l'Évangile.

On voit que l'hystérie obéissait comme aujourd'hui à la suggestion ; Gassner pouvait produire à son gré tous les phénomènes et toutes les phases de la grande hystérie, comme la Salpêtrière les décrit aujourd'hui.

Gassner était contemporain et compatriote de Mesmer. La doctrine de Mesmer n'est pas nouvelle ; elle est contenue tout entière dans la philosophie et la théosophie du xvie et du xvii° siècle ; elle est inspirée par les livres de Paracelse, de Van Helmont, de Robert Fludd, de Maxwell, du père Kircher et autres. Jusqu'en 1776, Mesmer chercha sa voie : il fit des expériences avec l'aimant artificiel comme moyen curatif dans les maladies nerveuses. Ce n'était pas nouveau. L'analogie supposée entre le magnétisme minéral et le magnétisme animal avait engagé les médecins à rechercher dans l'aimant naturel et artificiel des propriétés curatives. Déjà Paracelse avait traité par les aimants beaucoup de maladies, les hémorragies, les hystéries, les convulsions. Du temps du père Kircher, au xvne siècle, on faisait divers appareils aimantés, anneaux, bracelets, colliers, qui portés sur les diverses régions du corps calmaient les douleurs et diverses

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