INTRODUCTION
En face d'un fibrome utérin volumineux, douloureux ou à évolution progressive, le seul point actuellement en discussion, en chirurgie, est de savoir s’il est préférable de faire l'hystérectomie totale ou l'hystérectomie sub-totale ne laissant que le col utérin. Nous verrons, dans ce travail, que l’extirpation des fibromes par la voie abdominale est passée par plusieurs phases. La majorité des chirurgiens, partisans d’abord de la méthode extra-péritonéale, abandonnent cette méthode pour les procédés intra-péritonéaux. Aujourd'hui, on ne discute plus pour savoir si l’on doit fixer le pédicule à la paroi ou le rentrer dans lacavité abdominale, on sedemandes’il n’est pas plus utile de supprimer totalement ce pédicule, source de tantde maux. En somme, donc, deux procédés opératoires partagent, en ce moment, leschirur-
giens: d’une part l’'amputation supra-vaginale, de l'autre, l’ablation totale.
Loinde notre pensée de vouloir démontrer la nécessité de l’une ou de l’autre de ces méthodes ; nous ne
RS prétendons pas donner ici une solution à cette grave question de savoir quel est le meilleur procédé d’ablation des fibromes.
Nous serons satisfait si nous pouvons, parmi les nombreux travaux qui ont été déjà faits, les flots d'encre qui ont été versés sur l'un ou l'autre de ces modes opératoires, attirer l'attention sur un point particulier et peu connu, sur une des plus fâcheuses conséquences de l'amputation supra-vaginale : nous avons parlé de la dégénérescence néopla ique du moignon utérin. Frappé par les observations de deux malades atteintes de filbromes opérés parl'hystérectomie sub-totale et qui ont succombé, dans les deux années qui ont suivi cette intervention, par dégénérescence maligne survenue dans le moignon cervical, nous avons cru, en publiant ces deux cas qui prêchent tant enfaveur de l’amputation totale, intéresser peutêtre quelques chirurgiens.
Il était nécessaire de mettre, ce qui n’a pas été fait encore, en parallèle les deux grands modes opératoires de l’hystérectomie abdominale, c'est de ce parallèle que découleront nos conclusions.
Notre sujet se trouvera donc nettement divisé de la façon suivante :
Dans un premier chapitre nous envisagerons l'amputation supra-vaginale, ses avantages, ses inconvénients. Dans un deuxième chapitre, l’amputation totale; dans un troisième chapitre, nous comparerons ces deux modes. Nous verrons que la suppression du pédicule est celle qui réunit actuellement le plus de suffrages, c’est à cettetendance que viendront
naturellement s'ajouter nos deux observations qui, dans un quatrième chapitre, trouveront leurs places nettement indiquées, Enfin nous conclurons.
Maisavant d'aborder ce sujet, qu'ilnous soitpermis d'adresser aux éminents maîtres qui ont bien voulu guider notre instruction médicale, nos respectueux hommages et notre profonde reconnaissance. M. le professeur Laroyenne, en nous ouvrant son service à la Charité, nous a permis de nousinitier aux mystères de la gynécolocie, à M. le professeur agrégé Condamin nous devons l'idée de notre thèse, qu’il veuille accepter ici tous nos remerciements.
Nous n'oublierons jamais que nous avons eu Île bonheur de faire nos premiers pas en chirurgie dans le service de la clinique de M. le professeur Ollier. Sa mémoire restera gravée dans notre esprit comme celle d’un des plus grands esprits scientifiques de ce siècle. Nous avons connu également, à la Charité, quelques jeunes maitres, MM. les docteurs Repelin, chef de [a clinique gynécologique, Quincieux, moniteur adjoint, et nous conserverons toujours un bon souvenir de leur amical enseignement.
M. le professeur Courmont nous a fait le plus grand honneur, en daignant accepter la présidence de notre thèse, qu'il nous permette de lui exprimer notre respectueuse gratitude pour l'honneur qu'il nous fait.
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