‹ Hystérectomie totale et sub-totale: Parallèle entre les deux méthodes; Deux cas de transformation néoplasique sur le moignon utérin à la suite d'hystérectomie sub-totaleChapitre 8 sur 9 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Observations

Ces observations nous sont dues à l’obligeance de M. le professeur agrégé Condamin, observations qu'il a lui-même communiquées au Congrès de Chirurgie lyonnaise du mois de septembre 1900.

Nous ne pouvons mieux faire fci que de donner le résumé de cette séance, nous serons plus rapproché de l’exacte vérité.

Ogs. [. — Dans un premier cas, il s'agissait d’une femme C...,de Monplaisir, àgée de 58 ans, qui présentait avec un fibrome remontant au-dessus de l’ombilic, des pertes abondantes, non fétides, et des phénomènes extrêmement douloureux. L’hystérectomie abdominale fut pratiquée, suivant le procédé du professeur Laroyenne, dit procédé avec collerette péritonéale. Cette méthode consiste,après la section des ligaments larges, à décoller le péritoine jusqu à l'isthme du col point où l'on pratiquelasection de l'utérus et du fibrome aprèsligature des vaisseaux ; puis les

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bords de la collerette péritonéale sont suturés aux bords inférieurs de la plaie opératoire.

Aucun incident opératoire ni post-opératoire. Ce n'est qu'un an environ après l'intervention que l'on vit survenir d’abord une éventration au niveau de la plaie opératoire, puis de nouvelles pertes h(morragiques et, à la suite, une masse molle bourgeonnante au niveau de l’enfouissement du moignon cervi:al.

Phénomènes de cachexie progressive etmort.Cette malade, au moment de l'opération, n'avait rien présenté au niveau du col ou du fibrome qui était dur et ne présentait aucun caractère de tumeur maligne.

O8s. II.— Le second cas se rapporte à une malade de 40 ans,opérée pour un fibrome,ou plutôt une série de fibromes, le 24 janvier 1880.

Même opération que précédemment, c'est-à-dire ablation abdominale sub-totale par le procédé à collerette péritonéale de M. Laroyenne. Pas d'accidents opératoires ou post-opératoires. Elle rentre chez elle le 21 février, présentant encore un petit trajet fistuleux au niveau de la marsupialisation de la collerette péritonéale.On y maintient une mèche de gaze iodoformée.

Le 14 mai de la même année, la malade est revue. La cicatrisation est complètement terminée. Il n'y a pas d’éventration. Le col est très haut, fortement attiré du côté de la cicatrice abdominale. La malade s'est modifiée considérablement du côté de l’état général.

Le 17 avril 1890, la malade est revue; elle pré-

sente une large éventration en bas de la ligne d’incision. Le 20 avril, on pratique la cure radicale deson éventration ; on retrouve le noyau cervical induré et paraissant plus gros qu'on ne l'avait laissé au commencement de la première intervention. Résection de toute la paroi qui constitue l'éventration et suture abdominale sur trois plans ; guérison rapide. - En juin 1890, la malade revient dans le service pour des pertes et des douleurs abdominales assez vives. On constate une dégénérescence épithéliale du col et une augmentation très notable du moignon cervical, très nettement appréciable au-dessus du pubis. Le mois suivant, en juillet, le néoplasme a progressé et envahit la plaie abdominale. La malade meurt en août, la même année.

A une demande, faite par M. Goullioud, s’il s'agissait d'épithéliomas, ou si c'était la continuation du processus primitif devenu malin, M. Condamin répond que les cancers dont il parle étaient des épithéliomas. Faut-il alors intenter le manuel opératoire, le procédé de la collerette qui empêche de faire ultérieurement l’ablation du col, ou du moins, la rend difficile? M. Condamin répond à M. Goullioud que ses opérations datent de 1893 et, à ce moment, dans le service de M. Laroyenne, on pratiquait couramment cette intervention par le procédé de la collerette. La technique s'est perfectionnée depuis ce moment. Il serait intéressant aussi de savoir sil s'agit de femmes mères ou de nullipares. 11 semble que les vierges, qui n’ont jamais, ou presque jamais, de cancers, ont très fréquemment des fibromes. Enfin

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on pourrait penser qu'au moment où M. Condamin a opéré ses fibromes, il y avait déjà des débuts de cancer et que l'examen de la muqueuse du col pourrait parfois être indiqué. Le procédé de Keller est, semble-t-il, meilleur que le procédé de la collerette. Aux objections M. Condamin répond que le col était absolument net et vierge de tout épithélioma. On sait que, suivant M. Bard, une tumeur en appelle une autre. En tout cas, il n’y avait pas de cancer cliniquement appréciable et ce début quatre ans après l’hystérectomie, en est une preuve convaincante:

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