‹ Hystérie et PaludismeChapitre 10 sur 16 · EAU · texte numérisé non relu

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déenne, hystérie saturnine ? I suffit de s'entendre” pour être bien compris, el nous ne croyons pas surcharger le langage scientifique de mots ou d'expressions inutiles en adoptant, ce que d’autres ont déjà fait avant nous, l'expression d'hystérie puludéenne.

L'unité de l’hystérie étant établie, nous diviserons, à l'exemple de Charcot, de Gilles de la Tourette, les accidents nerveux qui se montrent dans l'hystérie paludéenne, en deux groupes: 1” phénomènes paroxystiques ; 2° phénomènes interparoxystiques. Reprenant une à une les observations que nous avons pu recueillir, nous essaierons, d’après elles, de montrer aussi exactement que possible, les caractères qui donnent à celle hystérie une allure propre où du moins plus particulière.

L’PHÉNOMÈNES PAROXYSTIQUES, — Aura : Nous relevons dans nos observations des formes variées de ce phénomène qu'on a appelé «aura hysterica ».

Sensation de la boule pharyngée (observations HE, FV, V, VE, X, XVIII). Asphyxie locale des mains et du front (observation VI).— Agitation extrême du malade (observation VIT). — Constriction du cou (observation XI). — Crises de larmes (observation XI). — Zones spasmogènes des cuisses, de l'abdomen, des lombes (observation XII). — Frisson très violent (observation XIV). — Sécheresse de la gorge (observation VIT.

Attaque. — L'analyse de nos observations ne nous à pas montré, dans l’hystérie paludéenne, les quatre grandes périodes classiques de l'hystérie vulgaire réunies ensemble chez le même malade. ;

Par contre, nous avons rencontré, liées l’une à l’autre, les périodes épileptoïde et clonique (observation XII) ; les périodes épileptoïde et délirante (observation XIV), les périodes clonique et tonique (observation XVIII). Dans les observations IV, VII, la période cionique s’est montrée isolée; dans Îles

observations V, XI, XVI, le même fait s'est produit pour la

période épileptoïde.

92 PHÉNOMÈNES INTERPAROXYSTIQUES. — [ls ont consisté en :

Troubles psychiques : Changemènt dans le caractère (obser-

vations XI, XII). — Intelligence affaiblie (observation XIV). Troubles des fonctions organiques. — Troubles sécrétoires

(observation VIT); cireulatoires consistant en souffle anémique des earotides (observation XID ; palpitations cardiaques (observation XVII).

Troubles de la motilité, consistant en : parésies (observations EX, V, VID): paralysies (observations Il, XVI, XVII): convulsions (observations LIL, EV, V, VI, VILL, IX, XI, XIE, XV); tremblements (observation VI.

Troubles de la sensibilité, consistant en : anesthésies (observations Il, IT, V, XIV, XV ; hyperesthésies (observations EME APN ENEX VIE

De l'étude des faits relatés dans notre lravail, nous croyons devoir tirer les conclusions suivantes :

L'hystérie paludéenne ne diffère pas, dans ses grandes lignes, de l'hystérie vulgaire, dans les attaques où dans l'intervalle de ces allaques. Cependant elle aurait une tendance à faire des attaques incomplètes, c'est-à-dire sans les quatre périodes classiques réunies ensemble : trois fois elle a réalisé l'union de deux de ces périodes seulement, et le plus souvent (einq fois) elle n'a produit qu'une seule de ces périodes.

Cette névrose parait être surtout convulsive (9 observations) et hyperesthésique (T observations).

Entin les désordres nerveux se montrent la plupart du temps conjointement avee l'accès fébrile observations VE, IX, XIE, XIIT, XIV, XV, XVII).

Cette propension du paludisme à créer des accès convulsifs se montrant dans la période fébrile, nous à conduit à recher-

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cher si certains accès pernicieux, dits délirants, convulsifs, épileptiformes ou apoplectiformes, hémiplégiques, ne seraient pes, en somme, l’exagération de certaines phases de l'attaque hystérique.

Nous demanderons à la clinique de nous fournir les moyens de cette démonstration.

Observation XV

(Emprunté à Lassalvy, in Ephémérides méd. de Montpellier, 1827.)

Mme B..., 22 ans, allaitait son premier enfant quand elle fut prise sans cause connue d'un frisson qui fit bientôt place à de la chaleur et à une céphalalgie qui n'atteignait que la moitié gauche du crâne et de la face. Après quelques heures de durée, tout disparut sous l'influence d'une légère diaphorèse de toute la partie du corps correspondante.

Le lendemain, à la méme heure, nouvelle invasion de la maladie avec intensité plus grande et disparition de l’accès à la même heure.

Appelé auprès de la malade, je constatai : après le frisson qui partait du milieu de l’épine dorsale, s’irradiant de là dans les membres supérieur et inférieur gauche et dont la durée fut à peu près d’un quart d'heure, il s'établit un mouvement continu de réaction et de chaleur dans la moitié correspondante du corps ; céphalalgie ; injection de la face ; œil brillant, animé et larmoyant ; téguments du crâne douloureux à la pression ; légers mouvements convulsifs de la paupière supérieure et de la commissure des lèvres ; langue rouge, sôche, hérissée d’un côté, l’autre étant souple et naturel. Ces phénomènes n'avaient lieu absolument que du côté gauche du crâne et de la face ; le côté droit était dans la plus parfaite intégrité.

Râles crépitants à gauche de la poitrine ; respiration puérile à droite.

Sensation de tumulte considérable, de pesanteur à l'hypogastre. -

Pour l’état général, il y avait fièvre très marquée du côté gauche, c’est-à-dire chaleur élevée au-dessus de l'état normal; pouls plein, large, mais un peu irrégulier par moment, qui s’accordait avec quel-

ERP ques légères contractures spasmodiques du bras et des doigts de la main gauche, et quelques phénomènes nerveux : spasmes des mâchoires et du larynx.

Les fonctions des organes des sens étaient légèrement modifiées ; une lumière un peu vive, un bruit un peu considérable fatiguaient Mme B..., qui éprouvait en outre de légers éblouissements, des vertiges.

Les symptômes s'amendèrent ensuite progressivement et s’évanouirent complètement après l'éruption d’une douce moiteur (toujours du côté gauche), l’éructation de quelques gaz inodores et l'émission d’une quautité peu considérable d'une urine rosée et présentant un léger dépôt briqueté.

Cet accès se renouvela 3 jours de suite à la même heure et de la même manière. Alors on administra de la quinine combinée avec les antispamodiques. Le lendemain, l’accès fut beaucoup moindre en intensité et en durée. Le troisième jour, il disparut sans retour.

Observation XVI (résumée).

Grasset. — Montpellier Médical, 1516.

Pernod Isid., soldat au 84° de ligne, 28 ans, entre le 10 mai 1871 à St-Eloi.

En 1864, en Afrique, cet homme, qui n'’accuse aucune maladie antérieure, est atteint d'une fièvre intermittente. [l a une dizaine d'accès à type tierce ; à ce moment, douleurs dans le côté gauche et diminution des forces dans ce côté ; accès pendant 4 mois. L'hémiplégie se maintient tout le temps, puis, après la cessation des accès, elle diminue graduellement et disparait.

En 1863, nouvelle maladie qui suit son cours identique; seulement les douleurs gauches précèdent un peu la fièvre et l'hémiplégie persiste plus longtemps après la cessation des accès.

En janvier 1871, nouvelle reprise avec hémiplégie. Enfin, depuis 3. jours, reprise des accès à type quotidien, qui durent tous les soirs environ, de 8 heures à 2 heures du matin, et l'hémiplégie a, en même temps, pris une plus grande intensité.

À son entrée à l'hôpital, on constate : le malade accuse une dou-

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leur qui part de l’hypocondre gauche et de là s'irradie dans toute la partie gauche du corps. Dans tout ce côté, sensibilité tactile nulle depuis le pied jusqu'au genou, faible à la cuisse. Le malade traverse le lobule de l’oreille gauche avec une épingle sans douleur.

Sensibilité réflexe diminuée du côté gauche.

Cependant les deux sensibilités paraissent mieux conservées dans la sphère du crural que dans celle du sciatique. |

Motilité également atténuée à gauche. Quand il marche, il boite très sensiblement. La force musculaire éprouvée par la résistance à une forte pression est moins considérable à gauche qu’à droite.

Aspect général : fatigué, face sans déviation, yeux brillants, rien au tube digestif, à l'appareil circulatoire, rate et foie un peu tuméfiés.

Les accès disparaissent par la quinine. L'hémiplégie persiste encore quelque temps, mais elle s'atténue de plus en plus et le malade sort convalescent avec une légère faiblesse du côté gauche et sans claudication.

Observation XVII (résumée)

(Reynaud, in Archives de Méd. Navale)

Jacotey, soldat au 2° d'infanterie de marine, 25 ans, fièvre paludéenne à Diego-Suarez ; vient en convalescence à la Réunion ; entre à l'hôpital militaire de St-Denis le 13 avril-1887. Léger accès de fièvre le 15 au soir, quinine. ef

Le 22, à sept heures du matin, 36°7. Tout à coup, à l'heure du déjeuner, cri, perte de connaissance, puis mouvements convulsifs en {tous sens, écume, insensibilité, urines involontaires, yeux immobiles dans la vision directe. 37°6. À ce moment deux médecins appelés crurent à une attaque d’épilepsie. Néanmoins le prévôt de l'hôpital fait trois injections de quinine.

À une heure du soir 38°, à cinq heures 40°.

A cette heure le malade est sans connaissance, s’agite en tous sens, se couche sur le ventre, enfonçant sa tête dans les oreillers, poussant des gémissements, où fait de grands mouvements du

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