CT EME
En d’autres termes, le traitement de l'hystérie paludéenne comprendra : une médication générale s'adressant au plus - grand nombre des cas, el une médication de circonstance applicable à ceux qui paraissent désespérés et dans lesquels il faut agir avec promptitude.
Médication générale. — Le malade étant paludéen, et de ce fait présentant des symptômes fébriles qui font souvent rejeter un peu dans l'ombre les manifestations nerveuses, c'est à empêcher le retour de ces aceëès fébriles qui épuisent le malade que tendront d’abordtous nos efforts.[l pareit ressortir de la lecture des observations que si les périodes de fièvre sont assez facilement curables, il n'en est pas toujours autant des troubles nerveux, qui ont une tendance manifeste à persister plus longtemps.
La médication antipériodidhe par excellence est l’administration du quinquina et surtout de son dérivé la quinine.
Quelles sont les règles qui doivent présider à l’administration de ce spécifique de ia malaria ?
Si le malade habite une localité où règnent les fièvres intermittentes, il sera bon de lui conseiller de la quitter le plus tôt possible, le seul fait du déplacement pouvant amener la guérison. On portera ensuite toute son attention dans le choix de la préparation quinique, sur le moment de l'administration du remède et sur la dose à employer.
On repoussera done tous les succédanés du quinquina et parmi les alcaloïdes de ce dernier on ne gardera que la quinine, parce que c’est le seul qui ait une action sûre, précise et toujours identique. On prescrira le plus possible le chlorhydrate de quinine, qui est le sel le plus soluble et le plus riche en principe ecuratif et par ce fait le plus actif. On fera bien de le donner en une dose 3 ou 4 heures avant l'accès. La dose variera avec l'intensité de la fièvre (0,50 centigr. à 1 gramme),
er à Du
et l'on poursuivra encore la médication pendant cinq ou six jours après la cessation des accès, au moment où l’on suppose qu'ils doivent se montrer.
Mais rappelons-nous que notre malade n'est pas seulement un paludéen, mais encore un nerveux et que Si nous avons réussi à supprimer chez lui les accès fébriles, 1l nous reste en plus à traiter sa névrose, qui trop souvent persiste encore après la chute de la fièvre. C'est au traitement général de l'hystérie que nous demanderons la guérison. |
D'après M. le professeur Grasset, il faut considérer dans le traitement des désordres nerveux trois éléments qui seront de précieuses sources d'indications :
L° L'état affectionnel profond, l'état diathésique ;
2 L'état du système nerveux dans son ensemble, qui sert . d'intermédiaire entre la diathèse et les accidents hystériques ;
3° On doit étudier les actes morbides, c'est-à-dire les manifestations proprement dites de la maladie.
Nous nous sommes suffisamment étendu sur l'étude et le traitement de la diathèse qui se cache souvent derrière l'hystérie paludéenne et qui est, pour le cas particulier que nous envisageons, l’intoxication due au microbe de la malaria,
Pour ce qui touche à l’état du système nerveux dans l'hystérie paludéenne, nous n'en savons guère plus que pour ce qui concerne cet état de la grande névrose. Nous savons seulement quil y à une altération probable, fugace, superficielle, mais il est encore difficile, en l’état actuel de la science, de se prononcer sûrement sur ia nature de cette adultération nerveuse. Toutefois, nous en tirerons cette conclusion thérapeutique, qu'il est inutile, sinon nuisible, d'employer dans ce cas soit des révulsifs, soit des dérivatifs, qui n'ont leur raison d’application que dans les désordres nerveux résultant d’une altération organique des centres. |
Le traitement par excellence consistera dans l'usage de
NT DE l'hydrothérapie. Qn se servira le plus souvent de douches froides sur tout le corps en épargnant la lête, en jet.brisé sur le trone, en jets pleins sur les membres. La durée en sera de 20 à 30 secondes. Si l'eau froide n’est pas supportée, on commencera par l’eau tiède,qui permettra de faire accepter un peu plus tard la médication froide.
L'isolement, mais surtout l'extraction de la famille, seront des moyens qui réussiront souvent.
On veillera à ce que l'hygiène morale de l’hystérique soit parfaite. On encouragera le malade. d
On pourra de mêmesuser de la médieation thermale et s’adresser aux eaux qui ont une action sédative sur le système nerveux, telles que les eaux de Lamalou, Néris.
Souvent il faudra traiter en plusles manifestations de la maladie nerveuse qui sont ea général très pénibles; tels que les paralysies, les contractures. les attaques. La compression des ovaires ou des zones hystérogènes qui sont aussi frénatrices de l'hystérie, donnera de bons résultats. Quelquefois il faudra provoquer l'attaque, qui défera ce qu'une crise antérieure avait produit.
On aura de même recours à la métallothérapie, aux aimants qui peuvent, en déterminant des phénomènes de transfert, supprimer les symptômes rebelles.
L'électricité sera souvent utile ; on se servira des courants induits contre les anesthésies, des courants continus contre les contractures.
L'hypnotisme réussira dans nombre de cas.
Enfin, contre les manifestations qui se caractérisent par leur mobilité, on pourra user avec avantage des antispasmodiques. La douleur cédera à l’antipyrine. Si le nervosisme général est plus permanent, on usera du bromure.
En résumé, comme le dit M. le professeur Grasset, «il faut appliquer ces agents extérieurs et intérieurs d’une façon con-
mes tinue et prolongée, et pour arriver à un bon résultat, 1l faut de la patience chez le malade et de la ténacité chez le médecin. »
Médication de circonstance. — Elle trouve son utilité incontestable dans ces cas heureusement rares où la maladie frappe, pour ainsi dire, à coups redoublés.
C'est ici le triomphe des injections hypodermiques de quinine et suivant Bacelli (de Rome), des injections intra-veineuses de cet alcaloïde.
Nous avons usé des injections hypodermiques, qui ont eu un résultat heureux dans les observations XITT et XIV, où elles ont fait cesser à la fois les accès paludéens et les attaques nerveuses.