PL, I
Collection Horizon]
qui avait été considéré par quelques médecins comme un exagérateur ou même comme un simulateur.
Or, l'examen pendant la narcose chloroformique nous conduisit, d'abord, à constater l'existence d'une légère rétraction fibrotendineuse, mais elle nous montra aussi que l'attitude vicieuse et la raideur étaient, pour la plus grande part au moins, sous la dépendance d'une contracture.
De plus, en pleine phase de résolution musculaire , après extinction de tous les autres réflexes tendineux et des réflexes cutanés, on observait, du côté malade, de la surréflectivité tendineuse et même un clonus de la rotule, des plus nets, qui subsista pendant l'heure qui suivit le réveil [126].
Depuis cette époque, nous avons examiné, dans les mêmes conditions, un certain nombre de blessés présentant des accidents analogues et nous avons plusieurs fois noté pendant la narcose cette exagération élective des réflexes tendineux du membre malade. Nous étions ainsi en possession, sinon d'un caractère nouveau, tout au moins d'un moyen permettant de rendre évidente la surréflectivité tendineuse dans des cas où elle était douteuse à l'état de veille.
Chez quelques-uns de ces malades le caractère que nous venons d'indiquer faisait défaut, mais on en constatait d'autres non moins significatifs : La contracture ne cédait que dans le sommeil profond; elle subsistait encore à une période où le réflexe conjonctival était aboli et où les excitations par piqûres des membres sains ne provoquaient aucune réaction; le retour de la contracture, contemporain de celui des réflexes tendineux, précéda parfois de vingt à vingt-cinq minutes les premières manifestations de la conscience. De plus, chez certains sujets, Yeffort de réduction en pleine anesthésie et après disparition de toute réaction consciente provoquait un mouvement spasmodique qui exagérait l'attitude vicieuse; il en était ainsi, en particulier, dans plusieurs cas de contracture de la jambe en flexion [130].
Ces recherches, avec notation précise des modifications de la réflectivité et de la tonicité musculaire, aux différentes périodes de la narcose chloroformique, dous ont conduits ainsi à rappeler l'attention sur ces troubles nerveux d'ordre réflexe consécutifs aux traumatismes des membres et qui étaient, au début de la guerre, si souvent méconnus [129]. Elles ont montré qu'il fallait y regarder de près avant de rattacher des accidents nerveux à l'hystéro-traumatisme et que l'absence, à l'état de veille, de