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liée à des lésions du système pyramidal et présentant le phénomène des orteils, m'ont conduit à constater que, sous l'influence d'une pareille constriction du membre inférieur, les réflexes cutanés subissent aussi parfois des modifications. Lorsque la compression a été suffisamment prolongée, les orteils ne réagissent plus du tout sous Finfluence de l'excitation de la plante du pied : ils restent immobiles. »
L'abolition du réflexe cutané plantaire, observée dans les paralysies consécutives au traumatisme (voir p. 61) était considérée récemment encore comme pouvant dépendre d'une anesthésie hystérique. Notre opinion, confirmée déjà par Souques [165] (voir p. 100), vient de l'être à nouveau par G. Roussy (Rev. neùr., avril-mai 1917, p. 255), à propos d'une observation sur l'interprétation de laquelle nous faisons d'ailleurs des réserves. « On sait, écrit-il, que la question de l'abolition des réflexes cutanés et notamment des réflexes cutanés plantaires dans l'hystérie est encore discutée. Certains auteurs avec Dejerine, Sollier, Pau- Ihian, Lhermitte l'expliquent par l'anesthésie hystérique troublant la voie réflexe; d'autres avec Babinski et Froment font relever l'areflexie cutanée de troubles secondaires tels que l'hypothermie. Nous acceptons pour notre part entièrement cette dernière manière de voir que notre observation actuelle vient confirmer. Le réchauffement des pieds faisait chez notre malade réapparaître les réflexes cutanés plantaires sans modifier en rien l'anesthésie psychique. »
Tremblement,
Le membre malade est fréquemment atteint' de tremblement (P. Marie et Foix) [137]. Ce tremblement, discret est surtout apparent pendant les grandes chaleurs ou quand le membre est artificiellement réchauffé; il existe aussi lorsque le sujet fait un effort.
Au cours de nos études faites avec la méthode graphique, nous avons noté sur les tracés correspondant à la secousse musculaire mécanique des ondulations parfois accentuées. Après réchauffement artificiel, on constatait même, transi toirement, l'existence de secousses musculaires secondaires très nettement appréciables. Ces graphiques, paraissent avoir quelque analogie avec ceux qui se rapportent au muscle vératrinisé et que nous retrouvons dans le livre de Mlle Joteyko [232].
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Courbe 11 (Contracture (Tordre réflexe, voir p. 131, Obs. 1). — Ondulations sur la courbe d'inscription du mouvement du pouce provoqué par la percussion des muscles de l'éminence thénar, à la température ambiante. Ces ondulations sont plus marquées encore après réchauffement.
Troubles de la sensibilité.
Les malades atteints de contractures réflexes se plaignent parfois de sensations douloureuses ; les douleurs sont soit spontanées soit provoquées par la pression sur le trajet des troncs nerveux. Yulpian les avait déjà signalées, elles ont été mentionnées à nouveau par Gougerot et Charpentier [140], par Guillain et Barré [142] et par Tinel [158]. Chez les sujets atteints de contracture ou d'hypertoniè réflexe de la main, la compression de la région métacarpienne ou des doigts, ou encore les essais de mobilisation paraissent souvent provoquer des douleurs assez vives. Nous avons eu l'occasion de faire la même constatation durant la narcose chloroformique à une phase pendant laquelle le malade était très obnubilé et la sensibilité générale des autres parties du corps très émoussée, ce qui donnait à ces réactions douloureuses un cachet de sincérité.
Dans plusieurs cas de parésies réflexes atteignant le membre inférieur, nous avons observé de Fhypoesthésie à disposition plus ou moins segmentaire. Elle était surtout nette à la plante du pied, moins accusée à la face dorsale et moins encore à la jambe dont elle occupait les deux tiers inférieurs. Ces troubles de la sensibilité existaient pour tous les modes d'excitation : tact, piqûre, chaleur. On notait aussi des troubles du sens des attitudes. Après
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immersion dans l'eau chaude, les troubles de sensibilité s'atténuaient.
Dans quelques cas d'acro-myotonie, Sicard [161] a observé une anesthésie très profonde à la main et à Pavant-bras. Il a été frappé par l'absence de réactions vis-à-vis d'excitants violents portant sur les régions qui étaient le siège de troubles de sensibilité : la faradisation au moyen d'une bobine à fils fins, l'injection d'alcool à 95° dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans les masses musculaires, voire même une intervention opératoire sans aucune anesthésie, locale ou générale, ne provoquaient aucune manifestation douloureuse, aucun trouble vaso-moteur du visage, aucune accélération du pouls.
« Que conclure de ces faits, écrit Sicard?
« — Ou il faut supposer une dose de volonté tout à fait surprenanle chez des sujets décidés à ne pas se trahir au cours de ces différentes épreuves et, pour ma part, je me refuse à croire à une telle énergie morale devant de telles douleurs physiques.
« — Ou bien il faudrait admettre que nous sommes en présence de phénomènes hystériques et que l'hystérie à elle seule est capable de provoquer une anesthésie superficielle et profonde réelle, ce qui ne cadre pas avec l'enseignement de M. Babinski, et avec ce que nous avions vu nous-même à la Salpêtrière. Nos hystériques de la Clinique Gharcot qui présentaient une hémi-anesthésie classique, ou une anesthésie du type segmentaire, n'ont jamais pu endurer, sans le secours de la narcose locale ou générale, une opération sanglante sur leur membre insensible.
« — Ou, enfin, il faut accepter cette hypothèse, — et nous nous rangeons à cette conception, — que, dans les cas soumis aux épreuves précédentes, l'anesthésie est bien réelle, indépendante de la volonté du sujet, n'obéissant pas aux règles du pithiatisme, qu'il s'agit là de phénomènes possédant une autonomie vraie, troubles sensilifs superficiels et profonds qui bénéficieraient de la même pathogénie réflexe invoquée par MM. Babinski et Froment. »
Enfin Lortat-Jacob, Oppenheim et Tournay dans un travail ayant pour titre Topographie des modifications de la sensibilité au cours des troubles physiopathiques. Constitution d'un syndrome radiculo-sympathique réflexe [175] écrivent :
« En examinant avec soin des blessés porteurs de troubles physiopathiques typiques, nous avons pu constater que, dans un certain nombre de cas, la répartition topographique des modifications de la sensibilité non seulement ne pouvait être rapportée à un territoire de nerf périphérique ni être assimilée aux configurations classiques de l'anesthésie hystérique, mais affectait, ainsi que le montrent les schémas annexés à nos observations, un type nettement radiculaire.
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« Nous avons éliminé, bien entendu, les cas où des troubles physiopathiques se trouvaient associés à une lésion d'un tronc nerveux et ceux où pouvait être soupçonné quelque retentissement mécanique d'un traumatisme concomitant soit directement sur les racines par contusion ou compression, soit indirectement par tiraillement ou élongation. »
Est-il besoin de rappeler qu'une anesthésie hystérique peut s'associer à des phénomènes physiopathiques?
Troubles sécrétoires et trophiques.
Troubles sécrétoires. — Il n'est pas rare de constater que les téguments, surtout à l'extrémité du membre malade, sont moites; quelquefois même la peau est comme légèrement macérée (voir PL VI, p. 148).
Nous avons vu chez un capitaine, présentant à la suite d'une transfixion de la partie inférieure de l'avant-bras des troubles réflexes bien caractérisés, une supersécrétion de sueur très accentuée. De plus cet officier nous a fait remarquer que les troubles sécrétoires, qui étaient apparus du côté malade peu de temps après la blessure, avaient gagné, quatre mois après, la main saine. A maintes reprises,, sous l'influence de causes variées, nous avons pu voir les gouttes de sueur perler à la surface des deux mains [169] (voir aussi Note complémentaire, p. 234).
Troubles trophiques. — On observe, tout particulièrement lorsque la lésion siège à la main, une atrophie globale nettement appréciable aux doigts qui, alors, sont effilés. La radiographie comparative des deux mains met en évidence cette décalcification du squelette qui a été observée par un grand nombre d'auteurs à la suite des traumatism.es des membres. Elle est surtout manifeste aux extrémités. Sur l'épreuve positive, le squelette de la main malade apparaît plus clair, le dessin des travées osseuses plus net et plus délicat ; par contre, les épiphyses et les surfaces articulaires sont plus floues que du côté sain. Ces particularités se retrouvent, mais à un moindre degré, sur les os de l'avantbras.
Il existe presque toujours un certain degré de rétractions fibreuses^ fibro-tendineuses ou musculaires déterminées par des mécanismes divers (voir p. 171). Suivant le siège de la contracture ou del'hypertonie, on les observe aux articulations des doigts,
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au poignet, au coude, à l'articulation tibio-tarsienne, au pied, à la hanche. C'est aux jointures des doigts, dont les déformations rappellent assez souvent celles du rhumatisme chronique, que les rétractions fibreuses sont le plus marquées. Elles se développent rapidement el expliquent pour une part la limitation et la gêne des mouvements; elles peuvent être très rebelles à la thérapeutique et dans certains cas incurables. Elles ne font presque jamais complètement défaut dans les contractures et parésies d'ordre réflexe, mais elles sont d'intensités diverses. Les rétractions sont exceptionnelles, au contraire, dans les cas de paralysie ou de contracture pithiatique et encore leur réalité dans les cas d'hystérie pure ne nous paraît-elle pas prouvée. Si l'opinion contraire a été soutenue, c'est, sans doute, à cause des confusions qui ont été si fréquemment commises ou, encore, à cause de la méconnaissance d'associations hystéro-organiques ou hystéro-réilexes.
Vhypertrichose, qui a été de la part de Gley et Lœwy, de Villaret l'objet de recherches intéressantes, peut être observée non seulement dans les névrites, mais aussi dans les cas de contractures ou de parésies d'ordre réflexe. Elle fait défaut dans les contractures et paralysies hystériques pures.
Les ongles aussi présentent habituellement quelques altérations; chez les sujets atteints de troubles nerveux d'ordre réflexe, leur croissance est moins rapide que du côté sain.
Examen pendant la narcose chloroformique.
Nous avons indiqué les particularités que l'examen des contractures d'ordre réflexe pendant la narcose permettait de mettre en évidence : exagération élective de la réflectivité tendineuse du membre malade; spasme provoqué par tout effort de correction de l'attitude vicieuse, persistance de la contracture jusqu à une phase avancée du sommeil chloroformique (voir p. 91). On trouvera plus loin (voir Addenda, p. 246 et suivantes) le résumé de nos observations principales relatives à cette question ; la plupart de ces faits concernent des contractures du membre inférieur. Dans quelques cas de contractures du membre supérieur (main d'accoucheur), examinés dans les mêmes conditions, la contracture ne se maintint pas jusqu'à une phase avancée de la narcose, elle disparut au début ; mais le réflexe cubito-