‹ Hystérie - pithiatisme et troubles nerveuxChapitre 29 sur 61 · PL. VI · texte numérisé non relu

PL. VI

[Collection Horizon]

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pronateur à peu près normal à l'état de veille, subit parfois une exagération élective.

Nous avons constaté quelquefois une accentuation de l'attitude vicieuse pendant la phase d'excitation de la narcose chloroformique ; chez deux sujets atteints de contracture en flexion du coude ce phénomène était d'autant plus frappant que la flexion excessive de 1 avant-bras du côté malade contrastait avec l'extension forcée de l'avant-bras du côté sain.

Enfin, chez quelques malades nous avons été frappés, durant cette phase d'excitation, par le phénomène suivant : tandis que du côté sain le poing se serrait avec énergie, du côté atteint, malgré le peu d'intensité des rétractions fibreuses, les doigts restaient immobiles.

Ces diverses observations établissent entre les contractures dites réflexes et les contractures hystériques une distinction qui nous semble fondamentale.

Nous avons montré, autant que nous avons été en mesure de le faire, comment apparaissent et s'installent les troubles nerveux d'ordre réflexe auxquels nous venons de consacrer cette longue étude sémiologique. Quel est leur mode d'évolution ultérieure? On ne saurait encore donner, à cet égard, de grandes précisions.

Mais on peut dire avec certitude que les troubles physiopathiques quand ils sont très caractérisés peuvent rester longtemps stationnantes ou ne se modifier que lentement. Il convient de rappeler à ce propos que Charcot et Vulpian avaient déjà été frappés par la ténacité des amyotrophies réflexes, eussent-elles pour origine des lésions légères paraissant avoir rétrocédé depuis longtemps.

Cependant, nous avons observé maintes fois une atténuation progressive et même considérable des contractures et des parésies à la suite de divers modes de traitement que nous indiquerons ultérieurement. Quelques neurologistes déclarent avoir obtenu des résultats thérapeutiques très satisfaisants dans la majorité des cas. Mais, abstraction faite bien entendu de l'élément hystérique qui peut s'y associer pour une part plus ou moins importante, les troubles de motilité d'ordre réflexe, nous le répétons, ne se modifient qu'avec lenteur. Dans les cas où l'amélioration a été le plus nette, dans ceux mêmes où il y avait apparence de guérison, nous avons

vu subsister généralement, lorsque les phénomènes physiopathiques objectifs tels que les troubles vaso-moteurs, l'amyotrophie avaient été très accentués, un état de méiopragie caractérisé par une réduction de la force musculaire et par l'impossibilité de prolonger les efforts physiques. C'est un point dont il y a lieu de tenir grand compte dans les décisions médico-militaires que Ton aura à prendre. IL n'y a d'ailleurs aucune raison de penser que les troubles physiopathiques les plus marqués ne puissent guérir complètement à la longue et qu'un retour à l'état normal ne puisse être obtenu si ces troubles n'ont pas entraîné de rétractions fibreuses irrémédiables.

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