‹ Hystérie - pithiatisme et troubles nerveuxChapitre 4 sur 61 · HYSTÉRIE-P1THIATISME EN NEUROLOGIE DE GUERRE · texte numérisé non relu

HYSTÉRIE-P1THIATISME EN NEUROLOGIE DE GUERRE

Depuis que Ton connaît toute la portée de la suggestion dans la genèse des désordres hystériques, suggestion exercée soit par le milieu familial, soit par le milieu hospitalier, soit par le médecin lui-même, et que Ton en préserve ceux qui seraient susceptibles d'en subir les effets, les manifestations de l'hystérie sont devenues, particulièrement dans les hôpitaux, beaucoup moins fréquentes qu'elles ne l'étaient jadis. Nos observations, celles de Chauffard, Rrissaud, Ghaslin et de bien d'autres en témoignent. Mais la nature humaine n'ayant pas changé, il y avait tout lieu d'admettre que les accidents hystériques se multiplieraient de nouveau si les conditions favorables à leur développement se reproduisaient.

La guerre a-t-elle réalisé de pareilles conditions et les troubles pithiatiques se rencontrent-ils souvent dans les circonstances actuelles? Les opinions sur ce point ne sont pas concordantes. Tandis que Guillain [96], par exemple, considère l'hystérie comme rare, Ghavigny [99] la tient pour très commune, mais elle serait, pense-t-il, généralement méconnue à l'heure présente. « Les émotions exceptionnelles de la guerre, écrit-il, ont en effet produit une véritable floraison d'accidents hystéro-traumatiques. » Roussy [78] [79] évalue à 10 ou 15 p. 100 la proportion des accidents hystériques par rapport aux autres troubles nerveux. Grasset [76] l'évalue à 42 p. 100.

Que doit-on penser en présence de telles divergences d'appréciation? Sans doute, il faut reconnaître que souvent le diagnostic d'hystérie a été indûment appliqué à des accidents nerveux de tout autre nature; il n'en demeure pas moins vrai que l'hystérie est souvent observée en neurologie de guerre. Nous ne formulons pas là une simple impression; notre opinion est fondée sur la disparition rapide d'un grand nombre d'accidents nerveux que nous avons obtenue par des pratiques diverses de contre-suggestion. Ce critérium a une valeur décisive; il témoigne de la nature pithiatique du trouble observé. Dans les cas auxquels nous avons

eu affaire, l'hystérie était soit pure soit associée à des accidents organiques ou à des troubles d'ordre réflexe; cette dernière forme nous a même semblé de beaucoup la plus commune.

Nous allons grouper en deux chapitres, intitulés : l'un Genèse, l'autre Symptomatologie, les faits relatifs à l'hystérie de guerre, et nous chercherons à en tirer les déductions qu'ils comportent.

En décrivant les divers accidents pithiathiques qui ont été observés nous serons conduits à insister sur quelques caractères qui permettent de les distinguer, mais nous ne traiterons la partie principale du diagnostic, notamment celle qui concerne les paralysies et les contractures, qu'après avoir donné la description des troubles nerveux d'ordre réflexe; il en sera de même pour la question du traitement.

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