C. Spasme provoqué pendant la narcose
Observation XV. — Capitaine B..., blessé à la partie postérieure de la cuisse. Paralysie du seiàtiquc avec contracture en flexion de la jambe sur
la cuisse.
Anesthésie par le chloroforme, le 15 octobre 1015. La contracture disparaît, complètement à la phase de résolution musculaire, c'est-à-dire 25 minutes après le début de l'anesthésie. tandis que la conscience a dispara dès la Ke minute. Sa disparition et celle du réflexe cutané plantaire sont à peu près synchrones. En pleine anesthésie. tout effort de correction de l'attitude vicieuse détermine un mouvement de flexion de la jambe qui rappelle celui que l'on provoque par excitation cutanée dans les contractures cutanéo-réflexes. mais ici l'excitation cutanée est inefficace. Ce spasme qui n'existe pas à l'état de veille ne se reproduit plus à la phase de résolution musculaire : il disparaît et repa rait en même temps que le réflexe cutané plantaire (*) et que la contracture: il peut être provoqué 10 minutes environ avant le retour des premières manifestations de la conscience.
Le malade est soumis pendant plusieurs mois à l'extension continue douce et progressive. L'attitude vicieuse s'est coïrieée lentement. A l'époque ou nous le revoyons pour la dernière fois (mai 1917). le genou peut être complètement étendu et la marche est à peu près correcte: il demande à reprendre du service.
Observation XVI. — Soldat I blessé le 7 novembre 1914 par éclat
d'obus à la face postérieure du mollet droit. Contracture du genou en flexion. Troubles vaso-moteurs (réduction des oscillations tibiales) et hypothermie. Amyolrophie de 5 centimètres au mollet et de 2 centimètres à la cuisse. Réflexes tendineux normaux, irréflectivité cutanée plantaire.
Anesthésie par le chloroforme, le 5 avril 1916. La contracture s'accentue pendant la première phase de la narcose, puis disparaît complètement.
10 juillet 1917. Amélioration notable, le genou peut être complètement étendu, mais l'amyotrophie ne s'est pas modifiée. La marche est encore légèrement anormale mais on réussit à la corriger en quelques séances • le rééducation.
Observation XVII. — Soldat (..... blessé le 4 mai 1917 par éclat d'obus à la face postérieure de l'épaule droite, entre à l'hôpital Button le 20 juin 1917. Atrophie musculaire très marquée des muscles de l'épaule, contracture de l'avaut-hras en flexion.
Anesthésie par le chloroforme, le 25 juin 1917. La contracture s'exa gère pendant la première phase de la narcose : le membre supérieur
i1) Chez une malade présentant une contracture cutanéo-réflexe avec paraplégie en llexion, que nous avons eu l'occasion d'examiner pendant la narcose chloroformique, la disparition ainsi que la reapparition de- réflexes de défense et des réflexes cutanés plantaires étaient également synchrones.
droit, est fortement fléchi alors que le membre supérieur gauche est raidi en extension. L'attitude vicieuse se corrige en partie à une phase plus avancée du sommeil chloroformique. L'avant-bras étendu au maximum forme alors avec le bras un angle de 160".
OBSERVATIONS SPHYGMOMÉTRIQUES ET OSCILLOMÉTRIQUES
Comme on va le voir dans les tableaux ci-joints où sont résumées quelques-unes de nos observations, nos recherches [167J se rapportent à l'état de la circulation périphérique dans diverses catégories de faits (l) : troubles nerveux d'ordre réflexe, lésions des troncs nerveux, lésions des gros vaisseaux, associations variées de ces troubles. Cette étude comparative nous a permis de mieux préciser les caractères sphygmométriques et oscillométriques des désordres circulatoires qui appartiennent aux paralysies et contractures réflexes.
(,') Dans leur intéressante étude sur « La sémiologie réelle des sections totales des nerfs mixtes périphériques », II. Claude et Stephen Chauvel [215] ont étudié les réactions vaso-motrices dans les sections totales des nerfs mixtes périphériques Ils ont rappelé les recherches de Lapinski qui avait observé, après section expérimentale, les trois phases suivantes : une courte phase de constriction artérielle, une phase de vasodilatation marquée, d'une durée de 2Q à 60 heures, et une dernière phase pendant laquelle l'intensité de la vaso-dilatation diminue tout en restant très appréciable. Itans les faits cliniques qu'ils ont eu l'occasion d'observer concernant des sections nerveuses récentes (datant de moins d'un mois), ils avaient noté de la vaso-dilatation dans le domaine du nerf sectionné. Nous devons fane remarquer qu'ils fondaient le diagnostic de vaso-dilatation uniquement sur la rougeur des téguments. Il fautencore ajouter que, pour rendre dans certains cas cette i ougeur plus évidente, ils avaient reconnu la nécessité d'examiner le malade après qu'il eût séjourné dans une pièce '•hanfféeet qu'il eût laissé pendre la main pendant quelques instants, lorsque le membre supérieur était en cause. Enfin ils avaient noté que cette vaso-dilatatiun ira pas une durée indéfinie et que, même en l'absence de réunion nerveuse, M tonicité yasculairc normale était susceptible de reparaître.
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