‹ Hystéropexie abdominale antérieure et opérations sus-pubiennes dans les rétrodéviations de l'utérus [electronic resource]Chapitre 101 sur 112 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(L.-CiiAMPiONNiÈRE, CasII.) (Inédite.)

Réiroflexion utérine. — Hystéropexic type.

B..., Martine, femme R..., fleuriste, 28 ans. — Entrée le 21 novembre 1888.

Sonïïve depuis deux mois. Station debout impossible. Utérus gros. Rotroflexion utérine.

Opération le 10 décembre i888.

Incision sous-ombilicale. 4 catguts à travers la paroi abdominale antérieure et l'aponévrose.

Sortie le o janvier 1879.

Revue en janvier et juillet 1889 : douleurs légères à gauche.. Fixation restée parfaite.

OBSERVATION IV (Bazy, Cas I.) (Inédite K) Rétroflexlon et rétroversion de l'utérus. — Hystéropexie type.

M"»" Dnn..., Marie, âgée de trente-deux ans, entre le 13 décembre 1888, salle Gosselin, n° 1, à l'hôpital Saint-Louis, dans leservice de M. le D"" Bazy, chirurgien suppléant.

Antécédents. — H y a ti'O'S ans, une fausse couche de huit mois. A partir de cette époque, cette malade a commencé à seplaindre de douleurs dans le ventre et est tombée dans un état anémique inquiétant. Séjour d'un mois à l'Hôtel-Dieu en 1887^ pour cette anémie.

A sa sortie de l'hôpital, elle reprend ses occupations d'infirmière; mais, à partir d'août 1888, les douleurs abdominales s'accentuent. La malade se plaint d'une sensation de pesanteur dans le petit bassin ; les douleurs du bas-ventre augmentent avec les mouvements ou lors d'efforts notables, par exemple lorsqu'il' s'agit d'accomplir un travail pénible, de soulever un fardeauassez lourd. — Nouveau séjour à l'Hôtel-Dieu.

La malade entre ensuite à l'hôpital Saint-Louis.

Etat actuel. — Douleurs continuelles dans le ventre ; elles sont accentuées par la marche. Métrorrhagies assez fréquentes;, mais pas de pertes blanches. La miction n'est pas troublée. Selles régulières. Perte d'appétit.

Dans le décubitus dorsal, les douleurs s'accentuent. Insomnie assez souvent, par suite de l'intensité des douleurs ; pour lescalmer, la malade est obligée parfois, la nuit, de s'asseoir sur son lit ou de se lever.

• Nous devons cette observation, rédigée par M. Dardel, à l'obligeance- •le M. le D' Bazy. Ce cas est celui qui est mentionné dans la statistique de- .M. Le Dentu, communiquée à \a. Société de Chirurgie dSQO, 23 avril).

L'introduction du spéculum est très douloureuse. Au toucher vaginal, on sent une masse dure et arrondie dans le cul-de-sac postérieur, fort douloureuse à la pression. Si, en appuyant sur le col utérin, on cherche à en modifier la position, on détermine une douleur vive.

Au toucher rectal, on sent l'utérus couché sur la face antérieure du rectum.

Pendant une quinzaine de jours, tampons vaginaux à la belladone. Un vésicatoire sur l'abdomen, à droite. Aucun soulagement.

Opération le 9 janvier 1889, dans l'amphithéâtre ordinaire de l'hôpital. — Incision de la paroi abdominale, sur une longueur de 8 millimètres environ. Recherche de l'utérus, qui est amené facilement contre la paroi.

Deux premiers fils (crin de Florence) sont placés sur la racine utérine de chaque ligament rond. Ces ligaments sont ainsi fixés aux plans péritonéal et musculaire des lèvres de l'incision abdominale.

Puis deux autres fils sont posés sur la paroi antérieure de "utérus. L'aiguille traverse successivement les plans profonds de la lèvre gauche de l'incision (muscles et péritoine), puis le tissu même du muscle utérin, enfin les plans profonds de la lèvre droite de l'incision. Un deuxième fil est passé de la même façon un peu au-dessus du premier.

Ceci fait, les extrémités gauches des deux derniers fils sont nouées ensemble ; puis les extrémités droites sont reliées et unies de la même rfianière. De cette façon, la face antérieure de l'utérus est soulevée et appliquée directement contre la paroi abdominale antérieure, sans qu'il se forme de pli entre les deux surfaces utérine et abdominale.

Pendant toute cette manœuvre, l'utérus est maintenu redressé et relevé parle doigt d'un aide introduit dans le vagin.

Suture en surjet à double étage des tissus de la paroi abdominale, sauf la peau. Suture superficielle au crin de Florence. — Pas de drainage ; pansement iodoformé.

Suites opératoires. — Malade placée dans la salle commune. 10 janvier : état général bon, mais photophobie très accentuée, obligeant à placer le lit de la malade dans une obscurité complète. Pas de douleurs abdominales; ventre soUple. — H. Dans la nuit du 10 au 11, vomissements. Glace. Etat local bon ; ventre souple et indolent. — 12. Les vomissements continuent. Etat

local bon. Jusque-là, leinpércaLurc oscillant autour de 370 6. — 13. température S., 38° 6. (Dimanche). Les vomissements cessent. — 14. Température S., 38» 2. Les six jours suivants, la température oscille entre 37° 6 et 38° 2, et l'opérée ne prend guère que delà glace et de la bière. — 15. L'appétit est revenu; la malade prend quelque nourriture. — 18. On enlève les (ils. La plaie est réunie par première intention.

Le 22, le pansement est remplacé par un bandage de corps et de la ouate. La malade a repris des forces. Etat local bon.

Le 30, résultat opératoire complet. Le résultat thérapeutique paraît excellent; à. la palpation abdominale, on sent l'utérus appliqué contre la paroi abdominale. Le toucher vaginal montre que le col est soulevé. Aucune douleur dans les culs-de-sac vaginaux. Mictions normales. Pas de rétention ni d'incontinence d'u-' rine, ni d'envies fréquentes d'uriner.

Malade revue le 28 février. Pas de distension de la cicatrice ; utérus en place, bien soulevé et en antéversion.

Revue le 2 avril : ne souffre pas du tout; a repris son service d'infirmière depuis un mois et le fait régulièrement quoiqu'il soit fatigant. Utérus en bonne position. Cicatrice très solide.

Revue le 2E5 juin : l'utérus est en légère antéversion, comme à l'état normal. Depuis un mois, cette malade éprouve quelques pincements dans le bas-ventre, ayant coïncidé avec un peu de diarrhée.

Au toucher bi-manuel, elle éprouve un peu de douleur le long du bord droit de l'utérus, sans qu'on constate rien à ce niveau. Cicatrice solide; pas d'éventration.

Revue le 9 novembre : l'utérus est toujours en bonne position.

En janvier 1890 : pas de changements.

OBSERVATION V (QuÉNU, Cas L) (Inédite) K

Ovarite chronique double. Névropalhie. Rétroversion utérine. — Castration. Hystéropexie complémentaire. — Guérison presque complète.

M™e p..., âgée de quarante ans, n'ayant jamais eu d'enfants,

* Observation qu'a bien voulu rédiger pour nous notre cher maître, M. le QuÉNiJ.

•souffre depuis longtemps dans le ventre et dans les reins au .moment des époques ; elle est du reste névropathe et a des antécédents héréditaires nerveux. Il y a plus de deux ans, ces douleurs se sont aggravées et ont nécessité un séjour au lit de plusieurs -semaines.

Au moment où M. Quénu a vu la malade pour la première fois, •en décembre 1888, son état général était des moins satisfaisants.

Etat actuel en décembre 1888. — M'"'^ P. . . souffre énormément depuis huit mois surtout; elle a subi, sans aucun bon résultat, une série de traitements, tels que les cautérisations, les injections prolongées, les vésicatoires sur le ventre, l'application de cautères, l'absorption de médicaments antispasmodiques, l'hydrothérapie, •etc.

Depuis près de trois mois, la vessie est frappée de paralysie. Le cathétérisme, fait matin et soir, a déterminé de la cystite et occasionné tant de douleurs qu'on est obligé à chaque fois de pratiquer une injection de morphine. Les urines sont rares, alcalines ■et très pauvres en urée. L'exploration du ventre étant excessivement douloureuse, M. Quénu pratique l'examen de la malade sous le chloroforme. 11 constate alors que les ovaires sont un peu plus gros et que l'utérus est en complète Rétroversion.

La malade vint à ce moment à Paris et M. Quénu la montra à M. Teirier. En pi'ésence de l'intensité des douleurs locales et de Jeur recrudescence au moment des règles, étant donnée l'augmentation de volume manifeste des ovaires, étant donnée surtout l'impuissance des autres traitements qui n'avaient pas pu améliorer ■un état général inquiétant, M. Quénu et M. Terrier se décidèrent •à proposer la castration.

Opération. — Elle est pratiquée m janvier 1889. On trouve des ovaires augmentés de volume et kystiques. L'utérus est fixé par un point de suture (catgut) à la paroi abdominale, la castration étant terminée.

Suites opératoires. — Le soir même, la malade urine seule; la température reste normale pendant les huit ou neuf premiers jours et l'état est des plus satisfaisants.

Le neuvième jour, au moment d'un léger déplacement, la malade est prise d'accidents graves d'embolie pulmonaire. La température s'élève à 38°5. Tout rentre cependant dans le calme et huit à dix jours après une toute petite collection de liquide huileux à peine louche s'ouvre spontanément à l'extrémité inférieure de la

plaie abdominale. Il est vraisemblable que le catgut, insuflisamment aseptique, a été cause de la pW^ôi^e observée

La malade eut pendant plus de cmq semaines des doalcu s nc vralgiqnes, le long du sciatique gauche. Elle souffrit surtout dans les orteils, tandis que les douleurs étaient modérées dans la veine fémorale thrombosée et n'existaient qu'à la pression.

M-e P. . . est sortie guérie de la maison de santé deux mois et

demi après son opération.

M Quénul'arevueunan après. Depuis cette époque, elle n a éprouvé aucun trouble de la miction; ses douleurs n'ont jamais reparu avec l'intensité extrême qu'elles avaient avant 1 opération Elles consistent surtout en quelques douleurs de reins au moment présumé des époques. Les règles ne sont survenues qu une lois.

A plusieurs reprises, M^^ p. . . a eu des poussées douloureuses dans la jambe gauche et le long de la cuisse. ^

En outre toute une série de troubles digestifs se sont montres a trois ou quatre reprises différentes depuis un an; ils ont coïncide toujours avec une diminution dans la quantité de l'urine excrétée en vingt-quatre heures (jamais d'albumine). 11 semble s agir la d'une sorte d'hystérie toxique. L'examen de l'utérus pratique un an après l'opération a permis de constater le maintien de 1 organe en antéversion.

RÉFLEXIONS. — Trois points méritent d'être mis en relief dans cette observation, ainsi que nous l'a fait remarquer M. Que'nu :

1° Les troubles très sérieux, désignés par M. Quénu sous la dénomination d'Hystérie toxique, mais qui n'ont rien à voir avec notre sujet ;

2° La disparition rapide des troubles vésicaux (paralysie vésicale) après l'opération;

3° La pathogénie de V embolie 2mlmo7iaire qui. s'est produite le neuvième jour. — Nous avons au cours de notre travail fait ressortir, à leurs places respectives, l'intérêt de ces deux dernières remarques.

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