I. — IISOICATIONS DE L'HYSTÉROPEXIE INTRA-PÉRITONÉALE
L'hystéropexie pour rélroclévialioiis ulérines date d'hier et l'on a écrit déjà qu'elle doit être bien rarement indiquée. Gomme un jugement, sans preuves suffisantes, est vite porté!
En tous cas, aujourd'hui, les avis sur ce point sont fort partagés. On en trouvera la preuve dans ce chapitre.
A. — L'Hystéropexie ne serait jamais indiquée.
Tout d'abord, il y a des chirurgiens qui, pour tout simpli- Picr. y compris la cliirurgie, affirment d'emblée que l'hystéropcxie est une détestable opération. Ceux-là certes ne l'ont pas faite, ignorent les résultats qu'elle a déjà fournis, ne connaissent pas sa bénignité, et en sont toujours à leur eflroi classique en face d'un péritoine à ouvrir.
Rien n'est plus difficile que de se faire entendre de ceux qui constamment se bouchent les oreilles; il ne faut donc pas, par des arguments quelconques, essayer de convaincre ces détracteurs quand même de l'hystéropexie. Il faut les laisser se perdre au milieu des innombrables procédés recommandés jusqu'à ces temps derniers pour la cure des rétrodéviations utérines.
B, — L'Hystéropexie Complémentaire seule est admissible.
Parmi les chirurgiens qui veulent bien admettre l'hystéropexie comme une opération sérieuse et recommandable, les uns reconnaissent l'utilité de l'hystéropexie de parti pris; les autres pensent que ce mode d'intervention ne doit pas être proposé d'emblée pour traiter un déplacement utérin. Pour ceux-là, une telle affection ne vaut pas les risques que fait courir uue telle opération. Par contre s'il y a, en même temps, ovarite, salpingite, tumeurs de l'ovaire ou de l'utérus, etc., et que ces lésions obligent à faire une laparotomie, rien de mieux, certes, que de compléter l'acte opératoire par une Ilijsléropexie complémentaire! C'était là, au moinsjadis, l'avis de G. Wylie et de bien d'autres, qui pourtant n'avaient fait que bien rarement l'hystéropexie simple ou complexe.
I" Rétrodénialions symptomaUques ou concomitantes de lésions abdominales. — La plupart des opérateurs, habitués à la chirurgie abdominale, ne discutent plus aujourd'hui la valeur de l'hystéropexie complémentaire dans les rétrodéviations symptomatiques ou concomitantes d'autres lésions
iiiLra-abtloininales graves. Aussi n'iiisislci'ons-nous pas davan- Lagc. D'ailleurs la suite de celte étude montrera que personne ne peut plus en nier les bienl'aits pour la correction de ces rétrodéviations. Il suffit de consulter le Tableau I, où sont consignées toutes les opérations de ce genre (157) que nous avons pu recueillir dans la littérature médicale. Etant donnés les résultats connus des cas publiés, on doit considérer aujourd'hui cette opération comme une conquête définitivement réalisée.
La fixation n.'a aucun inconvénient; il faudra donc la faire chaque fois qu'au cours d'une laparotomie elle paraîtra indiquée pour maintenir en bonne place l'utérus. Elle n'aggrave absolument en rien le pronostic opératoire; c'est comme si l'on liait deux ou trois vaisseaux de plus. Or, une suture au catgut ou à la soie en plus n'a jamais constitué, que nous sachions, une aggravation d'un procédé opératoire quelconque. Mais nous enfonçons une porte ouverte.. .
2" Utérus en Ballant de Cloche après destruction chirurgicale des Ligaments utérins. — Ainsi donc l'hystéropexie complémentaire doit s'effectuer au cours de toutelaparotomie dès que l'on voit, après l'ablation des annexes ou de toute autre tumeur, que l'utérus a une tendance manifeste à serelrovej^ser ou qu'il est en rélro flexion. Mais il est en outre des cas où il s'agit simplement d'un utérus un peu gros, non rétrofléchi, ne semblant pas au premier abord devoir tomber de suite en rétroversion et où il est pourtant indiqué de faire l'h^'stéropexie.
Nous faisons allusion aux faits dans lesquels, après une extirpation extrêmement laborieuse des annexes très malades et très adhérentes ou de toute autre tumeur fortement enclavée, l'utérus se trouve libre dans le pelvis. Flottant comme un gros battant de cloche dans la cloche renversée que forme le petit bassin, mal fixé en avant par les ligaments ronds distendus, en arriére par les ligaments uléro-sacrés déchirés, et sur ses parties latérales par les ligaments larges plus ou moins détruits îi la suite des niaiiœuvres intra-pelvienncs, l'utérus, si l'on n'intervient pas, une fois le ventre fermé et malgré l'usage d'un drain rétro-utérin % peut prendre toute
* Drain que Klolz croirait un étançon suffisant.
sorte de position vicieuse. Il vaut donc mieux le placer définitivement en antéversion légère et l'y fixer par un ou deux fils de soie.
De la sorte, on supplée aux ligaments naturels devenus insuffisants par des tractus utéro-pariét-aux antérieurs suffisamment solides. Dans un cas de ce genre, opéré récemment, M. Terrier (Observation inédite N° Y) n'a pas hésité à se conduire ainsi. C'est là, à notre avis, une nouvelle indication, très légitime, de l'Hystéropexie complémentaire, et un point sur lequel les auteurs n'avaient pas encore insisté.
Et personne ne peut nier quïl ne vaille pas mieux, au cours d'une laparotomie, mettre une ou deux sutures de plus, qu'assujettir l'opérée, après son rétablissement, au port constant d'un pessaire (Francotte) ! Ce serait non seulement une gêne réelle, un sujet perpétuel de préoccupations, mais aussi et surtout une cause perpétuelle et non moins réelle, d'infection vaginale et utérine.
G, — L'Hystéropexie de Parti Pris est une bonne
opération.
Voyons maintenant ce que pensent les chirurgiens que ne devait pas efl^ayer à priori VHysléropexie abdominale antérieure de parti pris. L'indication opératoire dans les cas de rétrodéviations utérines doit être, disent tous ceux qui admettent cette nouvelle opération, restreinte d'une façon générale, aux déplacements qui s'accompagnent de phénomènes fort intenses : douleurs rendant la vie insupportable, empêchant tout travail, métrorrhagies violentes et incoercibles, etc., etc., c'est-à-dire aux rétrodéviations graves (Kelly, etc., etc.).