‹ HystérotomieChapitre 31 sur 58 · DE L'ABLATION DE L'UTÉRUS PAR LA GASTROTOWIB · texte numérisé non relu

DE L'ABLATION DE L'UTÉRUS PAR LA GASTROTOWIB

partie kystique avec l'axe de l'incision; cette fois, le trocart donna issue à dix-huit litres d'un liquide noirâtre, couleur chocolat, peu filant, au sein duquel nageaient des caillots sanguins en assez grand nombre. Une anse de fil métallique ayant été jetée sur la poche, nous pûmes l'exciser sans crainte d'hémorrhagie, grâce à l'action préservatrice du serre-nœud.

De cette manière, le volume se trouvait considérablement réduit, mais il restait encore la partie fibreuse qui, à elle seule, offrait le volume d'une tête d'adulte. Je dus, pour l'extraire, avoir encore recours à notre procédé de morcellement. Je ne réussis qu'après avoir combattu un accident qui faillit devenir funeste pour la malade; deux des serre-nœuds qui étreignaient ]a partie supérieure de la tumeur s'étant relâchés, il se produisit tout à coup une hémorrhagie en nappe sur toute l'étendue de la surface de section, qui était considérable. Cette hémorrhagie fut arrêtée, non sans peine, au moyen de grosses pinces laissées à demeure; la malade n'en avait pas moins perdu 500 a 600 grammes de sang.

A ce moment de l'opération, je pus, en écartant fortement les lèvres de l'incision, me rendre compte du point d'implantation de la tumeur. 11 nie fut facile de constater qu'elle prenait naissance sur le fond de l'utérus, par un pédicule de la largeur du bras. L'organe lui-même était singulièrement hypertrophié et atteignait le volume qu'il acquiert au quatrième mois de la grossesse. Les autres organes contenus dans le petit bassin étaient, du reste, parfaitement indemnes et nullement adhérents à la tumeur, ce qui me permit de songer à l'extraction immédiate.

Pour cela, attirant au dehors ce qui restait encore de la masse morbide et l'utérus lui-même, je jetai sur ce dernier une anse de fil métallique, immédiatement au-dessous des trompes et des ligaments ronds, puis j'excisai ce qui se trouvait au-dessus. Comme on le voit, les trompes, les ovaires et la majeure partie de l'utérus furent respectés. J'ai hâte de le dire, ce fut une faute, et aujourd'hui je n'agirais pas de la sorte ; on verra pour quelles raisons, en lisant le Manuel opératoire.

Le large pédicule ainsi formé fut attiré vers l'angle inférieur de la plaie et maintenu au dehors par deux aiguilles placées en croix. Je procédai ensuite à la toilette du péritoine, et pour cela je dus agir avec beaucoup de soin ; car, en pratiquant la ponc-

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tion du kyste, au début de l'opération, je n'avais pu, malgré tous mes efforts, empêcher qu'une certaine quantité de liquide ne tombât dans la cavité péritonéale. Les lèvres de l'incision furent réunies suivant le procédé ordinaire. Cette laborieuse opération n'avait pas duré moins de trois heures et demie.

Suites de l'opération. — Premier jour. — La malade, transportée dans son lit, est entourée d'ouate et de boules remplies d'eau chaude; pouls filiforme, 116 pulsations.

Dans la journée, nausées, vomissements glaireux. Le ventre est douloureux, la soif ardente. A quatre heures du soir, pouls= V2k pulsations. On sonde la malade toutes les deux heures > urine fébrile laissant, parle repos, un sédiment rouge-brique.

Deuxième jour. — Pendant la nuit, il y a plusieurs vomissements. A dix heures du matin, des douleurs apparaissent dans la fosse iliaque droite, et le ventre commence à se météoriser. Pouls = 112 pulsations; on applique de la glace sur le ventre. A midi, le pouls est à 120 pulsations, les vomissements se renouvellent, le météorisme augmenle. Six heures du soir, pouls = 135 pulsations.

Troisième jour. — État général mauvais; pouls = \kh pulsations ; urine peu abondante, mais très-épaisse. A une heure et demie du soir, pouls = 156 pulsations, petit, à peine perceptible. Mort à onze heures du soir, par suite des progrès de la péritonite. L'autopsie n'a pu être faite.

Examen de la tumeur. — Cette tumeur (flg. 8), d'un volume

énorme et du poids de 10 kilogrammes (1) , présentait deux parties bien distinctes, l'une solide, l'autre kystique.

La partie solide était dure, criant sous le bistouri, principalement vers le point d'implantation, là où les fibres utérines se continuaient manifestement avec le tissu propre de la tumeur ainsi qu'avec la membrane d'enveloppe du kyste. Dans l'épaisseur de cette partie solide, se trouvaient quelques petits kystes, tant séreux que sanguins, dont les plus volumineux atteignaient à peine le volume d'une amande.

La partie kystique était assez régulièrement ovoïde et possédait une membrane d'enveloppe épaisse de quelques millimètres seulement. Celle-ci était constituée par le péritoine épaissi, dou-

(1) La tumeur a été pesée vidée de tous les liquides qu'elle renfermait, on a tu que le kyste renfermait 18 litres de sérosité sanguinolente.

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