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HISTORIQUE

Il résulte des faits que nous venons d'exposer, que l'histoire de cette opération comprend trois périodes bien distinctes :

Dans la première, qui s'étend jusqu'en 18/i3, les chirurgiens, rencontrant dans l'abdomen des tumeurs fibreuses ou fibrocystiques au lieu de kystes de l'ovaire, reculent devant les conséquences de l'amputation de la matrice et n'achèvent pas l'opération commencée.

Dans la deuxième, que nous appellerions volontiers période d'essais et de tâtonnements, qui va jusqu'en 1863, nous voyons l'ovariotomie faire de nombreux adeptes ; proscrite en France par la majorité des chirurgiens et par l'Académie de médecine ( I) elle-même, elle obtient en Amérique et dans la Grande-Bretagne une vogue de plus en plus croissante. Atlee, Heath, Ch. Glay, Parkman, sont les noms les plus célèbres. Aussi, enhardis par une pratique plus grande de l'ovariotomie et d'ailleurs encouragés par des succès obtenus dans des cas compliqués d'adhérences, qui semblaient de prime abord impossibles à vaincre, ces chirurgiens font un pas de plus et ne craignent pas d'enlever la matrice, lorsqu'une erreur de diagnostic les a mis en présence d'une tumeur en connexion intime avec cet organe. Dans ces cas, ils durent, pour ainsi dire, improviser l'opération, tout ayant été disposé pour une ovariotomie ordinaire.

Enfin, dans une troisième période, période contemporaine, cette opération entre dans une nouvelle phase. Au mois d'avril 1863, M. Kœberlé, se trouvant en présence d'un diagnostic douteux, dispose tout pour parer aux événements; il pratique la gastrotomie, bien décidé à ne point reculer si, pour enlever la totalité de la tumeur, il se voit obligé de recourir à l'amputation sus-vaginale de la matrice.

Vient ensuite, par ordre chronologique, le cas de Storer ; voici ses propres paroles à ce sujet : « Ce que je puis dire, » c'est que l'idée de ne point achever l'opération après que

(1) Bulletin do. l'Acnrlêmk, 185S,

8 de l'ablation de i/tjtérùs par la (iASTROTOMIE.

» j'aurai pratiqué la première incision, ne m'est pas venue » à l'esprit. » En 1866, et à trois reprises différentes, M. Kœberlé agit encore avec plus d'assurance. Cette fois, sûr de son diagnostic et certain de rencontrer une tumeur utérine, il pratique hardiment l'opération. C'est donc à un chirurgien français que revient l'honneur d'avoir le premier pratiqué, en pleine connaissance de cause et de propos délibéré, l'amputation de la matrice.

Pour nous, dès l'année 1869, nous présentions à l'Académie de médecine une malade chez laquelle nous avions fait cette môme opération pour un cas de tumeur fibrocystique. C'est même là, croyons-nous, le premier succès obtenu à Paris. Nous la répétâmes un an plus tard, toujours avec le môme bonheur. Encouragés par ces heureux résultats, nous nous demandâmes s'il ne serait pas légitime d'appliquer le môme procédé opératoire à des tumeurs purement fibreuses. Si nous avions réussi à deux reprises différentes à extirper des tumeurs fibro-cystiques complexes, adhérentes aux organes voisins, et nécessitant une opération longue et laborieuse, ne devions-nous pas conclure que le succès serait encore plus facile lorsque la tumeur, purement fibreuse et interstitielle, n'entraînerait aucune de ces complications ? Ces quelques réflexions (1) nous décidèrent, au mois d'août 1871, à pratiquer la gastrotomie sur une femme atteinte de tumeur fibreuse interstitielle. Les hémorrhagies fréquentes qui mettaient sans cesse sa vie en danger et qui devaient fatalemenl entraîner une mort prochaine, los prières de la malade et la connaissance des succès précédemment obtenus par les chirurgiens américains et par M. Kœberlé, entraînèrent notre détermination. Une guérison rapide vint couronner nos efforts.

(1) Nous pensions également que l'extirpation de l'utérus serait plus facile que celle de In rate ; aussi le souvenir du succès que nous avions obtenu, en 1860. ne rontribun pns peu à nous donner de la hardiesse,

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