DU MANUEL OPÉRATOIRE
Nous avons vu, au commencement de ce travail, que 'ablation de l'utérus en tant qu'opération réglée et méthoique, n'avait été faite que dans ces derniers temps. Les méthodes opératoires adoptées au début, et principaleent l'excision au moyen du bistouri ou de l'écraseur, avaient e grave inconvénient d'exposer à des hémorrhagies souvent 'angereuses. Aussi, des hommes de grande valeur, trèsompétents en pareille matière, désespérés de ne pouvoir tter efficacement contre une semblable complication touurs imminente, ont-ils pu poser la règle de ne toucher aucun prix aux tumeurs utérines, même lorsque par suite '.'une erreur de diagnostic la gastrotomie aurait été pratiée. « Si après avoir commencé l'opération, dit Spencer Vclls (1), on arrive à constater l'aspect dense de la tumeur, 1 sera certainement sage de ne point la continuer avant /avoir ponctionné un ou plusieurs des kystes les plus voluineux, et d'avoir examiné attentivement les connexions de utérus avec le néoplasme. Si ces connexions sont intimes, ? chirurgien aura le cruel devoir de cesser ses tentatives 1 'extraction et de fermer la plaie abdominale le plus vite u'il lui sera possible. »
(1) Spencer Wells, loc. cit., p. 362.
192 de l'ablation de jAjtémjs i>ak la hasthotomik.
Fort heureusement, ce conseil ne saurait être suivi aujourd'hui, grâce aux perfectionnements introduits depuis peu tant dans l'instrumentation qui concerne cette opération, que dans le manuel opératoire proprement dit. Avant d'en aborder la description, qu'il nous soit permis de rappeler au lecteur que, malgré tout le soin apporté à la précision du diagnostic, celui-ci sera forcément incomplet, principalement en ce qui concerne les adhérences et le rapport exact de la tumeur avec l'utérus.
Il restera toujours plus d'un point douteux dans l'esprit du chirurgien, que la suite seule de l'opération pourra éclaircir; aussi, pour parer aux accidents imprévus, aux complications fâcheuses qui pourront se produire et avec lesquelles il faut toujours compter, l'opérateur devra posséder au plus haut degré, le sang-froid uni à une détermination rapide, qualités qui lui permettront de modifier un procédé, au besoin môme d'en créer un nouveau, séance tenante.
En parcourant les diverses observations relatées dans ce travail, on a pu se faire une idée générale des méthodes suivies par les principaux opérateurs modernes ; on a pu également se convaincre de la difficulté qu'il y aurait à déterminer, d'une façon précise et détaillée, les divers temps d'une opération sujette par sa nature même h tant de variations et à tant d'accidents.
Aussi, notre intention n'est-elle point de discuter les procédés des autres chirurgiens, encore moins d'assigner à l'opération des règles fixes et immuables ; nous nous contenterons de donner en détail le modus faciendi qui nous a réussi et qui du reste diffère peu de celui des autres ovariotomistes. Il en différa cependant, car nous attachons peut-être une plus grande im-| portance à des détails qui au premier abord pourraient paraîtrJ puérils, mais qui en réalité sont du plus haut intérêt. Lorsqu'il s'agit d'enlever l'utérus, rien n'est inutile, la moindre négligencJ peut devenir une faute irréparable et entraîner la mort de 1:1