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18 UJS L'ABLATION l>li 1,'lTKHL'S I'AU LA UASlKuTuMlli.
Que nous disent ces chiffres et quelles conclusions en tirer V Sur les hh cas que nous venons d'analyser, nous trouvons \h guérisons et 30 décès; soit une proportion de succès égale à 31 ,82 pour 100. Certes, c'est déjà là un assez beau résultat bien digne d'entrer en parallèle avec la statistique de l'ovariotomie à ses débuts. Pour bien juger la question que nous nous sommes posée au commencement de ce chapitre, il convient de prendre comme critérium, non pas la statistique fournie par l'ensemble de ces opérations, mais plutôt celle qui résulte des faits publiés daus ces dix dernières années. Nous voyons alors se dégager un fait remarquable et assurément fort encourageant. Tandis que dans une première période s'arrétant à 1863, on n'obtient que 15 pour 100 de guérisons (20 cas ayant donné seulement 3 succès), dans une deuxième qui va jusqu'en 1872, sur 24 opérations on observe 11 guérisons, soit 45,83 pour 100. Un progrès si rapide fait en si peu de temps a tout lieu de nous surprendre au premier abord; un coup d'œil jeté sur les causes qui ont amené la mort des premières opérées va nous en donner l'explication.
Si nous laissons de côté un premier cas de Ch. Clay (de Manchester), dans lequel la mort doit être rapportée à uue cause toute accidentelle (1), ainsi qu'un deuxième de R. Peaslee (2), nous voyons que les insuccès doivent être rapportés à trois espèces de causes ayant agi soit simultanément, soit le plus souvent d'une manière isolée. Ce sont : 1° Yhémorrhagie, qu'elle ait été primitive ou secondaire ; 2° le choc; 3° la péri-
(1) En changeant la malade de Ht, la garde la laissa tomber par mégarde sur le plancher de la chambre.
(2) Chez la malade de Pea9lee, dans un violent effort de toux, deux anses intestinales vinrent s'enclaver l'une dans l'angle supérieur, l'autre dans l'angle inférieur de la plaie. Il y eut gangrène de l'intestin, ce qui amena la mort peu de jours après. M. Catcrnault, à qui nous empruntons ce renseignement, cite un fait analogue arrivé dans la pratique de M. Kœberlé, mais dans ce cas, l'anse intestinale fut remise en liberté et la malade guérit.
RÉSULTATS FOURNIS .11 soi 'a c.k JOUR. li>
tonite. Voici du reste quelle part d'influence chacune de ces causes a eu sur le chiffre de la mortalité.
/Primitive. — C. Clay. Mort deux heures après l'opération. ( /Kimball. Chute de la ligature et hémorrhagic le
Hémorrhagiè. I L troisième jour.
,, , {consécutive. J Parkman- Chute de la ligature et hémorrbape (4 casJ f j douze heures après l'opération.
J B. Brown. Chute de la ligature et hémorrhagic le V \ deuxième jour.
/Heath —Mort dix-sept heures après l'opération.
Choc. \Burnham ( Mort qiiatre neures après l'opération.
(3 cas) ' ^or' \mt\ heure «P1*»- /6 c;ls\ j V. Mort le deuxième jour.
f S. Wells. . . . — Mort le quatrième jour. \Buckingham . —Mort le premier jour.
f Mort le troisième jour.
I Burnhain. . . . ) Mort le quatrième jour. Péritonite. J (4 cas.) 1 Mort le quatrième jour. (5 CÎIS0 | ■ Mort le cinquième jour.
I Kimball —Mort le dixième jour.
De ces trois causes de mort, un peut dire que la première, rhoniorrhagie, se trouve à peu près complètement annihilée, grâce à la perfection des instruments dont on se sert aujourd'hui pour faire la ligature du pédicule, et pour le maintenir fixé h l'angle inférieur de la plaie. Nous reviendrons sur ce point lorsque nous traiterons du manuel opératoire; pour le ; moment, nous nous contenterons de faire remarquer que les opérateurs dont les malades succombèrent à cet accident, ; avaient divisé le pédicule au moyen du bistouri, sans même I faire usage de l'écraseur! Au surplus, les clamps ou les ligatures diverses dont ils se servaient pour étreindre le pédicule me réunissaient que très-imparfaitement les conditions de solicité et d'immobilité que nous obtenons si facilement à l'heure 'actuelle.
Pour ce qui est du choc (the shock), en d'autres termes, de eet épuisement nerveux qui survient quelquefois à la suite des grandes opérations chirurgicales, principalement de celles qui -se pratiquent sur l'abdomen, nous pensons avec Storer, que
20 DK i/aULATION DE l/lTKKtS l'Ait LA (lASTHOTOMlE.
cet accident est lié le plus souvent à une douleur excessive venant impressionner directement les centres nerveux cérébrospinaux et amenant, par action réflexe, la paralysie du cœur. Cependant cette complication peut encore survenir suivant un autre mécanisme, car on peut supprimer complètement la douleur sans que pour cela le danger soit entièrement évité.
La cause principale, sinon unique, de la mort par le choc réside, croyons-nous, dans la durée de l'opération. Plus cette durée sera longue, plus la malade aura dépensé d'énergie, de force vitale, et plus le chirurgien devra craindre de la voir succomber dans les premières heures. L'opinion que nous exprimons ici se trouve corroborée d'une façon remarquable par l'examen de ce qui s'est passé chez les (5 malades qui ont été victimes de cet accident. Chez toutes, en effet, l'opération avait été longue, laborieuse et fort difficile; chez toutes, il y avait eu erreur de diagnostic et l'opérateur avait dû, pour ainsi dire, improviser l'opération, ce qui avait nécessairement fait perdre un temps précieux. Quoi qu'il en soit, il sera toujours facile aujourd'hui, à un chirurgien quelque peu versé dans la pratique delà gastrotomie, de se hftter assez pouréviter cette cause d'insuccès.
Reste enfin la péritonite, que nous voyons amener la mort dans cinq cas. Nous ne ferons pas ici une étude complète des causes auxquelles on doit rattacher cet accident lorsqu'il survient ; nous serions entraîné trop loin, et d'ailleurs ces causes sont les mômes que pour l'ovariotomie. 11 nous suffira de rappeler que dans presque tous les cas, la péritonite est causée par la pénétration du sang ou de la sérosité dans la cavité péritonéale, et que, avec un peu d'habileté et beaucoup de soins, il est facile de se mettre à l'abri de cet accident.
En résumé, si nous considérons que parmi les accidents qui, au début, emportaient toutes les malades, deux au moins (l'hémorrhagie et le choc) peuvent être complètement évités, nous croyons avoir le droit de dire que le chiffre de 15 pour