REVUE CRITIQUE
Je suis Fauteur de la Taverne ; Mon début n'eut pas de succès, A cette époque, je n'avais Que le fusil et la giberne; J'étais soldat ! — En général,
On dit qu'en partant pour la guerre, Au fond du sac, le militaire.
A le bâton de maréchal !
— De Tavoir, je me crus capable, Je partis en guerre et je n'eus Que des dédains et des refus...
Alors je me vendis au diabfe!
— Le premier, — Ton s'en souviendra, Était* un joli diable rose;
Vous le connaissez, je suppose, ,
On le nommait M. Garât!
La rose est bon pour la rosière.
Mon diable était trop vertueux !
Je l'envoyai droit à Nanterre !
Et j'invoquai les Diables ô>«* .
Avec des transports unanimes,
Ils accoururent aussitôt.
J'en fis mes amis, mes Intimes /...
Ils dictèrent Piccolino !
L'esprit qui sortait par leur bouche
Dans mes Ganaches je le mis,
Et dans la Papillonne, et puis
Encor dans les Pattes de Mouche !
La fortune me caressa,
Les honneurs vinrent à sa suite.
Faut- il le dire? Hélas ! bien vite
Ce bonheur conquis me lassa!
Je voulus plus! Ceux qui prospèrent
Sont insatiables ! Un soir,
I PUPAZZl *5
Les diables d'azur s'envolèrent...
Et j 'invoquai les Dinhlcs Noirs!
Ainsi se pasea ma jeunesse!
Maintenant je suis Vieux Garçon!
Le S-iccès, joli polisson De l'Opéra, vient, me caresse Et me dit : c Va, je te connais? •
— Qîm donc es-tu, toi qui me parles
— « Moi ! cher? Je suis le vrai s'iccès'
— Sardou, tu viens de tuer Charles * !
1 Allusion a une phrase du r«5le de Lesueur dans les Viens garçon*. - n manque une strophe, mais Fanfan Benoiton ne parlait pas encore.