‹ I pupazziChapitre 18 sur 95 · CONTEMPLATIONS · texte numérisé non relu

CONTEMPLATIONS

Tous ces héros de ma pensée M'ont dit alors : Repose-toi I Ta terre est bien ensemencée, Ta moisson germera pressée Dans le cœur des hommes de foi l

I PUPAZZl <s;>

Ainsi, dans la lande stérile, Laboureur, plein de volonté, Tu te dis : Je rendrai fertile Cette plaine où l'herbe inutile Jaunit sous les feux de l'été;

Et défrichant avec la houe Le sol rebelle à ton labeur, Ta volonté de fer se joue De la terre aride et la troue Pour y semer un blé vainqueur!

Puis un jour, au bout de la lande S'arrête un passant affamé Qui, voyant ta moisson si grande, A chacun aussitôt demande :

Quel est ce blé? qui Ta semé?

Oublieux ! — Demande à l'Étoile, Au Bosphore aux reflets luisants, A Celle qui leva son voile, A 1 insecte à la fine toile; A l'ortie aux baisers cuisants 1

Demande aux bluetsde la plaine; Aux arbres, aux fruits du verger, * Au Sultan à la peau d'ébène, Demande encore à Madeleine, Qu'adorait le comte Roger !

Demande à toutes les pensées, A tous les cœurs demande encor Qui, dans ces plaines délaissées, Au lieu de ronces enlacées.

Fit germer ces beaux épis d'or!

Tous te diront : c'est le poète!

Ainsi l'ignorant, en tout lieu, ' Demande qui fit la tempête Et l'astre qui luit sur sa tête, Et chacun lui répond : c'est Dieu !

Page 1