BARBIER
Oh! ma muse n'est pas une frêle comtesse
A la blanche peau de satin, A l'étroite pensée, au vers plein de mollesse,
Lorette du quartier d'Antin; Non, c'est une gaillarde, à l'allure héroïque,
Aux longs cheveux, aux yeux brillants, Et qui, pour les besoins de la chose publique,
Chante au son des canons bruyants 1 Sur les pavés brûlants de Paris en colère
On la vit errer autrefois, Criant et rugissant ainsi qu'une mégère,
Couvrant le canon de sa voix !
De Londre elle a fouillé la cité populeuse,
Recherchant dans les ateliers Des sectaires ardents, à la face hideuse,
Cadavres vivants d'ouvriers 1 Oh! comme elle a hurlé! comme sa voix puissante
A jeté partout la terreur!
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Connue elle remplissait les âmes d'épouvante ! Gomme à sa voix battait le cœur !
Mais bientôt, le coursier qui, sur sa croupe fi Are, L'emportait sans rênes ni freins,
Sans souffle et sans poumons la rejeta par terre Et du coup lui cassa tes reins \
1 Vers de Barbier.